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Voici un extrait tiré de l’ouvrage « Pour qu’Il règne » de Jean Ousset  pages 419-420 « Sous le signe de la Bête» :

Matthieu 12, 30 « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi ; celui qui ne rassemble pas avec moi disperse. » « Qui n’est pas avec moi est contre moi ».

(…) cette volonté, et cet amour de la Thèse qui seraient comme l’âme de nos moindres activités civiques, ne sont pas le signe, plus ou moins facultatif, de quelques catholiques plus zélés. Ils sont obligatoires. Rien là d’une « matière à option » qu’on pourrait écarter sans cesser d’être bon catholique.

[L’engagement] dont nous parlons s’impose comme universelle. Il est le devoir d’état fondamental, parce que devoir d’état spécifique de la créature raisonnable envers son Créateur. Qu’on envisage les choses à la lumière de la raison ou de la foi, on ne peut s’échapper à ce caractère d’obligation vraiment absolue. Le devoir de travailler à l’avancement du règne de Jésus-Christ s’impose à tous les baptisés, d’abord, à tous les hommes, ensuite. Devoir imprescriptible…

De l’homme public le plus engagé dans les affaires politiques jusqu’au religieux le plus retiré du monde, tous ont le devoir de prier, d’abord, de travailler, ensuite, pour que le règne du Père « arrive sur la terre comme au ciel ».  L’ « entre-deux » est impossible à ce degré : « Qui n’est pas avec Moi est contre Moi ».  Apocalypse 3, 15-16  « Je connais tes actions, je sais que tu n’es ni froid ni brûlant – mieux vaudrait que tu sois ou froid ou brûlant. Aussi, puisque tu es tiède – ni brûlant ni froid – je vais te vomir de ma bouche. »

L’Apocalypse nous l’apprend : les tièdes sont exclus. (…) pour primordiale qu’elle soit, une ferme volonté n’est pas tout. Un amour ardent et vraiment éclairé exige la prudence, mais dans la mesure où celle-ci est bien désignée pour ce qu’elle est : « la science des actes concrets », la vertu même d’une action ordonnée, judicieusement calculée, et, à ces titres mêmes, ayant plus de chances d’être victorieuse. La prudence, c’est l’élan de l’amour, non pas, certes, arrêté ou détourné, mais rendu ingénieux dans une intention de conquête. Oh ! Certes, nous n’ignorons pas que, pour ardent que soit l’amour, la prudence conseille, parfois, de tolérer l’erreur pour éviter un plus grand mal. Mais qu’importe l’impossibilité d’avancer quand il apparaît que tout a été fait, que tout a été mis en œuvre, que la volonté, surtout, ne se relâche pas, que la pression de notre vouloir continue à s’exercer jusqu’au moment, choisi par Dieu, où les obstacles cèderont, enfin, sous le poids d’une poussée chrétienne qu’aucun assouplissement ne sera venu affaiblir ! »

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