Sélectionner une page

tintin-molenbeek

Molenbeek : naissance d’un néologisme

« Ce que je regrette, ce n’est pas seulement l’échec de la révision constitutionnelle, mais le regard des Français sur nous dans cette période où ils nous demandent de l’unité. » Voici un bel aveu de Manuel Valls, prononcé cette semaine devant les Parlementaires. En effet, les Français portent sur le microcosme politique un regard qui n’est pas flatteur, après quatre mois de tempête hors-sol et dérisoire dans le bocal politico-médiatique.

L’exégèse de cet échec cinglant, qui traduit l’impuissance de l’exécutif, ne doit cependant pas nous occuper ou nous amuser trop longtemps. Les attentats de Bruxelles ont en effet mis à la Une de l’actualité une réalité autrement préoccupante : je veux parler bien sûr de Molenbeek. Depuis 10 jours, on ne dit plus un « quartier difficile », on dit un « Molenbeek » ; et il y en aurait, selon le ministre de la Ville Patrick Kanner, une bonne centaine en France. « Tout cela existe bel et bien », a affirmé Manuel Valls pour appuyer son ministre.

Puisque le néologisme « Molenbeek » semble s’être installé durablement dans le paysage sémantique, autant essayer de le définir. Je propose la définition suivante : « Molenbeek, nom masculin utilisé couramment, en référence à la commune Bruxelloise éponyme, pour désigner un quartier qui échappe à la loi commune pour être régi par la loi de l’islam radical. » Un Molenbeek est davantage qu’un terreau social qui fait pousser des terroristes, c’est un territoire d’islam radical où ils évoluent comme des poissons dans l’eau.

Maintenant, qu’est-ce que l’islam radical ? Avant d’être une ou plusieurs organisations terroristes, c’est une culture politico-religieuse qui se répand dans l’islam en s’appuyant sur ce que Kamel Daoud nomme la « Fatwa Valley », expression qui désigne les terres de naissance et de développement du wahhabisme. Depuis la « Fatwa Valley », explique Kamel Daoud, se diffuse une industrie éditoriale islamiste qui contamine progressivement le monde musulman, y compris dans nos pays européens. Et la puissance de cette industrie s’appuie sur des crédits quasi-illimités de Pétrodollars.

Plutôt que de batailler autour de la Constitution, que conviendrait-il de faire face à cette menace ?

Premièrement, il faut essayer de couper les vivres de la « Fatwa Valley », car l’argent est le nerf de la guerre. Le problème est que l’Arabie saoudite et le Qatar sont nos alliés géostratégiques sur fond d’intérêts économiques. Il faudrait donc envisager des renversements d’alliances géopolitiques coûteux. Deuxièmement, il conviendrait de réfléchir à la manière de démanteler les « Molenbeek » : cela implique une volonté politique inflexible et la mise en œuvre d’un certain nombre de méthodes qu’il appartient aux personnes compétentes d’évaluer.

Guillaume de Prémare

Chronique Radio Espérance du 1er avril 2016
Share This