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La loi naturelle s’énonce en droit naturel dès lors que l’on considère les relations de justice entre les hommes : relations entre les personnes physiques et morales, entre les personnes et la puissance publique, relations de tous avec la loi positive. Nous passons de la catégorie anthropologique de la loi naturelle à la catégorie juridique et politique de l’organisation de la Cité.

Le droit n’est pas arbitraire : l’exigence de justice, qui découle de la loi naturelle, est antérieure à la formulation et à l’édiction du droit. Ce n’est pas le droit qui décide de ce qui est juste. La politique non plus n’est pas arbitraire : les normes de la justice ne résultent pas seulement d’un contrat passé entre les hommes, mais elles proviennent d’abord de la nature même des êtres humains.

Le droit naturel est l’ancrage des lois humaines dans la loi naturelle. Il est l’horizon en fonction duquel le législateur humain doit se déterminer lorsqu’il édicte des normes dans sa mission de servir le bien commun. En ce sens, il honore la loi naturelle, inhérente à l’humanité de l’homme. Au contraire, lorsque le droit naturel est nié, c’est la seule volonté du législateur qui fait la loi. Le législateur n’est plus alors l’interprète de ce qui est juste et bon mais s’arroge la prérogative d’être le critère ultime du juste.

Le droit naturel n’est jamais une mesure fixée une fois pour toutes. Il est le résultat d’une appréciation des situations changeantes dans lesquelles vivent les hommes. Il énonce le jugement de la raison pratique qui estime ce qui est juste. Le droit naturel, expression juridique de la loi naturelle dans l’ordre politique, apparaît ainsi comme la mesure des relations justes entre les membres de la communauté.

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