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« L’Église est vraiment une mère et, comme une maman, elle cherche le bien de ses enfants, en particulier de ceux qui sont le plus loin et le plus affligés, jusqu’à ce qu’elle trouve sa plénitude dans le corps glorieux du Christ avec tous ses membres ! » Ainsi s’exprime le pape François[1], qui articule dans une formule simple la dimension charnelle, humaine, familiale de l’Eglise, en même temps que sa fin surnaturelle.

Notre loyauté envers l’Eglise n’est pas d’abord l’attitude vertueuse de “bons petits soldats”, notre loyauté est charnelle, celle de fils et de filles envers leur mère ; notre loyauté est spirituelle, c’est le fruit d’un acte de foi. Un aspect central de notre acte de foi envers l’Eglise, c’est que notre mère nous donne une bonne nourriture. Lorsque le pape parle de « ceux qui sont le plus loin et le plus affligés », comment imaginer que l’Eglise-mère puisse leur offrir une nourriture avariée ? Cette nourriture – et c’est la même pour tous ses enfants, proches ou éloignés -, c’est le Christ.

« L’Eglise et le Christ c’est tout un ! », répliquait Jeanne d’Arc à ses juges. Cette exclamation se vérifie par excellence dans les sacrements de l’Eglise, que l’Esprit-Saint préserve de l’erreur. L’Eglise a-t-elle jamais enseigné à ses enfants une doctrine fausse sur les sacrements ?

Lors du premier concile, dit de Jérusalem, Pierre et Paul ne se sont pas comportés en chefs de partis qui mènent un rapport de force, ils ont cherché la volonté de Dieu et l’ont trouvée, malgré leur différend initial. Et ainsi de suite dans l’histoire de l’Eglise, concile après concile et jusqu’à l’actuel synode sur la famille.

Lors de la session extraordinaire du synode, cette réalité surnaturelle n’a pas été rapportée par les grands médias. Il faut relire le vrai synode pour réaliser avec quel soin les pères synodaux ont réaffirmé – au milieu de tensions réelles et parfois pénibles – l’enseignement du Christ sur le mariage indissoluble et cherché le bien des enfants qui leurs sont confiés, particulièrement les plus éloignés.

Et le pape dans tout ça ? L’autorité du pape, ce n’est pas d’arbitrer un rapport de force, mais de conduire, comme pasteur universel et successeur de Pierre, ce processus surnaturel. Et l’autorité du pape est celle qui, in fine, garantit la doctrine des sacrements. Or, dans les agitations liées au synode, il y a actuellement un esprit pétitionnaire qui peut semer le doute sur le pape, comme si l’hypothèse que le pape ne garantisse plus les sacrements pouvait avoir quelque crédit.

C’est grave parce que cela peut semer la confusion dans les âmes et affaiblir la foi dans l’Eglise, détourner les fidèles de leur loyauté filiale envers l’Eglise ; c’est un contre-sens parce que cela affaiblit l’autorité de celui qui, précisément, garantit les sacrements.

Dans ce synode, ne soyons pas des acteurs extérieurs d’un match dont nous attendons avec angoisse le résultat. Nous sommes parties prenantes – concrètement à travers les processus diocésains, spirituellement comme membre du corps mystique – de la recherche de la volonté de Dieu. Cela ne peut se faire qu’avec l’Eglise, avec les évêques, et bien sûr avec le pape, encore avec le pape, toujours avec le pape. Il n’y a pas d’autre voie : Ubi Petrus, ibi ecclesia – là où est Pierre, là est l’Eglise.

Guillaume de Prémare
Chronique Radio Espérance du 13 février 2015

[1]Audience générale du mercredi 11 décembre 2013

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