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Hollande photo officielleNe nous trompons pas. En 24 mois Hollande aura presque tout fait de son “contrat personnel”. Il aura “fait le job” sans manquer un objectif. Les médias sont ses alliés quant ils disent qu’il est perdu. Il est l’homme fort du pouvoir et il a tout pour durer…

Certains  se gaussent en pointant l’inefficacité et le manque de vision politique de François Hollande. Je ne partage pas du tout ce point de vue. Hollande est un maître dans le jeu dialectique qui est le sien. Quand on fera son bilan, nous serons d’accord pour considérer qu’il aura remarquablement donné force et durée à une subversion profonde des sociétés naturelles de la France. Il n’aura pas servi la France mais il aura “fait son job”. Orchestrateur habile du “Coup d’Etat permanent”, il sera le Président dont la politique aura inscrit en un minimum de temps dans des lois positives, le plus grand nombre de non-conformités avec la loi naturelle. Avec le taux de rejet le plus élevé de tous les Présidents de la cinquième république, il peut même au dire des analystes, être réélu si Marine le Pen est au second tour des élections présidentielle, ce qui est sans doute en tête de l’agenda de son parti et dans la tête des opposants qui visent le tour suivant.

Mais il n’aura rien lâché de ce qui est essentiel à sa politique étatique et totalitaire :

–          enraciner la non discrimination comme seul principe de discernement du bien et du mal républicain et disqualifier le CNE ;

–          augmenter le pouvoir de l’Etat sur la vie privée des citoyens et réduire le pouvoir de l’Etat dans le domaine public et principalement la justice et la sécurité ;

–          réduire l’autonomie de discernement du bien commun des élus en privant les maires  d’une clause de conscience et les réduire à un rôle de fonctionnaire exécuteur de la loi ;

–          multiplier et encourager dans les faits, les injustices qui font les électeurs dépendants (en ayant la posture du défenseur de la justice) pour justifier l’intervention définitive et pour “toujours” de l’Etat ;

–          transformer définitivement le travail en privilège de « riche » pour rendre plus difficile les solidarités et les communautés de destin indépendantes de l’Etat. Subvention : oui ! – Profit : non ! Investissements d’Etat financés par la dette : oui ! Investissements privés : non ! Donc taxés. (Même les coûts de production sont maintenant dépendants des subventions ou CICE “crédit d’impôt compétitivité emploi” pour lesquelles il faut faire une demande à l’administration fiscale – courage fuyons !) ;

–          rendre chaque jour chaque citoyen plus dépendant de l’Etat, en utilisant jusqu’à sa situation de faillite financière et de dépendance de la politique européenne ou du secteur financier, pour ancrer cette situation même en cas d’alternance politique et empêcher les prises de responsabilités par en bas ;

–         réduire à la seule dépendance financière les droits et les devoirs de chaque citoyen à l’égard de la nation. Être français c’est payer des impôts et dépendre financièrement de l’Etat français par des allocations, des subventions et des retraites. Après avoir donné des subventions à l’immigré sur le sol français, on donne la nationalité à ceux qui reçoivent des allocations sans considération de la langue, de la culture, de « l’employabilité » ; seul critère d’arbitrage : la non-discrimination…

–         faire de la famille une simple convention soumise à contrat autorisé par l’Etat ;

–         faire disparaître les responsabilités « intergénérationnelles » pour que chacun ne « doive rien » à personne ;

–         relativiser, au nom de l’égalité,  jusque dans l’être de chaque citoyen, les responsabilités  sociales, pourtant liées à sa nature personnelle, de père, de mère, d’ homme, de femme ;

–         réduire la responsabilité sociale sur la vie de chaque citoyen au choix arbitraire du plus fort au détriment du plus fragile en faisant de l’avortement et de l’euthanasie des instruments de régulation économique ;

–         faire de l’assistance et de l’éducation un instrument de destruction du lien social et de la responsabilité en multipliant les fonctionnaires « antinature », planning familial, éducation au genre .

Qui dit mieux ? Qui aura fait autant en si peu de temps ? Car l’efficacité se mesure en rapportant le résultat à l’effort et à l’objectif.

Certains objecteront le déclassement de la France à l’international, la politique contradictoire de lutte et de soutien à l’islamisme au Mali ou en Syrie, la perte de pouvoir d’achat des français et la destruction de centaines de milliers d’emplois, l’augmentation vertigineuse du nombre de personnes seules en particulier à Paris, du taux de chomage chez les jeunes, pour dire que Hollande n’a pas réussi et que l’augmentation de l’injustice à l’opposé de ses engagements de campagnes, est un échec.

Mais dire cela c’est être réformiste car pour le réformiste, la réforme est tout et l’action politique a pour but la réforme.

Mais Hollande et son équipe sont profondément marxiste, même s’ils ne sont pas communistes et que leur fonctionnement BOBO masque la nature profondément “révolutionnaire” de leur action sous couvert de “sociale démocratie”.

Or pour le marxiste, la réforme n’est rien, elle est un instrument au service de l’action “révolutionnaire” (au sens politique et destructeur du mot) qui consiste à inverser les valeurs de la vie sociale, à dénaturer les responsabilités naturelles, à séparer ce qui doit être uni, à fonder la loi positive sur “l’arbitraire du moi” sans référence à une quelconque loi supérieure. Au nom de la révolution permanente, le marxiste, cultive l’injustice comme le ferment toujours disponible pour conquérir et reconquérir le pouvoir et celui en particulier de l’opinion. Il voit dans l’injustice non un mal à combattre, non une plaie à réduire mais un argument pour mobiliser les forces politiques disponibles. Les revendications du genre ont à cet égard une valeur extraordinaire pour le révolutionnaire puisqu’elle fonde la revendication “idéelle” parfaite que Jean Madiran avait décryptée en 1968. Une revendication permanente qui ne pourra jamais être satisfaite puisque un homme ne sera jamais, jamais, jamais une femme ! Donc il y en a pour un moment ….. et cette revendication du genre ne sera jamais satisfaite.

Donc comprenons bien la situation : Hollande va réussir à atteindre ses objectifs et il a la force d’âme du minoritaire pour tenir dans l’adversité (6 mois avant le lancement des primaires, il avait 2% d’intention de vote en sa faveur au PS) et l’habileté du manipulateur des courants au service de son propre objectif. Il sait combiner les influences relatives et minoritaires pour imposer une politique. En promettant l’inversion de la courbe du chômage pour laquelle il n’a rien fait , ne s’est-il pas donné le temps de sécuriser son programme… le vrai, celui qui lui tient à cœur, son contrat avec le lobby BOBO, celui sur lequel il peut agir ?

Mais on ne construit pas la maison comme on la déconstruit. Nous savons depuis Beaumarchais qu’il est rapide de détruire la réputation du bien et donc de répandre l’esprit de discorde, fondé sur la calomnie. Maintenant il faut reconstruire. Une course à l’alternance politique n’y suffira pas. Il faut un travail en profondeur sur les esprit pour faire aimer la justice qui ne peut se fonder que sur le vrai, le beau et le bien objectifs et non subjectifs.

Il faut donc refonder une culture commune, non dialectique mais bienveillante. Ce travail peut commencer ici et maintenant, partout où nous avons aujourd’hui déjà des responsabilités. C’est beaucoup plus qu’une résistance. C’est une “contre-attaque active”, à “contre courant”, pour reprendre en main les pouvoirs qui sont les nôtres partout… et que l’on voudrait nous convaincre d’abandonner.

Utilisons toutes les libertés qui sont les nôtres pour entreprendre et refaire la sociabilité dont nous avons besoin.

Et toujours pour commencer former et relier pour agir.

Bruno Dournazac

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