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Face à la pandémie, les collectivités locales apparaissent comme le pouvoir public le plus adapté pour soutenir les Francais. Plus proches des réalités du terrain, les élus locaux sont en effet en première ligne depuis le début de la crise pour assurer le fonctionnement des services publics essentiels et apporter soutien et solidarité aux populations les plus touchées.

La solidarité au quotidien

Les maires et leurs équipes sont les plus à même d’innover et de répondre aux besoins de leurs administrés, et ce d’autant plus dans les milieux ruraux où certains villages n’ont ni commerce, ni pharmacie. Ces situations peuvent parfois générer de vraies angoisses pour les habitants les plus fragiles : les personnes âgées, malades ou isolées, sans moyen de locomotion. Face à cela, les équipes municipales mettent en place divers systèmes pour transmettre l’information locale et établir des réseaux de solidarité. « On a pu sentir que les habitants étaient heureux de se sentir soutenus, de voir que le maire était là », confie un adjoint au maire d’une commune de l’Ouest. 

Les maires sont le socle d’un lien social qui se déploie localement, leurs décisions sont suivies d’initiatives de particuliers: « Pour pallier au manque de matériel dans les hopitaux et les maisons de retraite, c’est la solidarité locale qui a joué. Dès le début, il n’ y avait pas de masque, pas de gel, nous avons sollicité les entreprises et fait un appel au don: ce sont les entreprises locales et les habitants qui ont donné aux maisons de retraite de la commune. La solidarité est locale: on donne à ses voisins ou à ses aînés ». Et ce, en faisant parfois preuve d’inventivité: « Nous avons réalisé des surblouses à partir de sacs poubelles ».

Idem à Montfermeil : « Devant le manque constant de surblouses pour les infirmières, nous avons lancé avec les ateliers de confection de nos villes la fabrication de plusieurs milliers de blouses en tissu et avons installé dans un gymnase une laverie industrielle qui nous permet de laver 800 à plus de 1000 blouses tous les jours » a récemment confié Xavier Lemoine à l’Incorrect.

Pallier les défaillances de l’État

Une coopération locale qui vient en réalité pallier les insuffisances de l’État. « Ce sont les régions, les départements et les mairies qui ont pris le leadership » assure un élu. L’État, visiblement, n’est pas en capacité de faire face à la crise. Les communes, recevant les consignes à la dernière minute, n’attendent plus rien de l’Etat: « Nous n’avons pas attendu que les agences régionales de santé nous donnent des instructions pour avancer, sinon on n’aurait rien pu faire. Les procédures envoyées sont très officielles, très lourdes, donc inadaptées », poursuit-il.

En effet, l’État n’ a pas été capable de fournir des masques aux Francais, et ce, y compris à l’approche du déconfinement. Il a dû réadapter son discours en soutenant qu’il aiderait les collectivités locales à les fournir. 17 maires d’Ile-de-France ont d’ailleurs décidé de se réunir dans une coordination “Bouclier Anti Covid” pour proposer au gouvernement des mesures adpatées. Forts de leur expériences du terrain, ils souhaitent partager au gouvernement leurs initiatives et comptent lui présenter d’ici le début du mois de juin, un livre blanc sur les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour se prémunir contre le retour éventuel de l’épidémie.

Les bienfaits d’une action subsidiaire

Ce rôle primordial de l’échelon communal n’est pas seulement lié à la crise. Il manifeste davantage les limites d’un État centralisé. Cela incite à agir au niveau de décision qui est le plus proche des citoyens, en respectant le principe de subsidiarité : « C’est d’autant plus manifeste pour le déconfinement: on ne peut pas appliquer les même règles partout, ca n’a aucun sens, il faut s’adapter aux situations qui sont différentes dans chaque région en France. Que ce soit pour la réouverture des écoles comme des plages ou d’autres lieux publics, chaque maire doit adapter ses mesures à la situation de sa commune », explique un élu.

Le président de la République évoque néanmoins le binôme maire-préfet pour élaborer les mesures locales à mettre en place. « En réalité, les préfets donnent les consignes, et les maires s’adaptent comme ils peuvent sur le terrain  », déplore-t-il. Les maires se sentent seuls à gérer les situations d’urgence et en première ligne face aux problèmes qui se posent aux populations, ajoute-t-il avant de déplorer l’inadaptation des mesures étatiques : « Il s’agit en fin de compte de mesure très parisiennes ». Le maire est d’ores et déjà l’élu préféré des Francais. Désormais, il semblerait  qu’un nombre croissant d’élus locaux plaide pour un retour à une France des territoires.

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