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Birthe Lejeune nous a quittés hier après-midi. Elle a rejoint le Père qu’elle servait à travers la cause des plus démunis. « Ce que vous avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt, XXV, 40). Elle a aussi rejoint son mari parti trop tôt, il y a vingt-six ans, quelques mois après avoir accepté de présider la nouvelle Académie pontificale pour la vie que venait de créer Jean-Paul II dont ils étaient tous deux très proches.

Aux côtés de son mari puis à sa suite après son décès, elle a constamment défendu la cause de la vie. D’abord, elle accepte profondément l’ostracisme qui a frappé Jérôme Lejeune au sein du monde scientifique lorsqu’il reçoit le prestigieux prix William Allen Memorial Award à San Francisco le 3 octobre 1969. Ce jour-là, il sait que sa carrière bascule lorsqu’il dénonce, à l’occasion de la réception de ce prix, la volonté de certains scientifiques de dépister la trisomie 21 avant la naissance pour mettre en place une sélection eugénique qu’il appelle un « racisme chromosomique ».

C’est donc tout naturellement qu’elle mettra son énergie au service de la cause des plus fragiles et s’engagera pleinement dans la bataille contre la légalisation de l’avortement, notamment en faisant signer le manifeste des médecins de France contre l’avortement avec le soutien précieux de l’association des médecins pour le respect de la vie, présidée par le docteur Henri Lafont. C’est dans ce cadre que se nouera une amitié profonde avec Jean Ousset, Michel de Penfentenyo, Jacques Trémolet de Villers et Jean-Marie Schmitz, à travers l’œuvre de la Cité catholique devenue aujourd’hui Ichtus. Avec son mari, elle participe aux congrès de Lausanne, puis à ceux de Paris et Versailles, puis après son décès, au colloque Catholiques en action qui se tient chaque année à Paris au mois d’octobre.

Certains proches d’Ichtus lui doivent beaucoup. Clément, fils de Michel Barrois, et Marie-Ange, fille de Jean de Saint Chamas, se souviennent encore d’avoir été invités par elle à prier avec le pape Jean-Paul II sur la tombe du professeur Lejeune à Chalo-Saint-Marc, à l’occasion de la venue du pape à Paris en août 1997 pour les Journées Mondiales de la Jeunesse. Tous ceux qui l’ont rencontrée ont été touchés par ses attentions personnelles et son énergie communicative.

Après le décès de son mari, le 3 avril 1994, quelques jours avant celui de Jean Ousset, elle se consacre pleinement à la Fondation Jérôme Lejeune qu’elle crée avec son gendre, Jean-Marie Le Méné, au service des personnes touchées par les maladies génétiques de l’intelligence et plus spécialement celles porteuses de la trisomie 21, en France et dans de nombreux pays du monde. De même, elle se rend régulièrement à Rome où elle est académicienne d’honneur de l’Académie pontificale pour la vie et membre du Conseil Pontifical pour la Pastorale de Santé.

Ichtus tient aujourd’hui à lui rendre hommage. Nous présentons nos plus sincères condoléances à sa famille et l’assurons de notre prière et de notre reconnaissance pour le magnifique exemple qu’elle a donné tout au long de sa vie terrestre : celui d’un engagement généreux pour l’essentiel.

Benoît Dumoulin,

Guillaume de Prémare,

Bruno de Saint Chamas



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