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Jean Ousset 1Il est « interdit d’interdire » dit-on depuis mai 68, si bien que toute autorité jusqu’à celle de l’Etat est soumise au doute permanent de la légitimité réduite au consentement des subordonnés à l’ordre donné.

Le pouvoir de contraindre est une prérogative du gouvernant dont l’exercice devrait protéger le plus faible et le plus fragile. Lourde responsabilité de l’Etat quand il concède par le droit à l’avortement, le droit de vie ou de mort sur les plus fragiles !

(Source : Jean Ousset – L’autorité des chefs et la vraie force des Etats, in Verbe n° 109, février 1960, p. 19, 31 et 34)

Lettre de Saint Paul aux Romains ; XIII ; 4 : «Car elle est au service de Dieu pour t’inciter au bien »

04 Car elle est au service de Dieu pour t’inciter au bien ; mais si tu fais le mal, alors, vis dans la crainte. En effet, ce n’est pas pour rien que l’autorité détient le glaive. Car elle est au service de Dieu : en faisant justice, elle montre la colère de Dieu envers celui qui fait le mal.

« Le prince est ministre de Dieu pour ton bien » Saint Paul, Rom., 13-4. (…)

(Si l’Etat) stimule au départ, s’il contrôle, aide et prescrit, il évite de faire par lui-même ce que des particuliers ou des collectivités locales pourraient entreprendre d’elles-mêmes. Il y a même, dans ce vrai rôle de l’Etat, une éducation des citoyens qui ne doivent pas se considérer comme des mendiants, des esclaves ou des assistés, mais apprendre à « se débrouiller tout seuls » sans qu’une administration fasse tout à leur place.

Que les citoyens compétents soient consultés, dans l’élaboration des lois et de l’ordre social que l’on met sur pied ou qu’on fortifie, rien de plus normal ; les dirigeants, si intelligents ou habiles soient-ils, ne sont pas doués d’universalité. Prendre conseil fut toujours une marque de sagesse et ne peut compromettre la véritable autorité. Mais une fois la décision prise, les citoyens doivent obéir à leurs chefs légitimes.

A ces derniers s’applique le mot de saint Paul : « Ce n’est pas en vain que (le prince) porte le glaive. Il est ministre de Dieu pour tirer vengeance de celui qui fait le mal et le punir »[2].

Evangile selon Saint Jean ; XVIII ; 38-40 : « Pilate sortit vers les juifs »

38 Pilate lui dit : « Qu’est-ce que la vérité ? » Ayant dit cela, il sortit de nouveau à la rencontre des Juifs, et il leur déclara : « Moi, je ne trouve en lui aucun motif de condamnation.

39 Mais, chez vous, c’est la coutume que je vous relâche quelqu’un pour la Pâque : voulez-vous donc que je vous relâche le roi des Juifs ? »

40 Alors ils répliquèrent en criant : « Pas lui ! Mais Barabbas ! » Or ce Barabbas était un bandit.

(…) Rien n’est plus fatal à la paix et à la stabilité d’une nation que la faiblesse d’un Etat qui atermoie et la pusillanimité de ses chefs. Elle entraîne toujours la désagrégation et l’anarchie et, avec elles, la prise de pouvoir, violente, par des clans et des partis totalitaires. L’Evangile nous en donne une sévère leçon à propos de Pilate, « Exivit ad Judeos ». « Il sortit vers les Juifs »…, plus soucieux de l’opinion et des clans politiques que de la justice. On sait à quel crime l’entraîna sa faiblesse, son manque d’autorité véritable. Le criminel Barrabas fut libéré, l’Innocent, le Juste par excellence fut crucifié.

Que répondra au jour du Jugement, devant les Nations, le chef timoré qui n’aura pas voulu utiliser la force pour défendre les innocents ? « Ce que vous faites au plus petit d’entre les miens… » Ces « petits », ces innocents, ce peuple de citoyens paisibles qui souhaitent de voir leur nation devenir prospère et respectée et qui aspirent à une plus grande civilisation, les dirigeants doivent les protéger et ne pas hésiter à punir les agitateurs, les révolutionnaires, tous ceux qui troublent indûment l’ordre public, et spécialement ceux qui les inspirent. De cette fonction qui est la leur propre, ils répondront devant le Roi des rois.

[2]Rom., 13 – 4.

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