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1 – “Les amis on les choisit, la famille on la subit” De fait, la famille vous contraint à vivre avec des gens que vous n’auriez pas forcément choisi si vous en aviez eu la possibilité.

C’est le type même de la fausse question qui repose sur un présupposé dialectique impliquant que l’on subit nécessairement ce qui n’est pas choisi. S’il est indéniable que l’on ne choisit pas sa famille, la subit-on davantage pour autant et si l’on choisit ses amis est-on sûr de ne jamais les subir ?

Ce slogan est répété depuis des décennies sans vraiment être réfléchi. A y regarder de plus près, l’on s’aperçoit que les problèmes des relations personnelles sont les mêmes entre ceux que l’on a choisis et ceux que la vie vous a imposés. La démarche volontaire n’est pas obligatoirement gage de bon choix ni de bonheur.

Par ailleurs, chacun est responsable du climat familial dans lequel il vit, selon son état – enfant, parent, époux – et selon ses qualités personnelles. Chacun pour sa part, est une victime responsable. Avant de voir ce que l’on subit des autres, peut-être faudrait-il avoir l’honnêteté de reconnaître ce qu’on subit de soi-même et ce ce que l’on fait subir aux autres.

2 – ‘L’amour est la raison d’être du mariage et de la famille. Si l’on ne s’aime plus, à quoi bon rester ensemble et contraindre les enfants à subir des disputes incessantes ?”

Cette question soulève le problème de la nature de l’amour. Il n’est ni un vague sentiment, encore moins une simple attirance réciproque. Si le mariage est fondé sur un sentiment, il risque rapidement d’être remis en cause par les époux eux-mêmes. Une routine s’installera, les difficultés de la vie mettant en exergue les faiblesses et les défauts de l’autre qui ne sembleront ne pouvoir être résolues que par la rupture.

En toutes choses, souvenons-nous qu’il vaut mieux s’attaquer aux causes des maux plutôt que de chercher à résoudre leurs conséquences qui de toutes façons sont cruelles.

Si l’on s’est marié et que l’on ne s’aime pas, que l’on divorce ou que l’on reste ensemble, de toutes façons l’on a créé un drame dont les enfants sont les victimes innocentes. A quoi bon ajouter au drame de la mésentente celui de la rupture qui transforme les enfants en otages des querelles des parents ? Si l’on peut décider de cesser d’être des époux, l’on ne peut cesser d’être des parents. A supposer en effet que le divorce règle les problèmes des parents, il ne résout pas celui de l’éducation des enfants. Les chiffres démontrent qu’il n’existe pas de divorce réussi en matière éducative : chaque année, environ 70000 divorcés retournent en justice pour un litige concernant les enfants (questions de l’autorité parentale, lieu de résidence des enfants, droit de visite…). Les parents – premiers responsables de la situation – vivent “leur vie” pendant que les enfants paient “les pots cassés”.

3 – “Même solide et unie, la famille est un carcan qui ne permet pas l’épanouissement individuel”

Etre social par nature, l’homme ne peut s’épanouir sans le cadre communautaire qui lui permet d’agir : l’homme ne progresse que par ce qu’il donne et ce qu’il reçoit des autres.

Ce n’est donc pas la famille mais l’individualisme qui est un carcan tant il laisse l’homme avec ses seules forces qui sont en réalité bien faibles et le condamnent à l’impuissance.

Dès qu’il vit dans le cadre d’une institution, l’homme bénéficie de l’apport des autres. La complémentarité n’est pas un obstacle à l’épanouissement. Au contraire elle en est le garant. Pour preuve, l’homme ressent le besoin d’ajouter aux institutions naturelles qui lui sont soi-disant imposées, des communautés d’objet très différents et qui correspondent à des actions particulières (associations, syndicats…).

La nature humaine n’étant pas parfaite, les communautés humaines ne le sont pas davantage. Ce n’est pas en tentant d’y échapper que l’homme améliorera la situation ; être social par nature, il ne peut pas échapper à l’appartenance communautaire, et n’a donc qu’un choix, celui de l’améliorer.

L’actuel regain de la famille qui voit les jeunes rester longtemps dans le giron familial, correspond à un temps de frilosité et de récession. La famille est la valeur-refuge des “paumés”.
La famille, une valeur-refuge ? Ne sommes-nous pas tous un peu “paumés” du fait de la faiblesse de notre nature ?

C’est parce que la famille est une valeur naturelle, qu’elle est un refuge naturel !

La force de la famille c’est qu’elle entoure l’homme dans tous les moments de sa vie, dans les meilleurs comme dans les pires. Etre de relations, l’homme a besoin de partager ses peines comme ses joies. Mais c’est toujours en période difficile que l’on prend conscience de ce qui a vraiment de la valeur, et qui peut vous protéger et vous permettre de vivre quelles que soient les difficultés et l’agressivité extérieures. Les liens charnels qui fondent une famille et lient ses membres entre eux, les portent plus facilement à s’aider les uns les autres. Institution naturelle, la famille engendre une solidarité naturelle.

Mais la tentation du “cocooning familial”, n’est qu’un risque et non une fatalité, la famille offrant gratuitement à ses membres “en difficulté” la possibilité de se ressourcer, de reprendre des forces pour repartir dans la vie. Contrairement à la solidarité mécanique, la solidarité familiale est inépuisable et trouve sa récompense dans le bonheur retrouvé par celui qui est en difficulté. Dans la famille, l’on n’est jamais “en fin de droits” !

La “famille” en chiffres :

– 303 500 mariages célébrés en 2001.

– 58% des Français de 18 à 35 ans ont l’intention de se marier.

– Les remariages représentent chaque année environ 15% du nombre total de mariages.

– 32% des couples qui se sont mariés en 2001 avaient déjà des enfants (7% en 1980).

– Environ 150 000 enfants ont assisté au mariage de leurs parents en 2001.

– Moins d’un couple sur deux se marie aujourd’hui à l’Eglise (78% en 1965).

– 15% des couples ne sont pas mariés soit 4,8 millions de personnes en 2000.

– Environ neuf couples sur dix commencent leur vie commune sans se marier (contre 1 sur 10 en 1965).

– 43% des naissances sont hors-mariage en 2000.

– Un ménage sur trois est composé d’une personne seule soit 7,3 millions de Français.

– 7,2% des familles étaient monoparentales en 2000 contre 3% en 1975.

– 12% des enfants vivent avec un seul parent (dans 85% des cas il s’agit de la mère et pour 12% d’entre elles, elles ont trois enfants à charge).

– 39000 divorces ont été prononcés en 1970, 60000 en 1975, 106000 en 1985, 120000 en 1995…

– La probabilité de divorcer a été multipliée par 4 en quarante ans: 10% en 1965, 40% en 1995.

– 18% des divorces interviennent avant la cinquième année de mariage, 21% entre cinq et dix ans après le mariage.

– 30% des couples qui divorcent ont un enfant.

– 76% des Français considèrent que le mariage, c’est un engagement pour la vie.

A méditer…

“Il est amer d’être seul. Mais il est plus amer encore quand on est deux, de ne pas faire qu’un seul. La pire des solitudes git dans la communion ratée”.

Gustave Thibon, Ce que Dieu a uni, p. 189.

La perle…

“Quand on a des enfants, on est soit riche, soit catholique, et donc on peut payer”.

Alain Riou,président du groupe Vert à la Mairie de Paris, in Famille Chrétienne, 31 mai 2003.

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