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Dans une nouvelle tribune, publiée par le site d’information Aleteia le 10 mai, les signataires de l’appel pour un nouveau catholicisme social appellent les catholiques à participer à une grande enquête sociale jusqu’au 15 septembre 2019.

Pourquoi une enquête sociale ?« Cette France déshérence, écrivent-ils,il faut savoir la connaître, l’écouter et lui parler afin de pouvoir reconstruire en son sein, et avec elle, des communautés solidaires ». Les promoteurs de cette enquête portent la conviction que « rien ne pourra se faire sans la mobilisation dans la durée des citoyens, loin du pilotage à vue pratiqué trop fréquemment par nos politiques. »

En effet, l’enquête sociale vise à favoriser une démarche sur le temps long et non à apporter des réponses immédiates à toutes les problématiques. C’est une première étape de prise de contact avec nos concitoyens pour partager une amitié civique, comprendre les besoins, et identifier la capacité d’agir, notamment au niveau local.

L’objectif n’est donc pas seulement de recueillir des données. Elle est, pour les catholiques sociaux, un support de prise de contact avec le réel, avec nos concitoyens. C’est avant toute chose une manière d’entrer en amitié, notamment au contact de la France périphérique.

La politique est en faillite à son sommet. Qu’en est-il à la base ? Comment les catholiques peuvent-ils contribuer à se ressaisir du politique, apporter leur pierre à l’édifice commun ? Trop longtemps, peut-être, ont-il rêvé d’une gauche ou d’une droite à leur goût, porteuses ce que l’on nomme « nos valeurs ». Or, ce ne sont pas des valeurs fluctuantes sur le marché des idées qui peuvent refaire une communauté civique, réparer un lien social qui est profondément altéré.

Cette enquête sociale a pour objectif de renouer avec les réalités du terrain, de la sociologie des profondeurs de notre pays, pas seulement en recensant les peines et difficultés ; mais aussi et surtout en évaluant la capacité des citoyens à se saisir de la chose publique pour œuvrer ensemble, sans tout attendre du politique à son sommet ; et en identifiant la capacité d’agir, les leviers d’action au plan local.

Pour cela, il faut aller au-delà de nos sociologies habituelles, il faut aller au contact de nos compatriotes. Cette enquête fournit une occasion et un support pour cette prise de contact. « Historiquement, c’est la connaissance du terrain et des personnes qui a permis aux catholiques sociaux d’avoir une influence décisive dans l’histoire de notre pays », notamment au 19esiècle.

Le moment est venu de renouer avec cette vocation qu’est le catholicisme social. En effet, la doctrine sociale de l’Eglise, qui est notre ciment commun, doit être incarnée aujourd’hui dans des pratiques sociales et politiques nouvelles, ancrées dans le réel et non dans l’idéologie. Le réel est supérieur à l’idée.

Je vous invite à participer à ce mouvement social en devenant enquêteurs, en vous inscrivant sur le site du nouveau catholicisme social. Et je vous donne rendez-vous le samedi 15 juin après-midi à La Bourse du travail, à Paris, pour une demi-journée de rencontre et de préparation de cette grande enquête sociale. Soyez au rendez-vous !

Guillaume de Prémare

Chronique Radio Espérance du 17 mai 2019

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