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La guerre, conséquence du péché

“La guerre naît bien dans le cœur pêcheur de l’homme, depuis la jalousie et la violence qui ont envahi le cœur de Caïn à l’encontre de son frère Abel selon l’antique récit biblique. Ne s’agit-il pas en réalité d’une rupture plus profonde encore, quand les hommes deviennent incapables de s’accorder sur le discernement du bien et du mal, sur les valeurs de vie dont Dieu est la source et le garant? Cela n’explique-t-il pas la dérive du”cœur” de l’homme qui n’arrive pas à faire la paix avec ses semblables sur la base de la vérité, avec la rectitude de l’esprit et la bienveillance du cœur? Le rétablissement de la paix serait lui-même de courte durée et bien illusoire s’il n’y avait pas un vrai changement du cœur. L’histoire nous a appris que même les “libérations”, après lesquelles on avait soupiré au temps où un pays était occupé ou bien les libertés brimées, ont déçu dans la mesure où les responsables et les citoyens ont gardé leur étroitesse d’esprit, leurs intolérances, leur dureté sans surmonter leurs antagonismes”.

Jean-Paul II, message pour la journée mondiale de la paix, 1984.

“L’histoire atteste que les hommes livrés à eux-mêmes ont tendance à suivre leurs instincts irrationnels et égoïstes. Ils font ainsi l’expérience de ce que la paix dépasse les forces humaines. Car elle nécessite un surcroît de lumière et de force, une libération par rapport aux passions agressives, un engagement persévérant à construire ensemble une société, voire une communauté mondiale, fondée sur le bien commun à tous et à chacun. La référence à la vérité de Dieu donne à l’homme l’idéal et les énergies nécessaires pour surmonter les situations d’injustice, pour se libérer d’idéologies de domination et de haine, pour entreprendre un cheminement de vraie fraternité universelle.L’attitude religieuse libère l’homme en le mettant en contact avec la transcendance. Et à ceux qui croient en un Dieu personnel, tout-puissant, ami de l’homme et source de paix, la prière apparaît vraiment nécessaire pour implorer de lui la paix qu’ils ne peuvent se donner à eux-mêmes: la paix entre les hommes qui commence dans la conscience des hommes…”.

Jean-Paul II, message pour la journée mondiale de la paix, 1er Janvier 1982.

Plus jamais la guerre !…

“Le problème, porté à ce niveau plus élevé et seul digne de créatures raisonnables, a fait réapparaître nettement l’absurdité de la doctrine qui a régné dans les écoles politiques de ces dernières décades: à savoir que la guerre est une des nombreuses formes admises de l’action politique, l’issue nécessaire, et quasi naturelle, des incurables dissensions entre deux pays; que la guerre est donc un fait étranger à toute responsabilité morale. Absurde et inadmissible est également apparu le principe, lui aussi longtemps reçu, selon lequel l’homme d’Etat qui déclare une guerre serait seulement sujet, s’il la perd, à se voir reprocher une erreur politique; mais il ne pourrait en aucun cas être accusé de faute morale et de crime pour n’avoir pas, alors qu’il le pouvait, conservé la paix….”.

Pie XII, radio message, noël 1944

“Tout acte de guerre qui tend indistinctement à la destruction de villes entières ou de vastes régions avec leurs habitants est un crime contre Dieu et contre l’homme lui-même, qui doit être condamné fermement et sans hésitation.”

Concile Vatican II, Gaudium et Spes, n° 80, 1965.

“Il y a ceux qui prétendent que la situation actuelle est normale et inévitable. On dit que les relations entre les individus et entre les Etats sont caractérisés par un conflit permanent. Cette perspective théorique et politique se traduit dans un modèle de société et un type de relations internationales dominés par la compétition et l’antagonisme, dans lesquels le plus fort l’emporte. La paix, née dans un tel cadre, ne peut être qu‘un “arrangement”; ce genre de paix cherche moins à résoudre les tensions dans la justice et l’équité qu’à gérer les différends et les conflits de façon à maintenir une sorte d’équilibre qui préservera tout ce qui sert les intérêts de la partie dominante…”.

Jean-Paul II, message pour la journée mondiale de la paix, 1er Janvier 1986.

“Ne nous leurrons pas de fausses espérances. En effet si, inimitiés et haines écartées, nous ne concluons pas des pactes solides et honnêtes assurant pour l’avenir une paix universelle, l’humanité, déjà en grand péril, risque d’en venir, malgré la possession d’une science admirable, à cette heure funeste où elle ne pourra plus connaître d’autre paix que la paix redoutable de la mort”.

Concile Vatican II, Gaudium et Spes, n°82, 1965.

“De nos jours, refuser la paix ne signifie pas seulement provoquer les souffrances et les pertes que comporte – aujourd’hui plus que par le passé – une guerre, même limitée. Cela pourrait entraîner également la totale destruction de régions entières avec la menace possible ou probable de catastrophes aux proportions plus vastes encore, voire universelles.Les responsables de la vie des peuples semblent surtout engagés dans une recherche fébrile des voies politiques et des solutions techniques qui permettent de “contenir” les effets d’éventuels conflits. Tout en devant reconnaître les limites de leurs efforts dans ce sens, ils persistent dans ces voies, tant est répandue la conviction qu’à long terme les guerres sont inévitables, et tant aussi, et surtout, le spectre d’une possible confrontation militaire entre les grands camps qui divisent le monde aujourd’hui continue à hanter le destin de l’humanité.”

Jean- Paul II, message à la 2ème session extraordinaire de l’ONU, 11 Juin 1982.

Fonder la paix sur le respect des valeurs morales

“Il y a, du reste, un devoir qui oblige tout le monde et qui ne souffre aucun délai, aucune hésitation, aucune tergiversation; celui de faire tout ce qui est possible pour proscrire et bannir une fois pour toutes la guerre d’agression comme solution légitime pour les controverses internationales et comme moyen de réalisation pour les aspirations nationales. On a vu dans le passé se produire beaucoup de tentatives dans ce but. Toutes ont échoué. Et elles échoueront toujours toutes, aussi longtemps que la partie la plus saine du genre humain ne sera pas fermement résolue, et saintement obstinée, comme par un devoir de conscience, à remplir la mission que les temps passés avaient commencée sans assez de sérieux et de résolution….”.

Pie XII, radio message, Noël 1944.

“La bonne volonté réciproque permet toujours d’éviter la guerre comme ultime moyen de régler les différends entre les Etats. Voici quelques jours, Nous avons encore exprimé le désir que l’on punisse sur le plan international toute guerre, qui n’est pas exigée par la nécessité absolue de se défendre contre une injustice très grave atteignant la communauté, lorsque l’on ne peut l’empêcher par d’autres moyens et qu’il faut le faire cependant, sous peine d’accorder libre champ dans les relations internationales à la violence brutale et au manque de conscience. Il ne suffit donc pas d’avoir à se défendre contre n’importe quelle injustice pour utiliser la méthode violente de la guerre. Lorsque les dommages entraînés par celle-ci ne sont pas comparables à ceux de “l’injustice tolérée”, on peut avoir le devoir de “subir l’injustice””.

Pie XII, aux médecins militaires, 19 Octobre 1953.

“On y arrivera si, pratiquement, les hommes politiques, avant d’évaluer les avantages et les risques de leurs décisions, se reconnaissent personnellement sujets des lois morales éternelles, et traitent le problème de la guerre comme une question de conscience devant Dieu. Pour délivrer le monde de l’angoissant cauchemar, il n’y a pas, dans les circonstances présentes, d’autre moyen que de recourir à la crainte de Dieu; celle-ci n’abaisse pas celui qui s’y livre; elle le préserve au contraire de l’infamie du crime affreux qu’est la guerre imposée. Et qui pourrait s’étonner de ce que la paix et la guerre apparaissent dès lors étroitement liées à la vérité religieuse? Toute la réalité est de Dieu: c’est précisément dans le fait de détacher la réalité de ce qui est son principe et sa fin, que réside la racine de tout mal.”

Pie XII, message au monde entier, Noël 1954.

“A tous les hommes de bonne volonté incombe aujourd’hui une tâche immense, celle de rétablir les rapports de la vie en société sur les bases de la vérité, de la justice, de l‘amour et de la liberté; rapports des personnes entre elles, rapports entre les citoyens et l’Etat, rapports des Etats entre eux, rapports enfin entre individus, familles, corps intermédiaires et Etats d’une part et communauté mondiale d’autre part”.

Jean XXIII, Pacem in terris, n°161, 1963.

“Il est donc clair que nous devons tendre à préparer de toutes nos forces ce moment où, de l’assentiment général des nations, toute guerre pourra être absolument interdite. Ce qui assurément requiert l’institution d’une autorité publique universelle, reconnue par tous, qui jouisse d’une puissance efficace susceptible d’assurer à tous la sécurité, le respect de la justice et la garantie des droits…”.

Concile Vatican II, Gaudium et spes, n°82, 1965.

“Il existe en effet une corrélation entre la force, le droit et les valeurs dont la société internationale ne peut faire l’économie. Les Etats redécouvrent aujourd’hui, en particulier grâce aux diverses structures de coopération internationale qui les unissent, que le droit international ne constitue pas une sorte de prolongement de leur souveraineté illimitée, ni une protection de leurs seuls intérêts ou même de leurs entreprises hégémoniques. Il est en vérité un code de conduite pour la famille humaine dans son ensemble… Le droit international est le moyen privilégié pour la construction d’un monde plus humain et plus pacifique. C’est lui qui permet la protection du faible contre l’arbitraire du fort. Les progrès de la civilisation humaine se mesure souvent au progrès du droit grâce auquel peut se réaliser la libre association des grandes puissances et des autres dans l’entreprise commune qu’est la coopération des nations”.

Jean-Paul II, au corps diplomatique, 12 Janvier 1991.

“Mais l’œuvre du Christ se situe à un niveau autrement profond, qui est de l’ordre d’une transformation mystérieuse des cœurs. Il a vraiment apporté “la paix sur la terre aux hommes que Dieu aime”, selon l’annonce faite dès sa naissance, et cela, non seulement en leur révélant l’amour du Père, mais surtout en les réconciliant avec Dieu par son sacrifice. Car c’étaient le péché et la haine qui faisaient obstacle à la paix avec Dieu et avec les autres: il les a détruits par l’offrande de sa vie sur la croix; il a réconcilié en un seul corps ceux qui étaient ennemis. Dès lors, ses premières paroles de Ressuscité aux apôtres ont été “La paix soit avec vous”. Ceux qui accueillent la foi forment en Eglise une communauté prophétique: avec l’Esprit Saint transmis par le Christ, après le baptême qui les insère dans le Corps du Christ, ils font l’expérience de la paix donnée par Dieu dans le sacrement de réconciliation et dans la communion eucharistique; ils annoncent “l’Evangile de la paix”; ils essaient de le vivre eux-mêmes au jour le jour, dans le concret; et ils aspirent au temps de la réconciliation intégrale où, par une nouvelle intervention du Dieu vivant qui ressuscite les morts, l’homme sera toute transparence face à Dieu et à ses frères. Telle est la vision de foi qui soutient l’action des chrétiens en faveur de la paix.”

Jean-Paul II, message pour la paix, 1er Janvier 1982.

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