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1. Egale dignité de tous les êtres humains

Le Christ est mort pour tous les hommes sans exception. “Il n’y a, il n’y a eu et il n’y aura aucun homme pour qui le Christ n’ait pas souffert”.

Catéchisme de l’Eglise catholique, n°605.

“Tous les hommes doués d’une âme raisonnable et créés à l’image de Dieu, ont même nature et même origine ; tous rachetés par le Christ, jouissent d’une même vocation et d’une même destinée divine : on doit donc, et toujours davantage, reconnaître leur égalité fondamentale. Assurément tous les hommes ne sont pas égaux quant à leur capacité physique qui est variée, ni quant à leurs forces intellectuelles et morales qui sont diverses. Mais toute forme de discrimination touchant les droits fondamentaux de la personne, qu’elle soit sociale ou culturelle, qu’elle soit fondée sur le sexe, la race, la couleur de la peau, la condition sociale, la langue ou la religion, doit être dépassée et éliminée, comme contraire au dessein de Dieu”.

Concile Vatican II,“Gaudium et Spes”, 1965, n°29-2.

De la conception…

“L’être humain doit être respecté et traité comme une personne dès sa conception, et donc dès ce moment on doit lui reconnaître les droits de la personne, parmi lesquels en premier lieu le droit inviolable de tout être humain innocent à la vie”.

Jean-Paul II,“Evangelium Vitae”, 1995, n°60.

… à la mort naturelle

“En conformité avec le Magistère de mes prédécesseurs et en communion avec les évêques de l’Eglise catholique, je confirme que l’euthanasie est une grave violation de la loi de Dieu, en tant que meurtre délibéré moralement inacceptable d’une personne humaine”.

Ibid, 65.

2. L’option préférentielle pour les pauvres

“Jésus partage la vie des pauvres, de la crèche à la Croix ; Il connaît la faim, la soif et le dénuement. Plus encore, Il s’identifie aux pauvres de toutes sortes et fait de l’amour actif envers eux la condition de l’entrée dans son Royaume”.

Catéchisme de l’Eglise catholique, n°544.

“L’option de l’amour préférentiel pour les pauvres (…) dont témoigne toute la tradition de l’Eglise (…) concerne la vie de chaque chrétien, en tant qu’il imite la vie du Christ, mais elle s’applique également à nos responsabilités sociales”.

Ibid, n°42.

Il suffit de regarder la réalité d’une multitude incalculable d’hommes et de femmes, d’enfants, d’adultes et de vieillards, en un mot de personnes humaines concrètes et uniques, qui souffrent sous le poids intolérable de la misère. Ils sont des millions à être privés d’espoir du fait que, dans de nombreuses parties de la terre, leur situation s’est sensiblement aggravée. Face à ces drames d’indigence totale et de nécessité que connaissent tant de nos frères et sœurs, c’est le même Seigneur Jésus qui vient nous interpeler”.

Jean-Paul II,“Sollicitudo rei socialis”, 1987, n°13.

“L’Eglise a toujours été fidèle à sa mission d’annoncer la parole du Christ, unie au geste concret de solidaire miséricorde à l’égard des plus humbles, des derniers”.

Paul VI,homélie du 29 janvier 1978.

“Tout être meurtri dans son corps ou dans son esprit, toute personne privée de ses droits les plus élémentaires, est une image vivante du Christ. “Dans les pauvres et les souffrants, l’Eglise reconnaît l’image de son fondateur pauvre et souffrant” (Constitution “Lumen gentium”).”

Jean-Paul II,“Aux blessés de la vie”, Tours, 21 septembre 1996.

D’abord la justice

“Cette situation était acceptée sans aucune difficulté par ceux qui, largement pourvus des biens de ce monde, ne voyaient là qu’un effet nécessaire des lois économiques et abandonnaient à la charité tout le soin de soulager les malheureux, comme si la charité devait couvrir ces violations de la justice que le législateur tolérait et parfois même sanctionnait”.

Pie XI,“Quadragesimo anno”, 1931, n°4.

“Certes, l’exercice de la charité ne peut être considéré comme tenant lieu des devoirs de justice qu’on se refuserait à accomplir”.

Ibid, n°148.

“Ce bien commun au service duquel est l’autorité de l’Etat, ne trouve sa pleine réalisation que lorsque tous les citoyens sont assurés de leurs droits”.

Jean-Paul II,“Redemptoris hominis”, 1978, n°17.

“La paix ne se réduit pas à une absence de guerre, fruit de l’équilibre précaire des forces. Elle se construit, jour après jour, dans la poursuite d’un ordre voulu par Dieu, qui comporte une justice plus parfaite entre les hommes”.

Paul VI,“Populorum progressio”, 1967, n°76.

Au-delà de la justice, la charité

Nul assurément n’est tenu de soulager le prochain en prenant sur son nécessaire ou sur celui de sa famille, ni même de rien retrancher de ce que les convenances ou la bienséance imposent à sa personne (…). Mais dès qu’on a accordé ce qu’il faut à la nécessité, à la bienséance, c’est un devoir de verser le superflu dans le sein des pauvres (…). C’est un devoir non pas de stricte justice, sauf les cas d’extrême nécessité, mais de charité chrétienne, un devoir par conséquent dont on ne peut poursuivre l’accomplissement par l’action de la loi. Mais au-dessus des jugements de l’homme et de ses lois, il y a la loi et le jugement de Jésus-Christ”.

Léon XIII, “Rerum novarum”, 1891, n°13.

“Le “commandement nouveau”, la charité chrétienne, contient une puissance divine de régénération ; si on l’observe fidèlement, elle fera naître dans les âmes une paix intérieure que le monde ne connaît pas ; elle apportera un remède efficace aux maux qui tourmentent l’humanité”.

Pie XI,“Divini redemptoris”, 1937.

Dans la solidarité

Le combat contre la misère, urgent et nécessaire, est insuffisant. Il s’agit de construire un monde où tout homme, sans exception de race, de religion, de nationalité, puisse vivre une vie pleinement humaine, affranchie des servitudes qui lui viennent des hommes et d’une nature insuffisamment maîtrisée ; un monde où la liberté ne soit pas un vain mot et où le pauvre Lazare puisse s’asseoir à la même table que le riche. Cela demande à ce dernier beaucoup de générosité, de nombreux sacrifices et un effort sans relâche”.

Paul VI,“Populorum progressio”, 1967, n°47.

“Ainsi, le principe de solidarité (…) apparaît comme l’un des principes fondamentaux de la conception chrétienne de l’organisation politique et sociale. Il a été énoncé à plusieurs reprises par Léon XIII sous le nom d'”amitié”. Pie XII le désigne par le terme non moins significatif de “charité sociale”, tandis que Paul VI, élargissant le concept en fonction de multiples dimensions modernes de la question sociale, parlait de “civilisation de l’amour””.

Jean-Paul II,“Centesimus annus”, 1991, n°10.

Pour le bien commun

“La politique est le champ le plus vaste de la charité et de la solidarité. Cependant “la charité qui aime et qui sert la personne ne doit pas se séparer de la justice” (“Christifideles laïci”, n° 42), car comme le soulignait Saint Louis, la justice est la première qualité des gouvernants”.

Jean-Paul II, message aux présidents des “Semaines sociales de France”,
17 novembre 1999.

3. Sans discrimination ni exclusion

“Tout ce qui est offense à la dignité de l’homme, comme les conditions de vie sous-humaines, les emprisonnements arbitraires, les déportations, l’esclavage, la prostitution, le commerce des femmes et des jeunes ; ou encore les conditions de travail dégradantes qui réduisent les travailleurs au rang de purs instruments de rapport, sans égard à leur personnalité libre et responsable : toutes ces pratiques et d’autres analogues sont, en vérité, infâmes”.

Jean-Paul II,“Veritatis splendor”, 1993, n°80.

Tous et chacun participent de la fraternité humaine

Plus encore que les autres, les chrétiens ne sauraient accepter que certains de leurs frères souffrent d’exclusion : personnes âgées, malades, personnes handicapées, toxicomanes, détenus, prostitué(e)s, immigrés… en les mettant en marge de la vie sociale et culturelle.

– Les vieillards

“La marginalisation ou même le rejet des personnes âgées sont intolérables (…). Il importe que l’on maintienne une sorte de “pacte” entre les générations, ou qu’on le rétablisse quand il a disparu, afin que les personnes âgées, parvenues au terme de leur route, puissent trouver chez leurs enfants l’accueil et la solidarité qu’ils ont eux-mêmes pratiqués envers eux à leur entrée dans la vie”.

Jean-Paul II,“Evangelium vitae”, 1995, n°80.

– Les personnes handicapées

“C’est enfin tous les hommes et l’entière société qui sont invités à assister et aider les handicapés. Ceux-ci y ont droit. Il ne peut subsister de barrière ou de murs de division entre les personnes en bonne santé et eux”.

Jean-Paul II,Angelus, 16 novembre 1980.

“Ne tenons pas le handicap pour un fait dramatique et contre-nature – ce qui ne servirait qu’à décourager, à discriminer – mais plutôt comme un état de faiblesse qui se traduit pour la société chrétienne et civile par une mise à l’épreuve du niveau de sa foi et de son humanité”.

Jean-Paul II, homélie pour le jubilé des handicapés, 21 mars 1984.

– Les prisonniers

“Je viens à vous pour affirmer votre dignité humaine et pour vous dire que le Père céleste aime chacun d’entre vous. (…) La peine, la prison ont un sens si, tout en affirmant les exigences de la justice et en décourageant le crime, elles favorisent le renouvellement de l’homme, offrant à celui qui s’est trompé la possibilité de réfléchir et de changer de vie pour se réinsérer à plein titre dans la société”.

Jean-Paul II, jubilé du monde carcéral,prison Santa Regina, 9 juillet 2000.

– Les sans-abri

“(…) je voudrais faire porter ma réflexion sur la situation dramatique de ceux qui vivent sans toit. (…) le droit au logement doit être reconnu non seulement à l’individu en tant qu’être humain, mais aussi à la famille, composée de plusieurs personnes. (…) De nombreux passages bibliques mettent en lumière le devoir de subvenir aux besoins de ceux qui sont dépourvus d’un toit. (…) Jésus enseigne que la charité envers celui qui connaît cette situation sera récompensée au Ciel”.

Jean-Paul II,Message pour le Carême 1997, 25 octobre 1996.

– Les immigrés

“L’émigration pour motif de travail ne peut d’aucune manière devenir raison d’exploitation financière ou sociale”.

Jean-Paul II,“Laborem exercens”, 1981, n°23.

“Les immigrés doivent toujours être traités avec le respect dû à la dignité de toute personne humaine. Quand il s’agit de contrôler les flux migratoires, l’évaluation que l’on doit faire du bien commun doit se plier à ce principe.”

Jean-Paul II,Message pour la célébration de la Journée mondiale de la Paix, 1er janvier 2001.

Liberté religieuse et droit à la culture

Refuser à un homme le droit de pratiquer sa foi ou le priver de culture, c’est aussi l’exclure :

“La limitation de la liberté religieuse et sa violation sont en contradiction avec la dignité de l’homme et avec ses droits objectifs (…). Sans aucun doute, nous nous trouvons dans ce cas en face d’une injustice radicale affectant ce qui est plus particulièrement profond dans l’homme, ce qui est authentiquement humain”.

Jean-Paul II,“Redemptoris hominis”, 1979, n°17.

“Devoir (…) de travailler avec acharnement à ce que, tant en matière économique qu’en matière politique, tant au plan national qu’au plan international, des décisions fondamentales soient prises de nature à faire reconnaître partout et pour tous, en harmonie avec la dignité de la personne humaine, sans distinction de race, de sexe, de nation, de religion ou de condition sociale, le droit à la culture et d’assurer sa réalisation”.

Concile Vatican II,“Gaudium et spes”, 1965, n°60.

“C’est pour tout pouvoir civil un devoir essentiel que de protéger et promouvoir les droits inviolables de l’homme”.

Concile Vatican II,“Dignitatis humanae”, n°6.