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Lorsque Dieu envoie Samuel chercher l’un des fils de Jessée pour succéder à Saul comme roi d’Israël, le prophète va naturellement vers le plus âgé et le plus fort des fils. Mais Dieu lui dit alors : «Ne prend pas garde à sa figure et à la hauteur de sa taille, car je l’ai écarté. Il ne s’agit pas de ce que l’homme voit ; l’homme regarde le visage, mais Yahweh regarde le coeur»[[Sam, 16,17.]]. Et c’est David, le plus jeune, le moins imposant, qui fut choisi pour être le grand roi.

La Bible apparaît ici comme à la pointe du combat pour le «droit à la différence» que revendique notre époque, mais l’est-elle tout autant pour son frère jumeau, «l’anti-racisme» ? Il est dit de Joseph, qui sera choisi lui aussi, plus tard, pour être le père adoptif du fils de Dieu, qu’il est «de la race de David». Le mot «race» est constamment utilisé dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, ainsi que par les papes : reconnaître l’existence de races ne rend-il pas l’Eglise suspecte d’un dangereux racisme ?

 

Quelles races ?

La «race» dont il est question dans l’Ancien Testament est avant tout l’ensemble des membres d’une grande famille, ceux d’un même peuple. Il n’est pas question de caractéristiques physiques communes, mais d’une même ascendance. Il y a ainsi la race d’Abraham, le peuple élu, Israël, la race de Jacob, la race de David… La race est la famille, au sens large : «Abraham est l’illustre père d’une multitude de nations, et il ne s’est trouvé personne qui l’égalât en gloire. […] Aussi Dieu lui assura par serment que les nations seraient bénies dans sa race»[[Si, 44, 19-21.]].

Mais le mot en lui-même est neutre, la race peut être aussi bien bonne que mauvaise : être de la «race de David» est positif, mais il y a une «race mauvaise» : les pharisiens sont qualifiés de «serpents» et de «race de vipères» par le Christ.

La race d’Israël reste mentionnée dans les Epîtres et les Actes des Apôtres, mais c’est pour proclamer que le Christ est venu sauver tous les hommes, et non simplement ceux de la race d’Abraham. En effet, «il n’y a plus ni Juif ni Grec; il n’y a plus ni esclave ni homme libre; il n’y a plus ni homme ni femme: car vous n’êtes tous qu’une personne dans le Christ Jésus. Et si vous êtes au Christ, vous êtes donc «descendance» d’Abraham, héritiers selon la promesse»[[Ga, 3, 28-29.]], nous dit saint Paul.

La race dont il sera désormais le plus souvent question est, de façon générique, la race humaine. Comme le rappelle Pie XI en 1938, «catholique veut dire universel, non raciste, non nationaliste, au sens séparatiste de ces deux attributs (…) L’expression «genre humain» révèle précisément la race humaine. On doit dire que les hommes sont avant tout un grand et un seul genre, dans une grande et une seule famille d’êtres vivants… Il existe une seule race humaine universelle «catholique» (…) et, avec elle, et en elle, des variations diverses»[[Pie XI, Discours au Collège de Propagande Fide, 28 juillet 1938.]].

Ainsi que le rappelle si justement Joël-Benoît d’Onorio, président des Juristes catholiques : «L’universalisme chrétien se fonde, en effet, sur la création de l’homme à l’image de Dieu. En toute logique, «paternité de Dieu signifie paternité des hommes». Ce qui exclut donc la discrimination raciale quant aux droits fondamentaux. Il s’agit là d’un point de rencontre des grandes religions comme de la sagesse humaine, car la fraternité à base de respect d’autrui n’est pas seulement une formulation théorique mais un sentiment partagé par le sens commun. La pluralité des races et les différences de leur développement historique n’induisent en rien une inégalité de nature, ni une disparité des droits fondamentaux de ceux qui les composent, parce que ces droits sont attachés à leur état de personne humaine (à l’inverse des droits civils, politiques ou sociaux qui peuvent changer d’un pays à l’autre, voire dans un même pays, selon les légitimes conditions de citoyenneté établies par les lois nationales). A ce stade, le concept même de racisme est une insulte au Créateur»[[In Osservatore romano du 9 janvier 1996.]].

L’Eglise a toujours été convaincue de l’égalité fondamentale qui existe entre tous les hommes. Par son incarnation, le Christ a pris la nature humaine, et a uni chaque homme à sa divinité. Le Peuple élu l’était pour annoncer le Salut, et non pour en obtenir l’exclusivité.

Forte de cette conviction enracinée dans l’Evangile, l’Eglise n’a cessé de défendre l’inaltérable dignité de la personne humaine, contre toutes les atteintes qui ont pu lui être portées, et qui lui sont encore portées de nos jours.

 

Le fléau de l’antisémitisme

On ne reviendra pas dans cet article sur le rôle de l’Eglise dans la lutte contre l’esclavage, dès le Ier siècle après Jésus-Christ. Les papes également ne cessèrent de s’élever contre le principe de l’esclavage aux Amériques tout au long des XVIe et XVIIe siècles.

Au XXe siècle, lorsque s’abattent sur l’Europe les terribles fléaux idéologiques qui la ravageront, l’action du pape Pie XI contre le racisme fut énergique, précoce et déterminante.

Dès le 25 mars 1928, un décret du Saint-Office condamne l’antisémitisme. En 1937, les encycliques Mit brennender Sorge et Divini Redemptoris condamnent fermement et sans équivoque les thèses racistes des systèmes nazi et communiste. «Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l’État, ou la forme de l’État, ou les dépositaires du pouvoir, ou toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine – toutes choses qui tiennent dans l’ordre terrestre une place nécessaire et honorable -, quiconque prend ces notions pour les retirer de cette échelle de valeurs, même religieuses, et les divinise par un culte idolâtrique, celui-là renverse et fausse l’ordre des choses créé et ordonné par Dieu : celui-là est loin de la vraie foi en Dieu et d’une conception de la vie répondant à cette foi»[[Pie XI, Mit Brennender sorge.]].

Le 13 avril 1938, la Sacrée Congrégation des Séminaires et Universités condamne un ensemble de thèses visant à établir une hiérarchie entre les races et soutenant que les qualités morales et intellectuelles des hommes sont liées à leur appartenance à l’une ou l’autre race. Ce document est envoyé aux universités catholiques du monde entier.

Lors de la venue d’Hitler à Rome, le 3 mai 1938, Pie XI part ostensiblement à sa résidence d’été de Castelgandolfo, interdisant que l’on hisse le drapeau du Reich sur quelque édifice de l’Eglise que ce soit, et L’Osservatore Romano de ce jour-là ne dit rien de la visite, mais publie en première page une déclaration dénonçant le racisme.

Pie XII dès son accession au trône pontifical reprend cette résistance intellectuelle et spirituelle et dénonce sans relâche le mépris du genre humain et l’antisémitisme nazis, encourageant les chrétiens à la résistance et se portant lui-même au secours de nombreux Juifs.

Lors de sa visite au mausolée de Yad Vashem à Jérusalem le 23 mars 2000, le pape Jean-Paul II réaffirme que «l’Eglise catholique, motivée par la loi évangélique de la vérité et de l’amour et non par des considérations politiques, est profondément attristée par la haine, les actes de persécution et les manifestations d’antisémitisme exprimés contre les juifs par des chrétiens en tous temps et en tous lieux. L’Eglise refuse toute forme de racisme comme une négation de l’image du Créateur intrinsèque à tout être humain (cf. Gn 1, 26)

 

Une lutte inlassable contre les racismes

Jean XXIII, dans son encyclique Pacem in terris, rappelle, à l’aube du concile Vatican II, que «la vérité doit présider aux relations entre les communautés politiques. Cette vérité bannit notamment toute trace de racisme; l’égalité naturelle de toutes les communautés politiques en dignité humaine doit être hors de conteste». Les grands textes du concile se feront l’écho de cette doctrine constante condamnant le racisme. Le concile en effet rappelle qu’« il n’y a qu’un peuple de Dieu choisi par Lui : «Il n’y a qu’un Seigneur, une foi, un baptême» (Ep 4,5). […] Il n’y a donc, dans le Christ et dans l’Eglise, aucune inégalité qui viendrait de la race ou de la nation, de la condition sociale ou du sexe»[[Lumen gentium, 32.]].

Et de ce fait, « nous ne pouvons invoquer Dieu, Père de tous les hommes, si nous refusons de nous conduire fraternellement envers certains des hommes créés à l’image de Dieu. La relation de l’homme à Dieu le Père et la relation de l’homme à ses frères humains sont tellement liées que l’Ecriture dit : «Qui n’aime pas ne connaît pas Dieu» (1Jn 4,[[Nostra aetate, 5.]]). Par là est sapé le fondement de toute théorie ou de toute pratique qui introduit entre homme et homme, entre peuple et peuple, une discrimination en ce qui concerne la dignité humaine et les droits qui en découlent. L’Eglise réprouve donc, en tant que contraire à l’esprit du Christ, toute discrimination ou vexation opérée envers des hommes en raison de leur race, de leur couleur, de leur classe ou de leur religion»8.

Deux principes fondamentaux résument l’enseignement de l’Eglise sur ce point : certes les hommes sont différents, et cette diversité est heureuse, mais il y a une égalité de nature entre les hommes, qui jouissent de la même dignité en tant que personnes humaines, créées à l’image de Dieu. «Tous les hommes, doués d’une âme raisonnable et créés à l’image de Dieu, ont même nature et même origine; tous, rachetés par le Christ, jouissent d’une même vocation et d’une même destinée divine : on doit donc, et toujours davantage, reconnaître leur égalité fondamentale. Assurément, tous les hommes ne sont pas égaux quant à leur capacité physique qui est variée, ni quant à leurs forces intellectuelles et morales qui sont diverses. Mais toute forme de discrimination touchant les droits fondamentaux de la personne, qu’elle soit sociale ou culturelle, qu’elle soit fondée sur le sexe, la race, la couleur de la peau, la condition sociale, la langue ou la religion, doit être dépassée et éliminée, comme contraire au dessein de Dieu»[[Gaudium et spes, 29.]].

Paul VI lui aussi condamnera sans ambages le racisme comme «un obstacle opposé à la construction d’un monde plus juste et mieux structuré selon une solidarité universelle»[[Populorum progressio, 62.]].

Tout au long de son pontificat, Jean-Paul II n’a cessé de réitérer cette condamnation du racisme, comme de toute autre forme de discrimination injuste. Ainsi, devant le Comité spécial des Nations-Unies contre l’Apartheid il s’exclame, en 1984, que «toute forme de discrimination fondée sur la race» est «tout à fait inacceptable».

Dans son message pour le 50e anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale, il met en avant la «culture de paix», qui ne peut que rejeter «toute forme de racisme et d’intolérance, en ne cédant d’aucun manière à la propagande raciste».

En 1999, lors d’un voyage en Amé-rique, le pape lance un défi à Saint-Louis, à l’est et à l’ouest du Mississippi, «mettre fin à toute forme de racisme, une plaie qui est,(…), l’un des plus persistants et des plus destructeurs maux de la Nation». En 2000, dans son message pascal et jubilaire, Jean-Paul II en appelle à la fin des conflits dans plusieurs régions du monde et, avant tout, à rejeter le racisme et la xénophobie.

En 2001, lors de l’Angélus du 26 août, il constate qu’«au cours des dernières décennies, caractérisées par le développement de la mondialisation et marquées par le retour préoccupant de nationalismes agressifs, de violences ethniques et de phénomènes diffus de discrimination raciale, la dignité humaine a été souvent et gravement menacée. Toute conscience droite ne peut que condamner avec fermeté le racisme, en quelque coeur ou lieu qu’il se trouve. Malheureusement, il émerge toujours sous des formes nouvelles et inattendues, offensant et dégradant la famille humaine. Le racisme est un péché qui constitue une offense grave contre Dieu. »

 

De nouvelles formes de racisme ?

En cette même année 2001, le Haut Commissaire des Nations-Unies pour les Droits Humains, organise le 3 août à Genève une table ronde pour préparer la Conférence Mondiale contre la discrimination raciale de Durban (Afrique du Sud). Parmi les personnes invitées à participer à cette table ronde figurait le cardinal Roger Etchegaray. «Le racisme est une plaie qui demeure mystérieusement ouverte au flanc de l’humanité, nous dit-il. Face à son extension et à sa banalisation, l’anti-racisme d’hier semble aujourd’hui peu adapté et a besoin, non seulement de raviver ses convictions permanentes, mais aussi de renouveler ses argumentations, voire de changer parfois de cible».

Il faut d’ailleurs souligner selon lui que «des analystes ont été jusqu’à dire que le racisme a son double dans un certain anti-racisme : il y a une forme de militantisme qui, loin de l’affaiblir, provoque une exacerbation du racisme. La notion même de racisme est d’un usage délicat et il n’est pas sans risque de la diluer en classant sous sa rubrique toute espèce de comportement inégalitaire».

Le cardinal Etchegaray pointe du doigt un des problèmes délicats de ce début du troisième millénaire : la banalisation de l’emploi du terme «racisme», l’élargissement de sa définition et son caractère de plus en plus évasif, la promptitude enfin avec laquelle il y est recouru pour qualifier telle ou telle attitude, ne finiront-elles pas par aller à l’encontre du but visé ?

Ces réflexions sont prolongées en septembre 2004 par celles du cardinal Van Thuan, alors président du Conseil pontifical Justice et Paix, à propos de la Conférence de l’ONU «contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et les autres formes d’intolérance».

A cette occasion est distribuée aux participants la seconde édition du document intitulé L’Eglise face au racisme, pour une société plus fraternelle, publié une première fois par le Conseil pontifical Justice et paix, à la demande du Saint-Père, en 1988. Le cardinal Van Thuan s’y interroge sur la notion de «discrimination positive», qui émerge alors dans le paysage de la lutte contre le racisme, et que la Conférence de Durban se proposait de promouvoir en tant que «bonne pratique».

Il constate que «sur la base de l’«action positive», certains pays ont adopté des législations qui accordent une protection spéciale, en particulier aux peuples autochtones ou aux minorités. Le choix de ce type de politique reste toutefois controversé. Il existe le risque réel que ces mesures cristallisent la différence plutôt que de favoriser la cohésion sociale, qu’en matière d’emploi ou de vie politique, les personnes soient recrutées ou élues en fonction de leur groupe ethnique et non en fonction de leurs compétences, et enfin que la liberté de choix soit ainsi conditionnée».

S’il est incontestable que «le poids des précédents à caractère historique, social, culturel, exigent parfois de la part des Etats des actions positives», il ne faut pas perdre de vue que cette «discrimination positive» ne doit être qu’un moyen et non une fin. Ces mesures doivent donc être temporaires, ne pas avoir comme effet le maintien de droits distincts pour des groupes différents, et elles ne doivent pas être maintenues en vigueur une fois que les objectifs fixés ont été atteints.

Monseigneur Van Thuan insiste également sur le danger d’ignorer certaines formes de racisme et notamment «celle, plus nouvelle et moins souvent dénoncée, qui concerne l’être humain à naître, soumis à des expérimentations et objet de la technique (à travers les techniques de procréation artificielle, l’utilisation d’«embryons surnuméraires», le clonage dit thérapeutique, etc.). Le risque d’une forme inédite de racisme est bien réel, car le développement de ces techniques pourrait conduire à la création d’une «sous-catégorie d’êtres humains», destinés essentiellement au bien-être d’un petit nombre. Une nouvelle et terrible forme d’esclavage. »

 

Une éducation nécessaire pour lutter contre le racisme

Parmi les «bonnes pratiques» à promouvoir selon le programme de Durban, outre la discrimination positive, figure aussi l’engagement de l’éducation aux droits de l’homme, en particulier à travers les moyens de communication et l’oeuvre des religions.

Le cardinal Van Thuan ne manque pas de souligner alors que «le Saint-Siège est conscient que les racines du racisme, de la discrimination et de l’intolérance se trouvent dans le préjugé et dans l’ignorance, fruits, avant tout, du péché, mais également d’une éducation erronée et insuffisante. D’où le rôle fondamental de l’éducation. A cet égard, l’Eglise catholique rappelle son rôle actif «à la base», d’une très grande portée, pour éduquer et instruire les jeunes de toutes les confessions religieuses et de tous les continents, et cela, depuis des siècles. Fidèle aux valeurs qui sont les siennes, l’Eglise dispense une éducation au service de l’homme et de tout l’homme. Cette action fondamentale, qui sert la cause des droits de l’homme, est bien connue.

Jean-Paul II, dans son message pour la 89e journée mondiale du migrant et du réfugié de 2003, réaffirmera que «l’esprit de solidarité n’est pas inné. Il exige un entraînement et un éloignement des attitudes de repli sur soi qui, dans de nombreuses sociétés d’aujourd’hui, sont devenues plus subtiles et enracinées. Pour faire face à ce phénomène, l’Eglise dispose de nombreuses ressources pour l’éducation et la formation à tous les niveaux». C’est pourquoi il appelle «les parents et les enseignants à combattre le racisme et la xénophobie en inculquant des attitudes positives fondées sur la doctrine sociale catholique».

Ce souci éducatif du pape s’était manifesté dans son désir de donner aux catholiques un «Catéchisme universel» leur permettant de connaître véritablement, et avec précision, leur foi.

Dans ses paragraphes 1934 et 1935, ce Catéchisme, paru en 1992, rappelle que «créés à l’image du Dieu unique, dotés d’une même âme raisonnable, tous les hommes ont même nature et même origine. Rachetés par le sacrifice du Christ, tous sont appelés à participer à la même béatitude divine: tous jouissent donc d’une égale dignité. L’égalité entre les hommes porte essentiellement sur leur dignité personnelle et les droits qui en découlent : toute forme de discrimination touchant les droits fondamentaux de la personne, qu’elle soit fondée sur le sexe, la race, la couleur de la peau, la condition sociale, la langue ou la religion, doit être dépassée, comme contraire au dessein de Dieu».

Jean-Paul II prend soin également de donner aux fidèles des figures de saints à contempler et à prier. Ainsi le 1er octobre 2000, il canonise l’américaine Katharine Drexel. Cette femme, qui venait d’une riche famille de Philadelphie, avait été touchée par la pauvreté et le manque d’espérance dans lesquels vivaient les populations indigènes des Etats-Unis et les afro américains. Pour répandre le message évangélique parmi eux, elle fonde la Congrégation des sœurs du Très Saint Sacrement et ouvre une soixantaine d’écoles et d’universités.

Le pape explique dans son homélie que celle-ci, «avec beaucoup de courage et une grande confiance dans la grâce de Dieu, décida de donner non seulement toute sa fortune au Seigneur mais de lui donner toute sa vie». A ses religieuses, elle enseigna une «spiritualité basée sur l’union de prière avec le Seigneur Eucharistie et le service zélé auprès des pauvres et des victimes de la discrimination raciale. Son apostolat a contribué à faire prendre conscience de plus en plus clairement du besoin de combattre toutes les formes de racisme à travers l’éducation et les services sociaux».

Enfin, comment ne pas terminer en mentionnant un autre outil précieux mis récemment à la disposition des fidèles, pour leur permettre d’étayer leur foi ? Le Compendium de l’enseignement social de l’Eglise a été élaboré par le Conseil pontifical Justice et paix et son actuel président, le cardinal Martino, a rappelé le 2 octobre dernier, en le présentant à Paris, que «l’Eglise condamne le racisme et plaide pour la protection des minorités, l’assistance due aux réfugiés, la mobilisation de la solidarité internationale». «La notion, assez neuve, de “citoyenneté mondiale”, vient, explique par ailleurs le cardinal Martino, « avant tout autre citoyenneté légale nationale », et « constitue un patrimoine de droits et de devoirs dont est dotée toute personne humaine, du simple fait de son appartenance à l’unique famille humaine ».

De là découle entre autres choses la condamnation du racisme[[Source Zénith, 3 octobre 2006.]]. Mais le cardinal Martino a également rappelé le lendemain à l’UNESCO que c’est avant tout «l’amour du prochain» qui est «au cœur de l’enseignement social de l’Eglise».

Certes chaque personne, en tant qu’être humain, doit voir ses droits respectés et son inaliénable dignité reconnue, mais il appartient au chrétien d’aller au-delà de ce simple respect de l’autre : c’est l’amour qui doit dicter sa conduite car, comme nous le rappelle Benoît XVI dans sa première encyclique, Dieu est amour.

 

Extrait de Permanences 436

 

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