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Union, alliance ou rencontre ?

Quand le législateur s’acharne contre la nature humaine, les catholiques peuvent- ils agir de concert avec des citoyens qui ne partagent pas leur foi ? Si oui comment et dans quelles conditions ?  Jean Ousset dans son livre  l’Action au chapitre III, « Cas de nos cités pluralistes » (p. 223 à 236), donne les clés de discernement. Extraits :

« Trois siècles de « philosophie séparée » ont provoqué un climat de scepticisme généralisé.

Quant à cette religion des « bonnes manières » dont Simone de Beauvoir nous dit qu’elle était celle de son père, personne n’en est plus, personne n’en veut plus.

Certains invoquent, il est vrai, ce respect du droit naturel que l’Eglise désigne comme un des fondements de sa morale… Mais si beaucoup tendent à l’évoquer, rien n’est plus discuté que la chose elle-même…

Il importe de s’y prendre autrement…

  • Au plan dogmatique : enseigner la vérité, ne pas ériger en doctrine ce qu’on doit tolérer…
  • Au plan tactique : tenir compte de l’incohérence des hommes dans l’erreur. S’adresser au bon sens…

Nous l’avons assez répété : la seule proclamation de la vérité ne peut suffire. Il faut, pour être efficace, prendre la situation telle qu’elle se présente, et, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, s’appliquer à tirer profit de tous les avantages de ce que l’on peut déplorer par ailleurs…

Un certain goût de la vérité s’est perdu. C’est indéniable… La perspective des grandes synthèses doctrinales rebute. Seul demeure ce goût naturel, inaliénable des vérités fragmentairement reçues et vécues…

Nouvelle maïeutique…Faire confiance à la puissance persuasive d’un vrai, mieux expliqué, et attendre que l’esprit y adhère pleinement…

C’est à cette part de bon sens qu’il faut s’adresser. C’est ce goût irréductible du vrai qu’il faut satisfaire.

Il faut que les raisons du vrai ne paraissent en nos propos qu’à la manière de notions communément évidentes, de claire sagesse et de pur bon sens…

Il faudra par conséquent, adopter des formules d’action qui permettent à l’apport doctrinal, à la synchronisation tactique de répondre aux exigences de chaque cas, aux besoins de chaque milieu…

Rappelons au moins en ces difficultés les deux cheminements possibles :

1°  Cheminement vers Dieu par un sens plus exact de l’ordre du monde. Ordre non seulement matériel mais intellectuel, moral, spirituel.

2°  Preuve, par l’histoire, des bienfaits de Jésus-Christ et de son Eglise.

Domaine des vérités partielles où l’action est vouée à mille compromis. Compromis auxquels il importe, certes, de conserver leur caractère par crainte de voir accorder à ce qui n’est qu’un moyen, qu’une formule relative et transitoire le prestige d’une suprême finalité.

Il est donc préférable, au lieu d’UNE SEULE formule, de favoriser les modes d’action multiformes.

Ainsi les risques de dogmatisation, de transformation du relatif en absolu sont beaucoup plus restreints. Et plus grandes aussi les possibilités de manœuvres, susceptibles de favoriser une sage progression vers un meilleur état des choses.

C’est en vain qu’on a cherché et que l’on cherche toujours à substituer à la doctrine catholique des formules dites plus habiles pour essayer d’atteindre le même résultat à moindres frais.

Bouche-trous qui ne bouchent pas le trou, disait ironiquement Chesterton.

Certes, quand le mal est fait, il faut bien s’y résigner et faire comme le malade qui se sait cloué au lit pour longtemps. Il cherche une position commode, une attitude moins douloureuse.

Le comble serait de donner le titre de santé à cet état dolent et de maladie chronique.

Loin de parler d’une « union » entre croyants et incroyants, [il est plus juste] d’écarter ce terme et celui même d’alliance pour se contenter de celui de « rencontre ». Là se borne, les possibilités de groupement offertes à ceux que n’éclaire pas la même doctrine. « Tout réfléchi, je préfère le terme précis de rencontre… Mais, noter ces rencontres, les compter, les jalonner, c’est, par là-même, constater que, sur les autres points, il n’y pas d’accord, mais divergence et séparation… »

On devine l’importance d’une telle méthode à une époque où l’action commune entre croyants et incroyants est une nécessité quotidienne.

Point d’unité au sens strict, puisqu’il y a opposition de doctrines. Mais simple accord dans la poursuite de certains avantages rapprochés.

Accord sur les résultats, comme on dit aujourd’hui ! A condition de ne pas se laisser abuser par l’expression.

Mais l’histoire n’est-elle pas riche en exemples péremptoires de cette possibilité et, donc, de l’efficacité (relative) d’une pareille tactique ?

Pour rejoindre une initiative qui corresponde à vos « talents » contacter le service d’information d’Ichtus.

Tout homme ou femme d’action le lira avec profit pour inspirer son engagement. Jean Ousset, fondateur d’Ichtus pour Former, Relier et Agir, est le premier en effet à avoir méthodiquement formalisé une doctrine de l’action culturelle, politique et sociale à la lumière de l’enseignement de l’Eglise pour, concrètement répondre au mal par le bien. A l’encontre des pratiques révolutionnaires et de la dialectique partisane, si l’amitié est le but de la politique, Jean Ousset nous montre comment pour agir en responsable, l’amitié en est aussi le chemin.

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