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L’intérêt de l’Eglise pour l’Europe

“Pourquoi tant d’intérêt de la part d’une société spirituelle pour des questions temporelles comme l’organisation politique et économique d’un continent ? … Tant de valeurs de culture, de morale, de religion, sont impliquées dans l’idée de l’Europe, elle représente un tel patrimoine spirituel aux yeux de l’Eglise, l’équilibre de tout un continent est chose tellement grave pour la bonne marche de la société tout entière et pour la paix du monde, que l’Eglise soucieuse du véritable bien des hommes, ne peut s’en désintéresser”.

Paul VI, aux Instituts d’Etudes européennes, 29 avril 1967.

“Dans la logique d’une saine collaboration entre communauté ecclésiale et société politique, l’Eglise catholique est convaincue de pouvoir apporter une contribution spécifique à la perspective de l’unification, offrant aux institutions européennes, en continuité avec sa tradition et en harmonie avec les directives de sa doctrine sociale, la présence de communautés de croyants qui cherchent à réaliser l’harmonisation de la société à partir de l’Evangile vécu sous le signe de l’espérance. Dans cette optique, il est nécessaire que des chrétiens, convenablement formés et compétents, soient présents dans les diverses instances et institutions européennes”.

Jean-Paul II, Ecclesia in Europa, 2003, n° 117.

Des sources profondes

“Il est sage de maintenir un contact vital avec les sources profondes qui nourrissent l’inspiration. Dans cette perspective, il est bon de se souvenir des dates de baptême de quelques nations qui ont célébré au cours de ce siècle le millénaire de leur naissance chrétienne comme la Pologne (966), la Hongrie (972), alors que ce sera bientôt le millénaire du baptême de la Russie de Kiev (988)…”.

Jean Paul II, symposium des évêques d’Europe, 11 octobre 1985.

L’héritage chrétien

“Il faut, dès le départ, s’en persuader : la perspective de profits matériels ne garantira pas la volonté de sacrifices indispensables à la réussite. Tôt ou tard, elle se révèlera illusoire et trompeuse. On allèguera alors les intérêts de la défense commune : sans doute la peur suscite facilement une réaction violente mais d’habitude assez brève et dépourvue de force constructive (…). Seules des valeurs d’ordre spirituel se révèleront efficaces”.

Pie XII, au collège d’Europe, 15 mars 1953.

“Ne peut-on pas dire que c’est la foi, la foi chrétienne, la foi catholique, qui a fait l’Europe au point d’en être comme l’âme ? La Réforme, c’est un fait d’histoire, a contribué à une dispersion. L’avènement de la science et de la technique, celui de la richesse productive ont donné lustre et puissance à l’Europe, ils ne lui ont pas redonné une âme. L’époque des révolutions a vu s’accentuer le morcellement, l’indépendance. (L’unité est à refaire). Les pouvoirs politiques et techniques sont impuissants à produire cet effet et ne pourraient l’imposer que par l’esclavage. Nous pensons, nous, que seule la civilisation chrétienne, dont est née l’Europe, peut sauver ce continent du vide qu’il éprouve lui permettant (…) de retrouver son identité spirituelle et de prendre ses responsabilités morales envers les autres partenaires du globe”.

Paul VI, aux évêques d’Europe, 18 octobre 1975.

“Une Union européenne à construire posséderait-elle en propre un bien commun, comme il en existe pour chaque peuple ? (…) Sans nul doute, ce bien commun européen existe ; il faut l’affirmer et s’efforcer de promouvoir sa réalisation. Il comporte des éléments économiques, des éléments sociaux, des éléments politiques enfin. Mais l’essence de ce bien commun est plus profonde. L’élément constitutif d’un peuple, au delà des particularités de race, de langue, de tradition, de culture et de religion qui le déterminent, est dans son “vouloir vivre collectif”, qui s’exprime par des manières communes de penser, de sentir et de vivre. N’en est-il pas ainsi pour l’Europe, dont les composantes économiques, sociales et politiques tirent leur force unificatrice de ce qu’il faut bien appeler l’esprit européen, fondé sur la perception de valeurs communes. Il existe en effet un patrimoine de l’Europe, humaniste et universaliste, dont les éléments apparaissent dans chaque culture nationale. On y trouve l’humanisme grec, avec son sens de l’équilibre, de la mesure et de la beauté ; l’esprit juridique romain qui donne à chacun sa place et ses droits dans une communauté politique solidement structurée. Mais surtout, ce qui a modelé l’âme européenne depuis bientôt deux millénaires, c’est le christianisme , qui a dégagé les traits de la personne humaine, sujet libre, autonome et responsable. Ce personnalisme qui respecte la vocation de chaque être et insiste sur la complémentarité du corps social, est la clé de voûte du patrimoine européen et rend intelligible tous ses éléments : richesses. intellectuelles et morales, culturelles et artistiques et jusqu’aux progrès techniques et scientifiques”.

Jean-XXIII, Semaines Sociales de France, 19 juillet 1962.

“Si l’Europe veut en sortir, ne lui faut-il pas rétablir chez elle le lien entre la religion et la civilisation ? C’est pourquoi, nous avons eu grand plaisir à lire, en tête de la résolution de la Commission culturelle à la suite du Congrès de La Haye en mai dernier, la mention du “commun héritage de civilisation chrétienne”. Pourtant ce n’est pas encore assez tant qu’on n’ira pas jusqu’à la reconnaissance expresse des droits de Dieu et de sa loi, tout au moins du droit naturel, fond solide sur lequel sont ancrés les droits de l’homme. Isolés de la religion, comment ces droits et toutes les libertés pourront-ils assurer l’unité, l’ordre et la paix ?”.

Pie XII, congrès de l’Union européenne, 11 novembre 1948.

“Après vingt siècles d’histoire, malgré les conflits sanglants qui ont marqué la vie du continent, il faut affirmer que l’identité européenne est incompréhensible sans le christianisme”.

Jean Paul II, Saint Jacques de Compostelle, octobre 1982.

Déracinement ou apostasie ?

“Une Europe qui remplacerait les valeurs de tolérance et de respect universel par l’indifférentisme éthique et le scepticisme en matière de valeurs inaliénables, s’ouvrirait aux aventures les plus risquées et verrait tôt ou tard réapparaître sous de nouvelles formes les spectres les plus effroyables de son histoire”.

Jean-Paul II, Spes aedificandi, [[9 novembre 1982. Cf. Documentation Catholique, p.1128.]]1er octobre 1999.

“Dans son incomparable patrimoine culturel, la légalisation de l’avortement s’est insérée comme un élément étranger, portant en soi le germe de la corruption…En vérité, l’Europe est en train de jouer son destin sur ce point, car elle donne des signes de décadence morale et d’appauvrissement démographique aussi, et risque de dilapider ainsi un patrimoine culturel qui lui a été transmis par d’éminents penseurs, de grands juristes, et d’admirables saints”.

Jean-Paul II, congrès d’étude sur le droit à la vie et l’Europe, 18 décembre 1987.

“La culture européenne donne l’impression d’une apostasie silencieuse de la part de l’homme comblé qui vit comme si Dieu n’existait pas. Dans une telle perspective prennent corps les tentatives, renouvelées tout récemment encore, de présenter la culture européenne en faisant abstraction de l’apport du christianisme qui a marqué son développement historique et sa diffusion universelle. Nous sommes là devant l’apparition d’une nouvelle culture, pour une large part influencée par les media, dont les caractéristiques et le contenu sont souvent contraires à l’Evangile et à la dignité de la personne humaine. De cette culture fait partie aussi un agnosticisme religieux toujours plus répandu, lié à un relativisme moral et juridique plus profond, qui prend racine dans la perte de la vérité de l’homme comme fondement des droits inaliénables de chacun. Les signes de la disparition de l’espérance se manifestent parfois à travers des formes préoccupantes de ce que l’on peut appeler une culture de mort”.

Jean Paul II, Ecclesia in Europa, 28 juin 2003, n°9.

Europe des personnes et des peuples

“L’instauration de l’Europe, loin d’être l’apanage exclusif des gouvernements, sera l’œuvre des peuples. Chacun y a sa part, en s’ouvrant à des idées plus larges et en contribuant à former une opinion politique avertie à l’intérieur des divers groupes naturels. Parmi ces communautés humaines, il faut souligner en particulier l’importance des corps intermédiaires et de la famille”.

Jean XXIII, Semaines Sociales de France, 19 juillet 1962.

“Peut-être serez vous nombreux à penser en cet instant: les racines chrétiennes de l’Europe, la paix mondiale, la liberté religieuse, la réunion des chrétiens, sont bien les défis cruciaux de notre temps: mais que puis-je faire, moi, tout seul? Est-ce que je peux vraiment apporter ma contribution? A cette question, je vous apporte la réponse. Oui, toi, individuellement, tu peux amorcer le mouvement; car toute bonne résolution, toute prise en charge volontaire d’une tâche ne se décident jamais que par un individu. Et même s’il est nécessaire que les efforts de chacun soient ensuite reliés à ceux d’autrui pour obtenir de grands effets, il n’en reste pas moins que le oui de chaque personne…, dans sa sphère d’activités, est indispensable pour amorcer et promouvoir efficacement ces améliorations profondes au niveau de l’Eglise comme de la société”.

Jean Paul II, Homélie devant la cathédrale de Spire, 4 mai 1987.

L’appel de Saint Jacques de Compostelle

“Moi, évêque de Rome et pasteur de l’Eglise universelle, de Saint Jacques, je te lance, vieille Europe, un cri plein d’amour: Retrouve-toi, sois toi-même! Découvre tes origines. Ravive tes racines…Reconstruis ton unité spirituelle… Donne à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. Ne t’enorgueillis pas de tes conquêtes… Ne te décourage pas pour la perte quantitative de ta grandeur dans le monde…Tu peux être encore un phare de civilisation… Les autres continents te regardent et attendent aussi de toi la réponse que saint Jacques a donnée au Christ : “je le peux””.


Jean-Paul II et la constitution européenne

“Je voudrais m’adresser encore une fois aux rédacteurs du futur traité constitutionnel de l’Europe, pour que, dans ce dernier, figure une référence au patrimoine religieux et spécialement chrétien de l’Europe. Dans le plein respect de la laïcité des Institutions, je souhaite par dessus tout que soient reconnus trois aspects complémentaires: le droit des Eglises et des communautés religieuses de s’organiser librement, en conformité avec leurs propres statuts et leurs propres convictions; le respect de l’identité spécifique des Confessions religieuses et le fait de prévoir un dialogue structuré entre l’Union européenne et ces mêmes confessions; le respect du statut juridique dont les Eglises et les institutions religieuses jouissent déjà en vertu des législations des Etats membres de l’Union”.

Ecclesia in Europa, n°114.

La vocation de l’Europe

“Dire “Europe” doit vouloir dire “ouverture” (…). L’Europe n’est pas vraiment un territoire clos ou isolé; elle s’est construite, en allant au delà des mers à la rencontre d’autres peuples, d’autres cultures, d’autres civilisations. C’est pourquoi l’Europe doit être un continent ouvert et accueillant qui continue à pratiquer, dans l’actuelle mondialisation, des formes de coopération non seulement économique mais également sociale et culturelle (…). L’Europe ne saurait se replier sur elle même (…). Elle doit prendre une part active dans la promotion et dans la mise en pratique d’une mondialisation dans la solidarité”.

Jean-Paul II, Ecclesia in Europa, n°112.