LA POLITIQUE N’EST PAS UN TAUX DE CROISSANCE

MATHIEU DETCHESSAHAR

 

Docteur en gestion, agrégé des Universités et professeur à l’Institut d’Economie et de Management de l’Université de Nantes, Mathieu Detchessahar est membre du conseil scientifique de l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT), du cabinet d’étude et de conseil Entreprise et Personnel (EP) et de l’Observatoire de la Qualité de vie au travail du groupe EDF. Il est également membre fondateur du Groupe de Recherche Anthropologie Chrétienne et Entreprise (GRACE). Auteur de nombreux articles scientifiques, il a publié fin 2015 Le marché n’a pas de morale – ou l’impossible société marchande aux Editions du Cerf. Pour acheter son livre :

La conférence en 8 points

 

1° Il est urgent, aujourd’hui, de refaire le politique. Nous sommes en état de dislocation du lien social, de dys-société.
2° Pour refaire du commun, il faut d’abord se mettre d’accord sur le constat de la déconstruction de notre société. 
3° Le modèle de la société de marché combine libéralisme moral et libéralisme économique car le libéralisme philosophique nourrit le libéralisme économique.
4° La société de marché place le lien marchand et non la conscience collective en référence commune, c’est le lien économique et non plus social ou culturel qui crée la relation.
5° Les relations entre les membres d’une même société ont pour origine le projet personnel et non plus une vision commune. La conséquence culturelle essentielle est que la relation à l’autre devient un moyen. L’autre devient le moyen d’assouvir mes désirs. 
6° L’économie est devenue la réponse à tous nos maux. Des problèmes comme l’immigration ou la transmission culturelle deviennent alors simples quand on pense “économie” : dans le modèle de la société de marché, l’homme est hors-sol, donc déplaçable selon ses/les besoins économiques. Il n’est plus besoin de transmettre car la seule valeur du monde économique est la liberté individuelle, infinie.
7° Pour ” faire société”, seul le droit économique compte. Le monde du marché exige ainsi la dépénalisation de tout le reste. Comme c’est l’économie qui dit le bien, ce qui est bon pour l’économie est censé l’être pour la société, elle nous fait donc passer d’une société de la recherche du bien commun à une société du compromis économique.
8° Le profit qui devait être le moyen de livrer un produit bon, est devenu une fin en soi. Si le profit devient la finalité, alors tout est permis aux dépends des valeurs et de l’humain. Comme, seul le profit est juge, il justifie l’inacceptable. Exemple du marché de l’adultère.
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