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Que se passe-t-il donc en France avec cette très significative mobilisation de son peuple contre le mariage unisexe ? Mobilisation (Voir la video Ichtus  manifestation contre le mariage pour tous LMPT) qui semble vouloir se maintenir dans le temps, en multipliant ses formes d’expression et en s’enracinant dans l’identité culturelle nationale. Les « veilleurs » seraient-ils la pointe de l’âme d’une jeunesse à la fois heureuse de vivre et en quête du sens profond de l’existence humaine. De fait, les commentateurs, sociologues, journalistes et autres politologues se perdent en conjoncture et tentent de vieilles grilles de lecture pour expliquer ce phénomène à la fois nouveau et déconcertant.

Un biais de lecture idéologique

Il semble que nous continuons de chercher les causes là où les à priori nous enferment ! Les journalistes et les limiers de Monsieur Valls, notre si inquiet Ministre de l’Intérieur, nous feraient plutôt pleurer quand ils cherchent à nous expliquer ce qui se passe en France. Etre idéologue leur fait perdre tout contact avec le réel, si bien que leurs renseignements et leurs recherches les égarent. Ils ont perdu toute intelligence de la réalité et de la vie des français. D’où vient la cécité de ces conservateurs du désordre établi ? Leur maître, c’est Papa Marx, le fils de Rousseau qui ouvrit le chemin du pouvoir à Robespierre, Lénine, Goebels et autres Polpot. D’où la quasi cécité de nos journalistes et de notre ministre, grand « éclaireur » du gouvernement, totalement incapables de comprendre ce qui se passe. Près de deux millions de Français peuvent le crier dans la rue et leur répéter tous les soirs que la clé de la confiance perdue se trouve dans ce déni de la conscience et de la nature humaine,  ils n’entendent rien, ne voient rien, ne comprennent rien. Pourquoi ? Pour Le Monde en première page, Le Figaro, Libération, Le Nouvel Obs, une droite extrême, inspirée par Gandhi et Jean Ousset, se mobilise pour empêcher le gouvernement de tenir les promesses de campagne du Président. Les conclusions se répliquent : Ichtus est encore et toujours à la manœuvre. Les politologues spécialistes le confirment ; Ichtus agit  par influence auprès des responsables de la vie sociale et politique. Ces événements nous dépassent, ne feignons pas d’en être les organisateurs . Ce qui se passe en France ne peut se comprendre qu’avec le cœur. Car l’essentiel est invisible pour les yeux. Le gouvernement, l’opposition et les porte-paroles de cette mobilisation ont à méditer ce fait. Même s’il ne faut pas méconnaître la contribution déterminante de certains des « catalyseurs » de ce réveil des consciences, personne, n’en déplaise aux médias et au Ministre Valls, ne peut prétendre en être l’organisateur. Et le temps d’une saison ne suffira pas à fonder une nouvelle politique. Jamais une mobilisation n’aura tenu si longtemps, s’amplifiant de mois en mois. Au point que certains en viennent à rêver d’un printemps français, comme il y eut un printemps des peuples ou un printemps arabe. Il est légitime, en effet, de vouloir dater le point de départ d’une prise de conscience comme celui d’un réveil pour refuser l’inacceptable, mais c’est définitivement insuffisant.

Le temps d’un printemps ne suffira pas

Comme la poésie précède toujours la politique, nous aimons la vigueur du printemps, ce mouvement irrésistible de la sève qui monte, cet ordre de la nature qui reprend ses droits pour que les fruits puissent naître des fleurs, quand les réalités de la vie s’imposent aux froideurs de l’hiver. Nous aimons ce printemps d’Antigone qui se dresse face aux abus de pouvoir, aux lois illégitimes d’un Créon toujours plus totalitaire. Nous aimons l’espérance des veilleurs qui opposent la force de la vie intérieure au rouleau compresseur du ministre dit de l’intérieur. Nous aimons ce printemps des consciences qui résistent sans peur aux pesanteurs des idéologies, au politiquement correct, au « main stream » médiatique… et qui retrouvent comme naturellement, les chemins de la culture et du silence pour permettre un jugement libre de la situation. L’histoire a malheureusement démontré le coût humain et les impasses de ces sursauts « en forme de rage de dent ». Sans un travail en profondeur sur les esprits, sans une action culturelle dans la durée, rien ne se construit. Un mouvement rapide peut parfois empêcher le vote d’une loi mais pas l’encrage d’une politique. Le réveil des consciences est une liberté qui se prend. Benoît XVI est revenu souvent sur cette question de la conscience pour mettre en perspective notre espérance : « La qualité de la vie sociale et civile, la qualité de la démocratie dépendent en bonne partie de ce point « critique » qu’est la conscience, de la façon dont on l’entend et de tout ce qui est investi pour sa formation. Si la conscience, selon la pensée moderne prédominante, est réduite au domaine du subjectif, où sont reléguées la religion et la morale, la crise de l’Occident n’a pas de remède et l’Europe est destinée à la régression. Si au contraire la conscience est redécouverte comme lieu de l’écoute de la vérité et du bien, lieu de la responsabilité devant Dieu et devant les frères en humanité – qui est la force contre toute dictature – alors il y a de l’espérance pour l’avenir ». Cette prise de conscience que le gouvernement fait semblant de ne pas voir « est la force contre toute dictature » qui peut fonder notre espérance pour l’avenir si elle se transforme en prise de responsabilité.

Révolte contre l’injustice et cette cohérence dans l’incohérence des politiques

Depuis un an, l’incohérence, dont notre gouvernement n’a pas le monopole, se révèle être comme une ligne politique qui provoque le réveil des consciences. Inventaire que chacun pourra compléter : -  Incohérence, quand le ministre de la justice, au nom de la justice et de l’égalité, sacrifie les intérêts des enfants aux intérêts prétendus d’une minorité. -  Incohérence quand les parlementaires chargés d’évaluer la solidité des arguments pour une loi, refusent d’entendre en commission les objections. -  Incohérence, quand ceux qui sont en charge d’émettre un avis sur les impacts sociaux et économiques d’une loi refuse d’être saisis. -  Incohérence, quand le ministre du Budget chargé de collecter et redistribuer l’impôt fraude lui-même. -  Incohérence, quand le ministre de l’Education Nationale, en appelle à la morale pour pervertir et déséquilibrer la jeunesse en mettant en place La ligne Azur pour tous. -  Incohérence, quand les responsables des groupes politiques de sénateurs responsables de leur vote devant la nation, inventent un vote à main levé et reconstitue a posteriori les intentions des absents. -  Incohérence, quand le préfet, la police et le ministre, tous chargés du maintien de l’ordre maquillent des preuves, trichent sur les nombres et infiltrent des provocateurs dans les manifestations. -  Incohérence, quand des juges, chargés de rendre la justice sans à priori, ont une liste de condamnés au pilori. -  Incohérence, quand des journalistes responsables d’informer, taisent la réalité. -  Incohérence, quand le Président de tous les Français, accepte de subir des pressions sans rapport avec le bien-commun. Le Président de la République a eu des mots très durs à l’égard du Ministre Cahuzac. Reprenant le qualificatif de DSK dans sa confession, il a parlé de faute morale, de faute impardonnable pour avoir menti. Bien sûr, la conscience est blessée par ce mensonge, mais c’est d’abord de ne pas avoir agit en « responsable » au service du bien commun qui est la faute impardonnable d’un ministre ; le mensonge vient amplifier la faute. Pour Antigone, aujourd’hui, le Président commet une faute morale, une faute impardonnable en promulguant la loi dite du Mariage pour Tous. Certains diront que la loi a été votée en respectant les lois de la République et qu’il faut se rendre à l’avis du Conseil Constitutionnel. Ayant refusé toute référence externe à la loi, il ne reste plus qu’une légitimité procédurale. La loi serait juste car promulguée conformément à la procédure.

Incapacité des responsables à répondre aux besoins des consciences

Comment les consciences ne seraient-elles pas touchées par l’incohérence et l’injustice, de ces fautes impardonnables commises par ceux qui sont en charge du bien commun, précisément dans leur domaine de responsabilité. Les journalistes auraient pu le dire et le ministre le comprendre : l’incohérence et l’injustice du gouvernement dans l’exercice de ses propres responsabilités ne peut que décevoir et créer la défiance.

Révolte contre les incohérences d’une vision bourgeoise et bohème  (Libéral – Libertaire) de la vie en société

Impasse « libérale » et « bourgeoise » Chacun sent bien que le libéralisme comme le marxisme ont une vision de l’homme réduite à la liberté de disposer sans contrainte de son « avoir ». Une vision « bourgeoise » de l’individu qui fait de la propriété de « ce que l’on a », un absolu, si possible sans responsabilité vis-à-vis des autres et donc sans devoir. La croissance consistant à augmenter son pouvoir sur ce que l’on a et à se libérer de toute responsabilité considérée comme une charge associée à l’avoir (les salariés pour leur employeur, par exemple). Le gouvernement des hommes est remplacé par l’administration des choses. La relation entre les hommes se réduit à celle des échanges sous-tendus par un contrat dont le prix est la seule mesure. Mais cet équilibre créateur de richesse, n’est pas toujours celui de la justice. Comme le disait déjà saint Augustin de façon paradoxale : « les riches, nous voyons ce qu’ils ont, nous ne voyons pas ce qui leur manque ».

Impasse « libertaire » et « bohème »

Dans le même temps, nous découvrons que le « libertarisme » et sa forme nouvelle sous-tendue par l’idéologie de « l’identité de genre » ont une vision de l’homme réduite à la liberté de disposer sans contrainte de son « être ». Une vision « bohème » de l’individu qui fait de la maîtrise de « ce que l’on est » un absolu, si possible sans responsabilité vis-à-vis des autres et donc sans devoir. La relation entre les hommes se réduit à celle du pouvoir de domination sur l’autre. Ces deux visions de l’homme se révèlent décevantes et sont incapables de fonder une politique pour tout l’homme et pour tous les hommes. Dans ces deux visions de l’homme, l’amour est mutilé par un utilitarisme de l’avoir et de l’être. Car curieusement ces deux visions se combinent pour faire vivre des BOBO (Bourgeois-Bohêmes), sans Dieu ni maître, gérants absolus, au dessus des lois de la nature et sans responsabilité de leurs avoirs et de leur être. Pour quels résultats ?Pour « être plus », il faut dominer davantage sans contrepartie et faire sa loi sans être soumis à une loi objective. Il faut se libérer de la loi naturelle et de toute responsabilité associée à l’être. (L’enfantement pour une femme, la vérité pour un professeur ou un journaliste, la justice pour un politique, les salariés pour l’homme d’affaire). Seul doit compter le « rôle » que je veux jouer.

La recherche d’une cohérence fondamentale, « ni Bo-ni Bo »

Au-delà d’une cohérence des politiques et de la politique, le projet de loi du Mariage pour tous, est sans doute, le déclencheur d’une recherche plus fondamentale encore, celle d’une cohérence anthropologique ? Une écologie humaine. Qui est l’homme ? Quelle est la vocation de l’homme ? Qu’est-ce que l’amitié ? Que veut dire aimer ? Peut-on faire confiance ? Peut-on changer la vie ? Peut-on agir en politique pour le bien commun ? Est-ce qu’il existe des lois nécessaires pour vivre ensemble ? Quelle relation entre culture et nature ? La recherche de cohérence fait désirer une vision de l’homme, ni « bourgeoise », ni « bohème ». Cette anthropologie n’est pas une idéologie nouvelle. Elle a formé notre civilisation à la « lumière de la foi ».

Ce que la conscience de la pointe de l’âme française, refuse aujourd’hui, Hannah Arendt l’a exprimé à sa manière : c’est la banalité du mal organisé par ceux qui ont la responsabilité du bien-commun. Cette banalité du mal consiste à appliquer des ordres ou des lois sans jamais remettre en cause leurs fondements. Le drame pour tous est de bien voir le mal absolu lorsqu’il est flagrant, mais de ne pas voir le chemin qui y conduit. Ne pas réfléchir et ne pas réagir à temps au mal, conduit par une acceptation de fait des situations à en devenir complice. On comprend pourquoi la formation des consciences est le grand ouvrage. Le Ministre Peillon en aura-t-il le monopole ?Alors que faire, que désirer ?

C’est maintenant, à ce moment précis de la mobilisation qu’un travail exigeant d’étude et de formation s’impose comme l’urgence première au temporel, si nous voulons que les fruits passent les promesses des fleurs de ce printemps. Monseigneur Aillet a rappelé encore la nécessité de se battre comme David contre Goliath avec les cinq cailloux de la prière car seul l’Esprit Saint peut atteindre à la tête les esprits soumis à « l’ennemi de la nature humaine » dont nous parle le Pape François. Comme le dit le diagnostic : « le poisson pourrit toujours par la tête » et comme le recommande l’action : « il faut balayer l’escalier par en haut ». Journalistes et politiques se trompent de diagnostic pour expliquer la mobilisation. Ils peuvent trembler. S’ils n’ouvrent pas leur cœur, s’ils ne se libèrent pas des idéologies, ils font partie du problème. Ils ne feront pas partie de la solution. La génération qui se lève aura-t-elle la joie de cueillir un jour les fruits de ce printemps des consciences ? Tout va se décider maintenant dans cette période de prise de responsabilité qui aura souvent les couleurs d’une résistance héroïque et courageuse.

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