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anthropologie-et-politique-1-2On parle aujourd’hui d’un réveil des consciences, mais où trouver la lumière capable d’éclairer sans tromper ? Sur quelle vision de l’homme fonder la vie en société ? Comment agir en politique pour qu’il vaille encore la peine d’être un homme ou une femme dans la société ?

Ce premier tome “Personne et Société” du parcours Anthropologie et Politique est écrit par Bruno de Saint Chamas et Florence Simon. Cet ouvrage de formation permet de suivre le parcours de Saint Jean-Paul II.

Jean-Paul II peut être choisi comme guide pour répondre à la question anthropologique fondamentale qui vise à comprendre l’homme, et pour agir dans une situation politique où il est si facile de se convaincre que le sens de l’histoire a déjà décidé notre avenir. Ce que Jean-Paul II a enseigné, il l’a lui-même vécu. A partir de son expérience et de ses textes (plus de 250 extraits), mis en perspective dans un même livre, le lecteur trouvera un guide pour découvrir le parcours qui l’a conduit, dans la situation dramatique du monde, à se passionner pour l’homme et inverser « avec une force de géant » une situation politique que l’on croyait irréversible.

« Celui qui suit attentivement ce parcours en retirera au moins trois fruits : l’affermissement de son jugement sur ce qu’il vit et est appelé à vivre, condition indispensable de la liberté intérieure au milieu d’un monde où les aveugles guident les aveugles ; une meilleure perception de ce qu’il peut apporter à notre société et de ce qui mérite qu’on se dépense pour elle, à l’heure où l’on a moins besoin d’action que de déterminer quelles actions servent le bien commun et la justice ; enfin, une plus grande proximité avec le Christ rédempteur, et par voie de conséquence la découverte du chemin de l’espérance, cette espérance qui affranchit du marasme ambiant, qui restaure l’amour du prochain, qui fait désirer Dieu». Fr. Emmanuel Perrier, o.p., Préface.

Présentation du contenu “Personne et société”

En réplique à la question du mal et de la cruauté de l’homme, dont son pays et lui-même faisaient l’expérience, Jean-Paul II met en lumière le désir du bonheur qui habite pourtant chacun de nous, en même temps que l’expérience du péché. C’est en lui même que l’homme est divisé. À partir de là se pose la question de la responsabilité de la personne et de la possibilité d’un acte libre.

La recherche de la vérité sur le bien est nécessaire et la conscience droite découvre une loi inscrite au coeur de l’homme, qui lui permet de se déterminer en fonction du bien et du mal. Le mal vient de ce que l’homme se trompe  en voulant définir par lui même ce qui est bien et ce qui est mal, le plus souvent pour “justifier sa conduite”. Il est alors la cause d’un mal social.

La démarche de Jean-Paul II est de considérer en premier lieu la “dignité de la personne humaine”  puis cette réalité que “l’homme est fait pour vivre en société”. Se pose alors la question critique : comment, dans les relations entre les hommes, ne pas traiter l’autre comme un objet mais toujours comme un sujet capable d’actes libres et donc responsable ? Il s’en suit une critique de l’utilitarisme qui instrumentalise l’autre, que cela soit dans la famille, le monde du travail ou celui de la politique. L’utilitarisme, en réduisant la relation de l’homme à la recherche du plaisir ou de l’utile pour lui même, ne permet pas de fonder une vie en société digne de l’homme. L’amour de bienveillance, c’est à dire la volonté de vouloir le bien de l’autre apparaît comme la seule réponse à l’égoïsme de l’utilitarisme. Cela suppose que la relation entre les hommes soit fondée sur un bien commun objectif. Or, seul le don de soi permet à l’homme de se trouver. Ce don de soi est en même temps  le seul moyen de fonder une relation qui n’instrumentalise pas l’autre. L’Évangile est la bonne nouvelle qui dit la vérité sur l’homme, en annonçant à tous les hommes qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. “Voici l’homme”, l’ “Ecce Hommo”, de Pilate présentant le Christ souffrant à la foule qui demande sa mort, est pour toujours la parole du politique qui cherche la vérité. Pour comprendre l’homme, il faut contempler non “l’homme primate” mais le Christ, le plus beau des enfants des hommes. C’est en ce sens que l’on a pu dire que l’anthropologie de Jean-paul II est christocentrique, ce que le Frère Emmanuel Perrier nomme,  dans la préface du livre, “l’anthropologie du retour au Verbe fait chair”. A l’opposé, les prétentions de créer un homme nouveau dans le passé comme celle du transhumanisme aujourd’hui,  sont toujours totalitaires pour instrumentaliser l’homme. La foi sauve l’humain dans l’homme. Là est tout l’enjeux de la civilisation de l’amour pour sauver l’homme.

C’est dans cette perspective, dit le frère Emmanuel Perrier, o.p. dans la préface,

“qu’apparaît, nous semble-t-il, l’importance du livre de Bruno de Saint Chamas et Florence Simon. Beaucoup a été écrit sur l’enseignement de Jean-Paul II, sur la doctrine sociale de l’Église ou sur l’Évangile de la Vie. Mais très peu d’ouvrages sont allés à la racine unificatrice, c’est-à-dire à ce que nous avons appelé l’anthropologie du retour au Verbe fait chair. Et parmi ceux-ci, encore moins ont réussi à mettre en évidence les grandes articulations de cette anthropologie, pour la raison, en général, qu’ils ne saisissaient pas assez la continuité profonde de la pensée de Jean-Paul II avec les deux mille ans de Tradition qui l’ont précédée. Car sans minorer l’importance des notes propres à la réflexion de Jean-Paul II, notamment sa saveur phénoménologique, sa grande valeur tient à sa capacité à intégrer un long héritage de méditation sur la nature humaine, dans le rapport avec soi-même, avec autrui, avec le reste de la création et avec Dieu.

Mais l’aspect le plus remarquable du présent ouvrage nous paraît résider dans l’effort consenti pour rendre aussi accessible, aussi concrète que possible, l’anthropologie du retour au Verbe fait chair. Le propos n’est pas universitaire ou professoral, avec tout ce que cela implique de lourdeur conceptuelle ou d’abstraction, mais de formation pratique. Tout est fait pour que le lecteur puisse rattacher chaque développement à son expérience personnelle, y trouvant un éclairage qui, tantôt le confirme ou le stimule, tantôt l’aide à rectifier sa manière de voir.”

Bruno de Saint Chamas, Ingénieur, chef d’entreprise, est associé au GRACE (Groupe de Recherche Anthropologie Chrétienne et Entreprise). Président d’Ichtus, il en anime depuis 2010 les formations Anthropologie et Politique à l’école de Jean-Paul II.

Florence Simon, juriste spécialisée en philosophie du droit et en bioéthique, est depuis 2005 en charge des questions de doctrine sociale de l’Église pour la revue Permanences. Elle a été pendant trois ans responsable de l’émission Cité des hommes pour Radio Notre-Dame sur ces sujets.

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