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1 – L’autorité a sa source en Dieu

Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, répondit Jésus (à Pilate) si tu ne l’avais reçu d’en haut.

Saint Jean, 19-11

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N’accordons à personne le droit d’accorder la souveraineté et l’empire, sinon au seul vrai Dieu.

Saint Augustin

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Qu’il y ait des autorités établies, que les uns commandent, les autres obéissent, qu’ainsi tout dans la société ne soit pas livré au hasard, c’est, je l’affirme, l’œuvre de la divine Sagesse.

Saint Jean Chrysostome, dans une lettre aux Romains.

L’homme est né pour vivre dans la société civile (…) seule à même de fournir la pleine suffisance pour la vie. Mais comme aucune société ne saurait subsister sans quelqu’un qui soit le chef de tous, qui imprime à chacun une impulsion efficace et constante vers un but commun, il en résulte qu’une autorité est nécessaire aux hommes constitués en société pour les régir, autorité qui, aussi bien que la société civile, procède de la nature et par suite a Dieu même pour auteur.

Léon XIII, Immortale Dei, , 1885

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Les hommes qui se retrouvent dans la communauté politique sont nombreux, différents et peuvent à bon droit incliner vers des opinions diverses. Aussi pour empêcher que, chacun opinant en son sens, la communauté politique ne se disloque, une autorité s’impose qui soit capable d’orienter vers le bien commun les énergies de tous, non d’une manière mécanique ou despotique, mais en agissant avant tout comme une force morale qui prend appui sur la liberté et le sens de la responsabilité. De toute évidence, la communauté politique et l’autorité publique trouvent donc leur fondement dans la nature humaine et relèvent par là d’un ordre fixé par Dieu.

Vatican II, Gaudium et spes, n°73.

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Ceux qui entendent que la société civile naît d’un libre consensus des hommes, ramenant l’origine du pouvoir lui-même à cette source, disent que chacun a cédé de son droit et que tous se sont volontairement placés sous la puissance de celui à qui a passé la totalité de leurs droits. Mais c’est une grande erreur de ne pas voir ce qui est manifeste, à savoir que les hommes ne constituent pas une race de solitaires et qu’avant qu’ils expriment leur libre volonté, ils sont nés pour former une communauté naturelle ; de plus, le pacte dont on se prévaut est manifestement une invention et une chimère, et il n’est pas en mesure de donner à la puissance politique autant de force, de dignité et de fermeté que le requièrent la protection de la chose publique et l’intérêt commun des citoyens. Cet éclat et cette protection universelle, le pouvoir ne l’aura que si on comprend qu’il émane de Dieu comme de source éminente et très sainte.

Léon XIII, Diuturnum illud, , 1881.

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L’ordre absolu des êtres et des fins, qui montre dans l’homme une personne autonome, c’est à dire un sujet de devoirs et de droits inviolables, d’où dérive et où tend sa vie sociale, comprend également l’Etat comme société nécessaire, revêtue de l’autorité sans laquelle il ne pourrait ni exister ni vivre (…). Et comme cet ordre absolu, aux yeux de la saine raison, et surtout de la foi chrétienne, ne peut avoir d’autre origine qu’en un Dieu personnel, notre Créateur, il suit de là que la dignité de l’homme est la dignité de l’image de Dieu, que la dignité de l’Etat est la dignité de la communauté voulue par Dieu, que la dignité de l’autorité politique est la dignité de sa participation à l’autorité de Dieu. Aucune forme d’Etat ne saurait se dispenser d’avoir égard à cette intime et indissoluble connexion ; moins que toute autre, la démocratie.

Pie XII, radio-message de Noël, 1944.

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Seul dieu oblige en conscience

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Il n’y a qu’un seul législateur et un seul juge qui puisse condamner et absoudre.

Epître de saint Jacques, IV,12.

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Il n’est pas un homme qui ait en soi ou de soi ce qu’il faut pour enchaîner par un lien de conscience le libre vouloir de ses semblables. Dieu seul, en tant que créateur et législateur universel, possède une telle puissance ; ceux qui l’exercent ont besoin de la recevoir de lui et de l’exercer en son nom.

Léon XIII, Diuturnum illud, 1881

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Puisque les hommes sont tous égaux en dignité naturelle, aucun n’a le pouvoir d’en contraindre un autre à agir avec un consentement intime ; ce pouvoir est réservé à Dieu, le seul qui scrute et juge les décisions secrètes des cœurs. Par suite, l’autorité humaine ne peut donc obliger les hommes en conscience que si elle se relie à l’autorité de Dieu et y participe.

Jean XXIII, Pacem in terris, 50,1963

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2 – La soumission à l’autorité

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Soyez soumis à toute institution humaine à cause du Seigneur: soit au roi parce qu’il est le premier en dignité; aux chefs, parce que Dieu les a envoyés pour le châtiment des méchants et l’honneur des bons ; telle est la volonté de Dieu.

Première Epître de saint Pierre, II – 13,15.

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Que chacun se soumette aux autorités en charge. Car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu et celles qui existent sont constituées par Dieu. Si bien que celui qui résiste à l’autorité se rebelle contre l’ordre établi par Dieu… Aussi doit-on se soumettre non seulement par crainte du châtiment mais par motif de conscience.

Saint Paul, Epître aux Romains, 13

Dans l’ordre politique, et civil, les lois ont pour but le bien commun, dictées… par la vérité et la justice. L’autorité des princes revêt une sorte de caractère sacré plus qu’humain… L’obéissance des sujets va de pair avec l’honneur et la dignité, parce qu’elle n’est pas un assujettissement d’homme à homme, mais une soumission à la volonté de Dieu régnant par des hommes. Une fois cela reconnu et accepté, il en résulte clairement que c’est un devoir de justice de respecter la majesté des princes, d’être soumis avec une constante fidélité à la puissance politique.

Léon XIII, Immortale Dei, 1885.

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L’autorité ne tire pas d’elle même sa légitimité morale (…). « La législation humaine ne revêt le caractère de loi qu’autant qu’elle se conforme à la juste raison ; d’où il apparaît qu’elle tient sa vigueur de la loi éternelle. Dans la mesure où elle s’écarterait de la raison, il faudrait la déclarer injuste, car elle ne vérifierait pas la notion de loi ; elle serait plutôt une forme de violence » (Saint Thomas d’Aquin). L’autorité ne s’exerce légitimement que si elle recherche le bien commun du groupe considéré et si pour l’atteindre elle emploie des moyens moralement licites. S’il arrive aux dirigeants d’édicter des lois injustes ou de prendre des mesures contraires à l’ordre moral, ces dispositions ne sauraient obliger les consciences. « En pareil cas, l’autorité cesse d’être elle-même et dégénère en oppression » (Pacem in terris, 51).

Catéchisme de l’Eglise catholique, n°1902-1903.

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Si l’autorité publique, débordant sa compétence, opprime les citoyens, que ceux-ci ne refusent pas ce qui est objectivement requis par le bien commun; mais qu’il leur soit cependant permis de défendre leurs droits et ceux de leurs concitoyens contre les abus du pouvoir, en respectant les limites tracées par la loi naturelle et la loi évangélique.

Vatican II, Gaudium et spes, n° 74.

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Le IVe Commandement: Honore ton père et ta mère

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Il constitue l’un des fondements de la doctrine sociale de l’Eglise. Il s’adresse expressément aux enfants dans leurs relations avec leurs père et mère, parce que cette relation est la plus universelle. (…) Il s’étend aux devoirs des élèves à l’égard du maître, des employés à l’égard des employeurs, des subordonnés à l’égard de leurs chefs, des citoyens à l’égard de leur patrie, de ceux qui l’administrent ou la gouvernent. Ce commandement implique et sous-entend les devoirs des parents, tuteurs, maîtres, chefs, magistrats, gouvernants, de tous ceux qui exercent une autorité sur autrui ou sur une communauté de personnes.

Catéchisme de l’Eglise Catholique, n°2199.

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3 – L’Eglise et les formes de gouvernement

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Le droit d’exercer le pouvoir n’est pas nécessairement lié de soi à une forme quelconque de régime politique: il est possible, à bon droit, de choisir telle ou telle, dès lors qu’elle est réellement opérante pour l’utilité et le bien commun.

Léon XIII, Immortale Dei,1885.

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Il est important de remarquer que ceux qui doivent être à la tête de la chose publique peuvent en certains cas être élus selon la volonté et le jugement du grand nombre, sans que la doctrine catholique y répugne ou s’y oppose. Par cette élection on désigne le chef, mais on ne confère pas les droits de la souveraineté; on ne confère pas le pouvoir mais on décide par qui il doit être exercé.

Léon XIII, Diuturnum illud,1881.

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L’Eglise respecte l’autonomie légitime de l’ordre démocratique et elle n’a pas qualité pour exprimer une préférence de l’une ou l’autre solution institutionnelle ou constitutionnelle. (…) L’Eglise apprécie le système démocratique, comme système qui assure la participation des citoyens aux choix politiques et garantit aux gouvernés la possibilité de choisir et de contrôler leurs gouvernants, ou de les remplacer de manière pacifique lorsque cela s’avère opportun. (cf. Gaudium et spes, 29 et Pie XII, Noël 1944). Cependant l’Eglise ne peut approuver la constitution de groupes dirigeants restreints qui usurpent le pouvoir de l’Etat au profit de leurs intérêts particuliers ou à des fins idéologiques.

Jean-Paul II,Centesimus annus, 1991.

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4 – L’autorité est un service

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Ceux qui exercent une autorité doivent l’exercer comme un service. « Celui qui voudra devenir grand parmi vous sera votre serviteur » (Matthieu, 20-26).

Catéchisme de l’Eglise Catholique, n°2235.

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La vérité enseigne que, même dans l’ordre temporel, le sens profond, la légitimité morale universelle du « regnare » est en dernière analyse le « servire ».

Pie XII, message de Noël 1942.