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Evoquons tout d’abord vos deux ouvrages sur l’euthanasie. Vous avez publié le premier – La vie jusqu’au bout, euthanasie et autres dérives– en 1992 et le second – Les dangers de l’euthanasie – en 2002. Pourquoi cette question vous préoccupe-t-elle ?

Lucien Israël : J’ai été longtemps médecin des maladies graves. Pendant des années, même des décennies, j’ai entendu les patients me dire avec confiance « docteur, je sais que je suis en danger, je remets ma vie entre vos mains, faites pour le mieux ». Je constatais alors que, lorsque l’on fait pour le mieux, les patients même si vous n’avez pas pu les guérir ne demandent pas l’euthanasie. Ils percevaient qu’ils existaient pour toute l’équipe médicale ; que nous nous battions pour leur donner toutes leurs chances et ne demandaient pas qu’on mette fin à leurs jours. En quarante ans de cancérologie, je ne me suis trouvé qu’une seule fois confronté à une demande d’euthanasie. Je sais donc d’expérience que si l’équipe médicale s’occupe du malade avec respect et détermination, la question de l’euthanasie ne se pose pas.

Aviez-vous cette position contre l’euthanasie dès le début de votre carrière ou est-elle le résultat de votre réflexion et de votre expérience ?

L. I. : Ecoutez, je n’ai jamais eu aucune hésitation. Je ne suis même pas sûr de m’être posé la question. En tout cas, je ne m’en souviens pas. J’ai commencé à y réfléchir quand on m’a demandé d’écrire un ouvrage sur le sujet. Auparavant, j’étais tout simplement occupé à défendre les existences qui m’étaient confiées et je n’avais pas été placé devant cette demande. En tout cas, pas par les patients ; cela m’est arrivé de la part des familles. Et c’est un point que je ne cesse de souligner – car il est important dans le débat qui se déroule actuellement -, l’euthanasie est une question qui préoccupe, en réalité, bien plus les bien-portants que les malades. Les familles des malades en fin de vie finissent par ne plus supporter l’inquiétude d’une part, le fait d’être ramené à l’idée de leur propre disparition d’autre part. C’est, dans l’immense majorité des cas, inconscient – elles ne s’en rendent pas compte – mais j’ai pu l’observer à de nombreuses reprises. Déprimées et anxieuses, elles souhaitent qu’un terme soit mis à cette douloureuse situation.

Du côté des malades, ce n’était pas la même chose. Nous les avons accompagnés du mieux que nous pouvions. Tous mes élèves et toutes mes infirmières se sont dévoués à cette tâche sans aucune restriction et nous avons reçu des lettres postées in extremis de la part de patients qui nous remerciaient de notre attention. Ils avaient observé que nous leur avions donné toutes leurs chances et qu’il n’y avait eu aucune négligence. En d’autres termes, ils avaient compris que nous attachions un prix infini à leur existence. J’ai mesuré tout cela un jour – je le vivais mais je n’y avais pas réfléchi pendant les premières années -, et c’est devenu pour moi évident.

Par ailleurs, j’ai appris de mathématiciens que le prix de la vie est infini parce qu’il y a 10 puissance 80 circuits potentiels dans le système nerveux d’un être humain – le nombre de particules dans l’univers. Par conséquent, si même le soleil explosait dans 5 milliards d’années, il n’y aurait pas eu deux humains identiques. Chaque homme est, ici-bas, une exception à part entière. Il faut donc le traiter comme tel. Bien entendu, il y a l’inévitable question de la signification spirituelle. Je ne suis pas personnellement sûr de l’existence d’un au-delà mais je dois dire que je le crois bien plus vraisemblable aujourd’hui qu’au début de ma carrière.

Entre vos deux livres, il se passe dix ans. Avez-vous remarqué une évolution de l’opinion publique, du corps médical, de la presse et des politiques sur le sujet de l’euthanasie ?

L. I. : Oui. Lorsque l’on m’a demandé d’écrire La vie jusqu’au bout il n’y avait qu’un petit nombre d’individus qui souhaitaient la légalisation de l’euthanasie. Depuis, ce nombre n’a cessé d’augmenter. La demande provient de certains politiques, d’associations comme celle du « droit de mourir dans la dignité »[[L’ADMD dont le président d’honneur est le sénateur Henri Caillavet (ndlr). Voire l’article p.14 .]] et de personnalités – dont je dois avouer que je les trouvais initialement intéressantes – comme François de Closets[[Membre de l’ADMD et auteur de la dernière liberté, Fayard, 2001 (ndlr). Voire l’article p.10.]]. Je sais par ailleurs que l’euthanasie a été pratiquée par mes collègues dans un certain nombre d’hôpitaux de Paris et probablement en province. D’autre part, pendant ces dix ans, l’euthanasie a été légalisée aux Pays-Bas. Entre parenthèses, cela explique, et cela est admis aux Pays-Bas, le fait qu’un certain nombre de couples hollandais âgés viennent s’établir en France. Il y a de plus en plus – et ce n’est pas le seul symptôme de ce je crois être une décadence – de demandes chez les bien-portants d’une légalisation de l’euthanasie.

Venons en à l’actualité et à la relance du débat sur l’euthanasie avec la mort de Vincent Humbert. Une nouvelle fois, certains proposent de légiférer sur l’exception…

L.I. : Je voudrais d’abord rappeler que le terme même d’exception est ambigu et ne peut pas être défini. Si on autorisait ne serait-ce qu’une euthanasie d’exception, comme l’a proposé le Comité d’éthique, il y a un an ou deux, il serait très facile de qualifier d’exceptions toutes sortes de cas.

Par ailleurs, des publications récentes de laboratoires scientifiques français et américains font état de pistes de recherche très importantes. A savoir que chacun d’entre-nous fabrique, dans sa moelle osseuse, des cellules souches qui ont des anti-gènes neuronaux – cela n’a rien à voir avec les cellules souches embryonnaires, ce sont des cellules souches dont chacun est porteur. Si on les prélevait et qu’on les injectait là où il y a un déficit ou une blessure, les circuits pourraient se reconstituer. Autrement dit, il est hautement possible que dans les années à venir on ait eu de quoi guérir Vincent Humbert. On l’a exécuté alors que si on avait attendu, on aurait peut-être été en situation de le guérir. Je ne l’affirme pas avec certitude mais c’est vraisemblable…

Notre durée de vie est limitée. Il y a une longévité maximale dont on connaît les raisons biologiques. Je passe sur les détails, mais elle se situe autour de 120 ans. Or, la médecine est en train de rapprocher progressivement la longévité moyenne de la longévité maximale. Le savoir biologique double tous les quatre ans. C’est une exponentielle incroyable ! La médecine se développe à une vitesse extraordinaire et c’est une raison supplémentaire, en dehors de toutes les raisons de fond, spirituelles ou autres, de s’accrocher aux vies. On attend des bouleversements dans toute la thérapeutique.

Laisser se développer des mouvements en faveur de l’euthanasie est contraire à l’idée même de médecine. Les hommes ont inventé cette activité pour survivre, guérir ou améliorer les problèmes de santé. Si la médecine acceptait la légalisation de l’euthanasie, elle changerait radicalement son image. Ce serait un vrai drame. Quel serait le lien entre le médecin et son patient ? Je me souviens de cette patiente très handicapée conduite dans mon service en brancard et qui a accroché par sa blouse une infirmière qui passait pour lui demander : « vous êtes sûre qu’on ne pratique pas l’eu-thanasie ici ? ». Il suffit de témoigner à un être humain que l’on sait ce qu’il est et ce qu’il représente pour qu’il n’ai pas envie de disparaître.

Vous expliquez dans votre dernier livre que le malade redoute moins la douleur que l’abandon…

L.I. : Absolument ! Il redouterait la souffrance si on ne faisait rien. Mais, et je le répète dans toutes mes interventions, nous pouvons venir à bout de toute douleur. L’argument de la douleur pour défendre l’euthanasie est un faux argument.

La deuxième raison invoqué par les partisans de l’euthanasie, c’est la dignité de l’homme. Cette affirmation m’est absolument insupportable parce que la dignité d’un être humain ne réside pas dans le fonctionnement de ses organes. Si on lui donne le sentiment de ne pas être abandonné et d’être reconnu en tant qu’homme, il conserve toute sa dignité. Rappelons en outre que s’il y a des patients qui demandent parfois l’euthanasie, ce n’est pas seulement en raison de symptômes physiques non maîtrisés mais du fait de l’anxiété dans laquelle on les laisse. Or, même celle-ci peut être médicalement contrôlée. Cela fait partie du traitement qui peut être donné dans des circonstances difficiles.

En réalité, l’euthanasie est une question de civilisation. Il y a des quantités de médecins qui ne sont pas informés de leur mission et des quantités de bien-portants qui pensent qu’on peut mettre fin à des vies. Cela ne leur pose pas de problème – comme disait Freud, « l’inconscient se croit toujours immortel » – jusqu’au jour où ils seront eux-mêmes confrontés à la situation…

Si les enfants apprennent un jour que la société accepte qu’il soit possible de mettre fin à la vie de leur grands-parents, la rupture du lien symbolique entre les générations sera dramatique. En luttant contre l’euthanasie, nous ne luttons pas seulement pour la survie de personnes en fin de vie mais nous livrons un combat pour la survie d’une culture et d’une civilisation.

Evoquer l’euthanasie au nom de la dignité et de la douleur de l’homme est donc un contresens. L’homme est davantage qu’un amas de cellules. Une loi légalisant l’euthanasie serait-elle la marque d’une société en mal d’espérance ?

L. I. : Sans aucun doute. Ce serait la marque d’une déculturation, d’un individualisme extrêmement dangereux, d’une méconnaissance du prix d’une vie humaine, de l’histoire individuelle et collective. Ce serait la méconnaissance de valeurs sans lesquelles une culture ne peut pas se maintenir. Cette demande d’euthanasie va de pair avec le déficit progressif dans l’éducation. Celle-ci dépend à la fois de la langue, c’est-à-dire de l’étendue du registre lexical et de la finesse sémantique ; elle dépend aussi des modèles que l’on offre, des manières d’être, des valeurs, du sentiment d’appartenance… Tout ceci est en déficit constamment accru. Nous sommes en train de fabriquer des autistes. Un autiste est un être qui ne soupçonne pas l’existence d’une subjectivité chez autrui. Par conséquent, il peut être violent, il n’aura aucune culpabilité intérieure. Or on est en train de fabriquer, aujourd’hui, des enfants et des adolescents sur ce modèle. Il faut s’attendre, s’il n’y a pas un combat pour l’ensemble des valeurs, à une demande toujours plus forte d’euthanasie.

Comment distingue-t-on euthanasie passive et euthanasie active ?

L. I. : Partons de deux exemples. Dans les centres de réanimation, il arrive que des personnes dans un coma profond depuis des années se réveillent sans que la médecine sache pourquoi. En auraient-elles la possibilité en cas de légalisation de l’euthanasie ? Dans les mêmes centres, il y a aussi des personnes qui sont non seulement cliniquement mais aussi physiologiquement morts : le cœur ne bat que grâce à une appareil d’assistance, les poumons ne respirent que par un respirateur artificiel, l’électro-encépha-logramme est plat. Ce sont des fausses vies et il est absurde de reprocher à un médecin d’arrêter ces appareils qui n’entretiennent qu’une survie artificielle. Cette euthanasie passive, puisque c’est ainsi qu’on l’appelle, n’a en réalité rien à voir avec une euthanasie. Débrancher les appareils d’assistance, ce n’est qu’admettre qu’il n’y a plus de vie.

A l’heure où le débat de l’euthanasie est relancé, il est donc dangereux d’employer ce terme ?

L. I. : Absolument. Ce n’est pas une euthanasie puisque ces personnes sont déjà mortes. Il faut être précis dans notre vocabulaire car la sémantique n’est jamais neutre. A cet égard, je voudrais en profiter pour faire une autre distinction qui me paraît fondamentale. Il ne faut pas confondre l’acharnement thérapeutique et l’obstination thérapeutique qui sont deux choses totalement différentes.

L’acharnement thérapeutique consiste à poursuivre une thérapeutique inutile. Et, tous les cancérologues de ma génération se sont rendus « coupables » d’acharnement : nous avions des chimiothérapies en petit nombre et en dépit, d’abord des effets secondaires qu’elles produisaient, ensuite de la progression de la maladie, nous n’osions pas les arrêter. Nous avions un espoir qui n’était pas fondé. Nous savons depuis que c’est un acharnement thérapeutique, c’est-à-dire qu’on poursuit sans aucun espoir et contre toute attente un traitement qui est mal supporté.

L’obstination thérapeutique n’a rien à voir avec l’acharnement. Elle demande que, de nouveaux traitements apparaissant maintenant sans arrêt, on sache donner ses chances à une médication qui n’est peut-être pas encore complètement validée selon les critères des bio-statisticiens mais qui va peut-être se révéler efficace. D’autre part, essayer de stabiliser une maladie qu’on ne sait pas faire régresser, voire même de ralentir son développement, c’est aujourd’hui courir la chance d’avoir un nouveau médicament qui pourra transformer la situation.

L’opposition à l’acharnement thérapeutique est souvent considérée comme un soutien à la légalisation de l’euthanasie. Au-delà de la manipulation des sondages, ne pensez-vous pas que la question des malades en fin de vie demeure méconnue ?

L. I. : Sans aucun doute. Ce n’est pas pour rien que la demande d’euthanasie vient des bien-portants. Le problème de la fin de vie mériterait d’être enseigné en ayant recours à des exemples comme ceux des soins palliatifs. Dans l’immense majorité des cas, les patients qui sont traités dans les centres de soins palliatifs ne demandent pas qu’on les euthanasie. Je n’exclue pas que certaines familles le fassent, mais les patients non, parce qu’on les traite jusqu’au bout comme des personnes humaines à part entière : on les soulage, on leur témoigne respect et compassion, on prend toutes les dispositions afin qu’ils puissent mener leur réflexion spirituelle…

Il faudrait enseigner dans les écoles cette attitude vis-à-vis de la vie humaine afin que les enfants comprennent, dès leur plus jeune âge, que tout doit être fait en faveur de la vie jusqu’à son terme plutôt que de décider d’en finir. C’est une pathologie de certains bien-portants que de souhaiter l’euthanasie active.

A ce sujet, vous expliquez que la déchéance est en réalité dans le regard des bien-portants. N’est-ce pas la caractéristique d’une société marquée par le jeunisme, la compétition, la beauté à tout prix ?

L. I. : C’est aussi cela ; sans aucun doute. Les modèles proposés par la télévision et plus largement par les médias, sont effectivement des modèles de jeunesse, de beauté… L’image donnée des personnes âgées est négative. On en a assez entendu parler à propos de la canicule. Il y a un problème de solidarité et de reconnaissance. Elle fléchit dans la conscience des jeunes, mais aussi dans la conscience d’un certain nombre de donneurs de leçons !

Si, dans la tête des jeunes, il se glissait l’idée que l’on peut mettre fin à une vie humaine, ce serait extraordinairement dangereux pour toutes les générations qui viennent. Je pense qu’il faudrait des entretiens dans ce domaine dans le cadre de la formation des maîtres. Il est nécessaire également de trouver le moyen d’aborder ce problème avec les jeunes enfants afin qu’ils comprennent que chaque vie humaine est unique et que la civilisation a grandi en la défendant. Ce n’est pas seulement à l’Assemblée nationale ou au Comité d’éthique d’en discuter, c’est à chacun d’entre nous d’en prendre conscience.

Il faut vraiment que la défense de la vie humaine devienne une valeur de notre culture enseignée partout. Autrefois, il n’était pas besoin de l’enseigner parce que c’était admis universellement. Les modèles étaient donnés dès le départ dans l’éducation par une sorte de réflexe. C’était culturel. Aujourd’hui, il faut s’en occuper activement.

Certains proposent que le respect de la vie soit inscrit dans le préambule de notre constitution. Vous y seriez favorable ?

L. I. : Ah oui, absolument, j’y serais tout à fait favorable. Le respect de la vie, mais aussi le devoir de poursuivre jusqu’au bout les tentatives pour la conserver ! De toutes les façons, les gens qui défilent en demandant l’euthanasie, ne pensent pas qu’un jour cela pourrait se retourner contre eux. Ils changeront d’autant plus facilement d’avis qu’ils verront les progrès de la médecine. De véritables révolutions sont en cours dans la recherche. Est-ce qu’on se battra jusqu’au bout pour chaque être ou décidera-t-on que cela coûte trop cher ?

Plus qu’une question médicale, c’est une question de civilisation. Le prix de la vie humaine est décisif mais ce n’est pas la seule valeur en « déconfiture » : les valeurs en général ne sont plus enseignées, la conduite vis-à-vis d’autrui mais aussi vis-à-vis de soi-même ! Cela témoigne d’une grande crise de civilisation. Le fait qu’une légalisation de l’euthanasie pourrait en plus être confiée à des médecins et que chaque médecin pourrait se trouver en situation d’exécuteur, c’est une négation de la culture par elle-même. Il n’est pas possible d’envisager des sociétés portant ce poids.

A propos de culture, une société incapable d’accueillir la vie de son commencement à son terme n’est-elle pas victime de cette culture de mort dont parle Jean-Paul II ?

L. I. : Absolument ! C’est tout à fait ma conviction. Elle en est victime mais, et c’est ce qu’il y a de plus terrifiant, elle ne le sait pas. Alors elle propage ces idées sans se douter que cela se retournera contre sa descendance. En effet, le terme est parfait…. une culture de mort !

Ne sommes-nous pas en face d’un totalitarisme sournois où tout se fait au nom du bonheur et du bien de l’homme un peu comme dans Le meilleur des mondes de Huxley ?

L.I. : C’est sûr. Je me suis persuadé progressivement que l’interrogation métaphysique est absolument indispensable à la survie de l’humanité. Ce matérialisme pur et dur conduit à la disparition de notre société.

Vous avez évoqué la formation des maîtres. Abordons maintenant celle des infirmières et des médecins. Sont-ils assez sensibilisés à la question de la mort ?

L. I. : Il n’y a pas de formation philosophique. Personnellement, j’ai eu la chance d’avoir des maîtres qui ne faisaient aucun discours mais il suffisait de les voir faire pour comprendre ce qu’était la médecine et le devoir du médecin. Je pense que cette formation mériterait de faire partie des programmes. Ce serait probablement une petite révolution parce que ce n’a jamais été le cas. Mais aujourd’hui, c’est devenu nécessaire. J’ai plaidé en outre pour quelque chose de, je dirais, plus révolutionnaire. L’entrée en faculté de médecine dépend entre autres des aptitudes mathématiques. Je pense qu’on devrait remplacer cela par des examens psychologiques qui permettraient de déceler les personnalités adaptées à se mettre au service d’autrui et celles qui ne le sont pas, même si elles ont un quotient intellectuel élevé. Il faut instruire les infirmières et les médecins. Ils faut qu’ils soient conscients de leurs devoirs vis-à-vis de l’humanité.