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Extrait de Pour qu’Il règne, pages 25 et suivantes.

N’est-ce pas la question des politiques qui s’occupent des choses sérieuses (les clameurs de la foule) pour ne pas entendre la parole de Notre Seigneur Jésus-Christ : « Je suis venu rendre témoignage à la Vérité ». Si la vérité n’existe pas alors tout est permis…rien ne peut s’opposer à l’arbitraire du plus fort !

L’ENNEMI IRREDUCTIBLE : LE LIBERALISME (traduire Relativisme)

Jean, 18, 38 « Qu’est-ce que la vérité ? »

38 Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation.

Jean, 19, 9-14 « « Voici l’homme. »

04 Pilate, de nouveau, sortit dehors et leur dit : « Voyez, je vous l’amène dehors pour que vous sachiez que je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »

05 Jésus donc sortit dehors, portant la couronne d’épines et le manteau pourpre. Et Pilate leur déclara : « Voici l’homme. »

06 Quand ils le virent, les grands prêtres et les gardes se mirent à crier : « Crucifie-le ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Prenez-le vous-mêmes, et crucifiez-le ; moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation. »

07 Ils lui répondirent : « Nous avons une Loi, et suivant la Loi il doit mourir, parce qu’il s’est fait Fils de Dieu. »

08 Quand Pilate entendit ces paroles, il redoubla de crainte.

09 Il rentra dans le Prétoire, et dit à Jésus : « D’où es-tu ? » Jésus ne lui fit aucune réponse.

10 Pilate lui dit alors : « Tu refuses de me parler, à moi ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te relâcher, et pouvoir de te crucifier ? »

11 Jésus répondit : « Tu n’aurais aucun pouvoir sur moi si tu ne l’avais reçu d’en haut ; c’est pourquoi celui qui m’a livré à toi porte un péché plus grand. »

12 Dès lors, Pilate cherchait à le relâcher ; mais des Juifs se mirent à crier : « Si tu le relâches, tu n’es pas un ami de l’empereur. Quiconque se fait roi s’oppose à l’empereur. »

13 En entendant ces paroles, Pilate amena Jésus au-dehors ; il le fit asseoir sur une estrade au lieu dit le Dallage – en hébreu : Gabbatha.

14 C’était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi. Pilate dit aux Juifs : « Voici votre roi. »

15 Alors ils crièrent : « À mort ! À mort ! Crucifie-le ! » Pilate leur dit : « Vais-je crucifier votre roi ? » Les grands prêtres répondirent : « Nous n’avons pas d’autre roi que l’empereur. »

16 Alors, il leur livra Jésus pour qu’il soit crucifié. Ils se saisirent de Jésus.

Dès lors, il est bien évident que, dans les perspectives de ce règne doctrinal, de ce règne de vérité, de ce règne de l’enseignement de l’Eglise, le grand, l’irréductible ennemi est le libéralisme (relativisme), puisque c’est là une erreur qui s’en prend à la notion même de vérité et qui, en quelque sorte, la dissout…

Qu’est-ce que la vérité, pour un libéral (relativiste) ? « Quid est Veritas ? » On le voit, c’est spontanément que la formule de Pilate monte aux lèvres dès que l’on évoque le libéral (le relativiste). Et, avec l’orgueil bien connu de cette ignorance qui se prend pour une certitude, Pilate n’attendra même pas la réponse de Jésus. « Dicit ei Pilatus : Quid veritas ? Et cum hoc dixisset, iterum exivit ad Judaeos ». « Et Pilate de s’écrier : Qu’est-ce que la vérité ? Et, disant cela, il sortit de nouveau vers les Juifs… »

Jésus, dès lors, gardera le silence. La vérité, en effet, ne se manifeste pas à ceux qui, par principe, refusent de croire même à sa possibilité. Elle exige ce minimum d’humilité que devrait impliquer la conscience de l’ignorance. Aussi, quand, plus tard, Pilate reviendra vers Jésus, saint Jean nous dit qu’il ne lui sera fait aucune réponse.

« Quid est veritas ?… » Depuis vingt siècles, la formule n’a pas changé. « Quid est veritas ?… » Ce qui signifie : Encore un qui y croit ! Encore un illuminé, un pauvre fou ! Un pauvre fou. Tout à l’heure, en effet, c’est la robe blanche des fous qu’Hérode fera jeter sur Jésus. Hérode et Pilate se réconcilieront là-dessus… Ils se rencontrèrent en cet endroit… Tous deux sont libéraux (relativistes).

Hérode, c’est le libéralisme (relativisme) crapulard de la débauche ; Pilate, c’est le libéralisme (relativisme) des gens corrects et qui aiment « se laver les mains » : respecter les formes. Pilate, c’est le libéralisme (relativisme) des gens réputés honnêtes. Pilate, c’est le chrétien-libéral (relativiste) qui, au fond, cherche à sauver Jésus, mais qui commence par le faire flageller avant de l’envoyer à la mort, devant le tumulte croissant que sa démagogie autant que son manque de caractère n’auront pas su arrêter. En fait et jusqu’à la fin des temps, Jésus continue à être torturé, ridiculisé, mis à mort, de Pilate en Hérode et d’Hérode en Pilate.

« Quid est veritas ?… » Encore un illuminé ! Encore un de ces maniaques du rappel de la « thèse », de la doctrine, aux moments les plus inopportuns !

« Et, ce disant, Pilate sortit de nouveau vers les Juifs. Iterum exivit ad Judaeos ».

On le conçoit, Pilate est un homme ” engagé ” ! En plein dans l’action ! Et qui a tout autre chose à faire que d’écouter un doctrinaire ! « Iterum exivit »… « Iterum » : de nouveau. Car, il y était déjà, bien sûr ! Il s’est lancé depuis longtemps ! Avant d’agir, il n’a pas perdu son temps à réfléchir aux responsabilités, pourtant redoutables, de sa fonction. Voyons ! On ne refuse pas semblable situation ! « Iterum exivit ad Judaeos ». Autant dire : Pilate se retourne de nouveau, « iterum », vers le problème concret du moment, « ad Judaeos ». Vers ces Juifs qui sont là, sous le balcon, et qui crient… Voilà ce qui est autrement important que les propos de ce Jésus. Voilà ce qui prime tout. « Exivit ad Judaeos. Pilate s’en revint vers les Juifs ».

Mais, et c’est là son péché, sans avoir pris la peine d’attendre et d’entendre la réponse et les directives du Seigneur. Autrement dit, Pilate se replonge dans l’ « hypothèse ». Seule chose qui l’intéresse. Mais sans avoir attendu la réponse de la doctrine, les lumières de la “thèse” et de la vérité. Cette vérité, cependant, Dieu fera en sorte qu’elle soit dite jusqu’à son dernier terme.

Un peu plus tard, lorsque, dans son délire, la foule réclamera la mort de Jésus, le dernier argument, qui est aussi l’explication suprême, sera lancé à Pilate : « quia Filium Dei se fecit… » « parce qu’il s’est fait Fils de Dieu… » Fils de Dieu ! Voilà la clef de toutes ces énigmes sur lesquelles Pilate bute depuis un long moment.

Fils de Dieu ! Voilà qui explique tout et ce que, dans sa miséricorde, notre Seigneur a voulu que Pilate entende au moins une fois. On conçoit l’affolement du Romain. Depuis qu’il a ce “roi des Juifs” devant lui, il va d’étonnement en étonnement. Toutes ses conceptions de pragmatique retors sont bousculées, renversées… Jésus frappe désespérément à la porte de cette âme par tous les moyens qui peuvent être mis en œuvre… jusqu’aux rêves de sa femme… Ce libéral comprendra-t-il enfin ? Non ! Il est seulement effrayé… pris de panique. « Cum ergo audisset Pilatus hunc sermonem, magis timuit ». « Lorsque Pilate entendit cette parole, il eut encore plus peur ».

Cette fois, il veut savoir : « D’où es-tu ?… » Autrement dit : Qui es-tu ? Mais d’où viens-tu, homme extraordinaire ? Dis-moi quel est ton mystère afin que je comprenne, enfin. Jésus garde le silence. Après tout ce qu’Il a dit, après cette flagellation que Pilate vient d’ordonner, la Vérité n’a pas à répondre à de telles injonctions.

Devant le silence de ce prisonnier inouï, la crainte de Pilate décuple. Il a peur, comme tous les faibles. Et, comme tous les faibles qui ont peur, il va non, certes, faire sentir sa puissance à cette foule hurlante en donnant l’ordre aux soldats de la disperser. Non ! Il va « crâner » devant cet homme enchaîné et apparemment impuissant. Il va menacer le Juste au nom de ce qu’il croit être « son autorité »[1]. « Tu ne me parles pas ? Ne sais-tu pas que j’ai pouvoir de te crucifier et pouvoir de te relâcher ? » Et Jésus de répondre : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir s’il ne t’avait été donné d’en haut ».

« Tu n’aurais… » toi…, Pilate… C’est-à-dire : toi, homme politique quelconque investi d’une parcelle d’autorité…, qui que tu sois : simple fonctionnaire, juge, député, ministre, gouverneur, prince ou roi…, tu n’aurais aucun pouvoir si tu ne l’avais reçu d’en haut, c’est-à-dire : de Dieu, c’est-à-dire de Moi. Et, puisque ton pouvoir est un pouvoir politique, juridique, social, le seul fait que je vienne d’affirmer que ce pouvoir vient de Moi prouve, sans contestation possible, que laroyauté que je revendique, bien que n’étant pas de ce monde, s’exerce quand même sur lui, sur les individus comme sur les nations. Et cela parce que je me dis « Fils de Dieu ». Désormais, la leçon est complète qu’à travers Pilate, Jésus a voulu adresser aux politiques de tous les temps. Explication suprême qui couronne et confirme tout ce qui a été dit. Prenons soin d’observer l’admirable progression de cette leçon divine.


[1] Cette fois, Jésus va répondre et, précisément, par respect pour cette « autorité » de Pilate, qui est l’autorité même du pouvoir civil. Jésus va répondre comme il a répondu au Grand Prêtre invoquant le « nom de Dieu vivant ». Pouvoir spirituel et pouvoir temporel : notre Seigneur a voulu nous laisser cet exemple de parfaite soumission aux deux pouvoirs institués par Dieu.

D’abord et par charité, Jésus s’applique à dissiper l’équivoque fondamentale qui pourrait effrayer et, par là-même, fermer le cœur en même temps qu’enténébrer l’esprit : « Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu, etc… » C’est là comme un préambule, un peu négatif…

L’explication positive vient en second lieu : « Tu le dis, je suis roi. Je suis né pour cela, rétablir la Vérité ». Par cette seconde réponse, Jésus explique la nature de cette royauté. Royauté, non comme les autres, mais règne spirituel, règne doctrinal, règne de la vérité dans tous les ordres.

D’où la troisième partie qui donne la clef de l’énigme. C’est parce qu’Il est Fils de Dieu, Principe de l’ordre universel, que Son règne peut être cette chose humainement inouïe : un règne de la vérité…, rétablissement de l’ordre fondamental.

En quatrième lieu, la dernière réponse de Jésus apporte la confirmation concrète : « Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir si tu ne l’avais reçu d’en haut ». Désormais, le doute n’est plus possible, la royauté du Fils de Dieu n’est pas seulement une royauté sur les âmes, elle est aussi une royauté sociale, puisqu’elle est au principe même du pouvoir de Pilate. Preuve certaine que le pouvoir civil n’échappe aucunement à son empire. De son propre aveu, Jésus est donc roi dans ce domaine comme dans tous les autres. Son royaume ne connaît pas de limites. Il remplit l’univers.

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