Pour Jean Ousset dans les principes fondamentaux de son livre l’Action,  on ne peut combattre la subversion avec les moyens qu’elle emploie. Mais les révolutionnaires nous donnent l’exemple d’actions coordonnées, sans structure unique, rigide et vulnérable qui les englobe.

L’erreur n’est-elle pas fréquente d’employer au service d’une fin des méthodes ou des moyens pratiquement conçus pour une fin contraire ? Est-il surprenant que les résultats soient décevants ?

A penser l’action sans prendre garde à la fin spécifique des méthodes qu’on préconise, on ne peut que favoriser en effet ce culte du pragmatisme-roi, qui constitue l’essentiel du marxisme…

Agir comme les marxistes ? C’est déjà être marxiste. Même si l’on combat le marxisme….

Ce qui pourrait nous être une leçon nous est, par contre, fort mal connu, c’est-à-dire le souci d’un travail en profondeur ; un sens aigu de l’action par les idées ; un très grand soin dans la formation des cadres, une volonté, ridicule tant elle est extrême, (caractéristique pourtant) de « penser » l’action « scientifiquement »…

C’est le seul profit que nous puissions tirer de l’exemple révolutionnaire. Un profit d’émulation, d’excitation, d’alerte. L’analogie d’une certaine ardeur…

Sans oublier telles pages de Mao-Tsé-Toung qui n’ont rien de spécifiquement subversif au contraire !

Dans ces pages sont impitoyablement dénoncés l’élan anarchique, l’irréflexion, l’imprudence, le subjectivisme dans l’action, l’aventurisme, le putchisme ! Combien nous serait profitable la lecture de ces chapitres de Mao !

Autant de faits, non essentiellement révolutionnaires, dont nous aurions intérêt à tirer profit, mais auxquels nous refusons de prendre garde.

Ce qui fait que nous ignorons… et la doctrine d’action qui devrait être la nôtre… et ce qui pourrait, quand même, nous éclairer dans l’exemple de l’adversaire.

Reste qu’on ne saurait s’y prendre pour construire comme on s’y prend pour démolir.

Car la Révolution, elle, démolit, en ce sens qu’elle dialectise, exploite, entretient, provoque les contradictions sociales. Telle est l’action normale de la Révolution. Action qui tend à réaliser un déboisement social. Action niveleuse, atomisante, par étouffement progressif des corps intermédiaires. Action qui n’a cessé d’ouvrir les voies à un totalitarisme d’Etat plus tyrannique chaque jour…

D’où le propos de Joseph de Maistre sur la contre-Révolution : « Elle doit être le contraire de la Révolution. Non une révolution contraire. C’est dire qu’il lui faut renouer les liens sociaux au lieu de les briser, qu’elle doit exercer une action coordinatrice en sens inverse de l’action désorganisatrice de la Révolution ».

Ce qui dispense d’insister pour faire entendre qu’une pareille opposition, dans l’ordre des FINS, interdit, dans l’ordre des MOYENS, l’emploi des mêmes façons d’agir.

Publié dans Le Salon Beige le 25 février 2014

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