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Jean Ousset 9Jean Ousset dans « L’Action », (p. 53 à 118) explique l’importance d’équipes bien formées réunies par une même volonté d’agir. Une personne au bon endroit, au bon moment peut faire la différence… Extraits :

« La lutte est idéologique… si l’on entend désigner la raison, l’argument suprême… des conflits qui déchirent le monde. Ce qui est faux… si l’on pense que les idées sont susceptibles de déclencher, commander, orienter, par elles-mêmes des réalisations telles qu’en ces affaires l’homme serait plus mû que moteur…L’histoire prouve assez l’inefficacité d’une pareille méthode… Tant qu’une doctrine… ne dispose pas… d’un certain nombre d’hommes résolus, pour la défendre, la propager, l’appliquer, cette doctrine reste sans effet.

Non qu’on entende récuser l’influence des idées. Ce sont elles qui éclairent l’intelligence, excitent l’ingéniosité, animent la volonté.

L’avenir est aux groupes qui,… possèdent les hommes les mieux formés, les plus décidés à l’action.

Question d’intelligence, mais aussi de volonté.

« J’avais cru, en entrant dans la vie religieuse, que j’aurais surtout à conseiller la douceur et l’humilité, lit-on dans une lettre du Père de Foucauld. Avec le temps, je vois que ce qui manque le plus, c’est la dignité et la fierté ».

Suprême ressort d’une action efficace !… Quelques hommes (déterminés). Hommes vrais. Non formules abstraites. Non individus « n’importe qui » pour la fonction « n’importe quoi ». Mais le « monsieur-qui-peut-réellement-faire-l’affaire »… C’est d’abord avec, c’est d’abord par ces quelques personnes que l’action se développera…

La recherche, le choix, la formation de ces quelques-uns, bien définis, pour des besognes non moins définies, sont particulièrement importants…

La découverte de l’homme idoine est toujours décisive… Pour le trouver, il n’est pas trop de traverser les fleuves et monts, alors qu’il peut être inutile, voire nuisible en certains cas, d’organiser une réunion de vingt mille personnes…

Le passage à l’action d’un seul homme peut devenir un événement national. Mondial…

En conséquence, serait-il excessif d’admettre qu’un seul homme puisse influencer l’orientation sociale et politique d’une région, d’un réseau professionnel ?

Dans combien de groupes, de mouvements avons-nous entendu dire : rien à faire dans tel coin, dans tel milieu… Jusqu’au jour où… brusque départ dans ledit milieu et ledit coin. Pourquoi ? Parce qu’on y avait enfin découvert l’homme idoine. Celui qui avait pu, su, voulu, tenu.

Il n’est pas question de sous-estimer l’importance du nombre. Il est question, seulement, de désigner la bonne manière, le plus sûr moyen d’atteindre le grand nombre, et de conserver sur lui une influence heureuse, durable, décisive.

Se peut-il que Lénine ait compris mieux que nous le sens du rapport : qualité-quantité ?

« La tâche pratique la plus urgente, lit-on dans les Œuvres Complètes de Lénine, (T. IV), est de créer une organisation révolutionnaire capable d’assurer à la lutte politique un caractère énergique, ferme, SUIVI… » (p. 506)… 

« Il nous faut des hommes qui ne consacrent pas seulement à la Révolution leurs soirées libres, mais toute leur vie ». (p. 58)… »

Publié dans Le Salon Beige le 26 mars 2014

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