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Faire vivre le corps et l’âme

C’est entendu : sauf exceptions, nous préférons tous être en vie plutôt que mort. C’est entendu également : la vie est sacrée, chaque vie est sacrée. Reste à savoir de quelle vie nous parlons… Dans un court essai consacré à la crise sanitaire, intitulé L’Idolâtrie de la vie, le philosophe Olivier Rey observe que la vie qu’il nous est proposé de sauvegarder, quoi qu’il en coûte, est en quelque sorte « la vie nue », c’est-à-dire l’existence considérée comme exclusivement physiologique, où l’on se contente d’être vivant plutôt que mort. 

Pour préserver cette « vie nue », les autorités de nombreux pays, y compris le nôtre, semblent prêtes à des mesures maximales qui tendent à dépouiller la vie de son épaisseur relationnelle, sociale ou encore spirituelle. Face à cette pente ultra-sanitaire, un autre philosophe, Martin Steffens résume les choses ainsi : « Je ne vis pas pour continuer de vivre indéfiniment, mais pour vivre pleinement l’expérience humaine2. » 

Le risque sanitaire actuel, dont on ne sait combien de temps il va durer, survient au moment où un autre risque occupe le débat public : le risque pour notre sécurité ; et même le spectre de la violence. On parle d’ensauvagement, de territoires en sécession, hors de contrôle de la loi et de la police, tenus par des hommes armés, etc. Ces mots ne sont pas excessifs, ils décrivent une réalité. 

Cependant, qu’il s’agisse du risque sanitaire ou du risque sécuritaire, il faut penser aussi à l’âme des choses : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr l’âme et le corps dans la géhenne. » Il en va de notre corps social, c’est-à-dire de notre patrie, comme de notre propre corps : à quoi bon préserver la France des malheurs physiques qui la menacent si nous ne faisons pas vivre l’âme ? Nous ne voulons pas seulement que la France vive “corporellement”, nous voulons qu’elle vive comme France, dans la continuité de son histoire, de sa personnalité, de son génie propre.

 

Editorial de Guillaume de Prémare

 

SOMMAIRE
Éditorial 1
Le dessin de Kang 6

◆ DOSSIER : CONJURER LA VIOLENCE POLITIQUE ? 7

FIL ROUGE par Guillaume de Prémare : FACE AU SPECTRE DE LA VIOLENCE 8

RENCONTRES
◆ avec Guillaume Bernard : RENOUER AVEC UNE VISION CLASSIQUE DE L’ORDRE SOCIAL 15
◆ avec Joël Hautebert : C’EST BIEN UN COMBAT QUI SE JOUE 23
◆ avec Patrick J. Deneen : L’IDÉOLOGIE ABOUTIT À LA VIOLENCE 31
◆ avec Hervé Bry : NOUS VIVONS UNE RADICALISATION DE L’ÉCONOMIE FINANCIARISÉE 37

◆ DOCTRINE 41
– REPÈRES par Joël Hautebert : LA RÉVOLUTION ET SES MÉTHODES D’ACTION 42
– ANTHROPOLOGIE par Bruno de Saint Chamas : RELATION, RÉCIPROCITÉ ET VIE SOCIALE 46
– CE QUE DIT L’ÉGLISE par Florence Simon : LA NON-VIOLENCE 50
– LE BILLET DE GUSTAVE THIBON : CHOISIR ENTRE L’ISOLEMENT ET L’ESCLAVAGE 54
– LE BILLET DE JEAN OUSSET : LE TÉMOIGNAGE D’UNE VÉRITÉ JUSTIFIÉE 55
– La citation de Jean Ousset 56

◆ CULTURE & SOCIÉTÉ 57
– CHRONIQUE par Jacques Trémolet de Villers UN ROYAUME DE LA TERRE 58
– HISTOIRE par Jean-François Chemain : UNE HISTOIRE DE LA LAÏCITÉ – 2 – QUAND LE POUVOIR TEMPOREL VEUT SOUMETTRE L’ÉGLISE 62
– ÉDUCATION Texte tiré d’une conférence de Marcel Clément : LES AGENTS DE L’ÉDUCATION 66
– MANAGEMENT par Frédérick Oger : LE COURAGE, VERTU POUR TEMPS DE CRISE 70
– CHRONIQUE par Jean-Marie Le Méné : UN PACIFISME DE CONNIVENCE 72
– À SAVOIR Texte sélectionné et présenté par Éric Van Rie : VIOLENCE ET DÉCHRISTIANISATION 74
– LIVRES par Hélène Fruchard et Valérie d’Aubigny 77
– EXPO par Sophie Roubertie 81

 

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