Sélectionner une page

veilleursGénération catho rebelle, mobilisation LMPT et Printemps Français, veilleurs et sentinelles, entrisme dans les partis politique, fondation pour demain, formation aux fondements de la Cité, action culturelle jusque dans la rue, manifestent la vigueur et la passion de certains jeunes qui sont déjà « à la manœuvre » avec efficacité. Jean Ousset dans son livre l’Action  au chapitre IV, donne les éléments toujours justes sur la manière de soutenir cette force et de l’associer aux vrais enjeux sans l’instrumentaliser :

« L’importance des jeunes, pour l’avenir de la Cité, est si évidente qu’elle rend superflu tout développement démonstratif. Age des élans généreux, la jeunesse est promesse de l’avenir. Encore faut-il que ses élans ne soient pas méprisés et que la promesse soit tenue. Ce qui soulève une double difficulté :

  1. savoir quelle doit être notre attitude à l’égard de la jeunesse.
  2. empêcher que les problèmes susceptibles de passionner les jeunes leur soient présentés comme n’ayant d’intérêt que pour le seul temps et les seuls intérêts de la jeunesse.

Quel doit être notre comportement à l’égard des élans de la jeunesse ?

Est-il sage d’attendre que les jeunes aient cessé de l’être pour les inviter à jouer quelque rôle important dans l’action civique, et, dans certains cas, à s’y consacrer entièrement ?  Nous ne le pensons pas. Certes une grande prudence de conseil est ici nécessaire. Il serait criminel d’inciter sans discernement les jeunes à se lancer exclusivement dans l’action sociale, le combat politique pour peu qu’ils en sentent le désir. (Engagements qui, dans les circonstances présentes, peuvent impliquer une large part de sacrifices. Mais sacrifices que la générosité de la jeunesse ne craint pas de regarder en face. Combien s’appliquent à rechercher la profession qui, au prix d’un moindre salaire, d’un plus modeste emploi, permet de se donner au « bon combat » avec une plus grande liberté.)

Mais cela dit, il est puéril d’imaginer que c’est une fois engagés dans les affaires, toutes les routines familiales et professionnelles étant prises, qu’un recrutement sérieux sera possible d’une élite suffisamment disponible pour s’employer, comme il faut, au salut de la Cité.

En conséquence (et sous réserve, encore une fois, d’une extrême rigueur de discernement) ce recrutement d’une élite de jeunes est un des chapitres les plus importants de l’action civique et sociale. (La variété est d’ailleurs extrême de ces missions ou fonctions. Depuis les rôles, qu’on peut dire classiques, d’écrivains, de journalistes, conférenciers, orateurs, etc., il existe des possibilités d’engagement et de rayonnement de tous ordres…)

Sans quoi la cause que nous prétendons servir ne le sera que par une troupe toujours moins nombreuse d’amateurs sans encadrement. Dilettantes parfaitement inefficaces. Donc… bien se dire que la jeunesse ne sera promesse d’un avenir harmonieux que dans la mesure où ses meilleurs éléments trouveront à s’employer.

Deuxième difficulté. Et deuxième devoir : empêcher la jeunesse de se considérer comme une fin en soi….

Parler d’une Cité de jeunes n’est qu’un procédé dialectique d’opposition de générations, à moins qu’il ne s’agisse d’une colonie de vacances.

Le seul et bon moyen d’assurer une véritable promotion politique de la jeunesse c’est de ne pas craindre de lui demander l’effort nécessaire à une intelligence suffisante des problèmes de cette cité tout court qui est une Cité de jeunes et de vieux.

C’est mépriser les jeunes que de leur réserver, comme il arrive souvent, les seules (nous disons bien : les seules) tâches matérielles de l’action politique : collage d’affiches, distribution de tracts, service d’ordre, manifestations ou « chahuts »…

Et parce que trop de jeunes n’ont connu l’action politique et sociale que sous cet aspect qu’une fois parvenus à l’âge d’homme la politique n’est plus dans leur esprit qu’un objet d’activités sans sérieux, indignes d’un comportement devenu raisonnable… »

***

Au moment où des français se lèvent pour défendre la dignité de toutes les personnes et de toute la personne, en particulier des plus fragiles, que faire pour une action durable ? Ce livre est un maître livre pour bien penser l’action en fonction du but poursuivi. Tout homme ou femme d’action le lira avec profit pour inspirer son engagement. Jean Ousset est le premier en effet à avoir méthodiquement formalisé une doctrine de l’action culturelle, politique et sociale à la lumière de l’enseignement de l’Eglise pour, concrètement répondre au mal par le bien. Action de personne à personne et actions multiformes en réseau, ses intuitions sont mises en œuvre magnifiquement dans l’utilisation d’internet. A l’encontre des pratiques révolutionnaires et de la dialectique partisane, si l’amitié est le but de la politique, Jean Ousset nous montre comment pour agir en responsable, l’amitié en est aussi le chemin.

 

Share This