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Cellule de base de la société, lieu où l’amour humain est le plus à même de s’épanouir, où la vie se transmet, la famille est une institution en danger. Après la banalisation de l’avortement et du divorce et la promotion du PACS (pacte civil de solidarité), les tenants de la culture de mort sont en passe de gagner une nouvelle bataille : la désacralisation totale du mariage et l’égalité des droits pour les couples homosexuels. C’est déjà fait en Belgique, aux Pays-Bas, en Suède ou en Espagne. En France, les politiques, victimes de la pression de lobbies omnipotents, étudient cette question, déjà présente au cœur des prochaines ­campagnes électorales.

Face à cette offensive, il convient de rappeler, fermement, quelques vérités. Le langage de l’Église en la matière est un langage de Vérité, qui rejoint et se confond avec l’histoire des relations entre l’homme et la femme depuis l’aube des temps jusqu’à aujourd’hui. Ainsi, dans le Droit Canon, il est écrit : « Le consentement ­matrimonial est l’acte de volonté par lequel un homme et une femme se donnent et se reçoivent mutuellement par une union irrévocable pour constituer le mariage »[[Code de Droit Canonique, 1057, §2]]. Cette définition est complétée par le Catéchisme de l’Église Catholique : « Du mariage valide naît entre les conjoints un lien de par sa nature perpétuel et exclusif »[[Catéchisme de l’Église Catholique, §1638]].

De même, cette union n’est envisageable qu’entre un homme et une femme : « Que l’homme et la femme soient créés l’un pour l’autre, l’Écriture Sainte l’affirme : “Il n’est pas bon que l’homme soit seul” (Gn II, 18) »[[Ibid, §1605]]. Dans cette logique, il ne peut y avoir de mariage sans désir vrai de donner la vie : « Et Dieu les bénit et Il leur dit : “Soyez féconds, multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la“ »[[Genèse I, 28]]. On ne peut être plus clair. Il est également évident, à la lecture de ces textes dans leur ensemble, que cette définition concerne l’institution même du mariage, qu’il soit civil ou religieux.

Tout repose sur les affinités sexuelles

 

Dans notre société, hélas, cette vision fondamentale et immuable de l’union entre l’homme et la femme est occultée. On se marie pour fonder une famille, mais aussi et surtout pour bénéficier des avantages divers que la loi offre aux couples. Le seul critère est la vie en commun. Nous vivons ensemble, nous sommes un couple, nous avons les mêmes droits que des gens mariés. L’union ne repose plus sur un projet de vie, avec la création d’une famille qui permet la transmission d’un patrimoine spirituel vivant, mais sur des affinités sexuelles, qui sont ce qu’elles sont et durent ce qu’elles durent.

Dans certains pays, dont la réputée très catholique Espagne, le législateur a décidé, sous la pression de puissantes minorités, d’ouvrir à tous les couples le mariage civil, et les droits qui en découlent. En France, la pression monte. Le 24 juin, 300 000 personnes ont participé à la “marche des fiertés”, anciennement appelée Gay Pride, à l’appel de l’influente interassociative lesbienne, gay, bi (pour bisexuel) et trans (pour transsexuel).

Au son d’une musique techno, les manifestants, soutenus par un nombre impressionnant de spectateurs, ont battu le pavé, revendiquant de manière parfois haineuse, toujours virulente, l’égalité des droits. La proximité des échéances électorales de 2007 et l’importance médiatique de l’événement a servi de caisse de résonance. Attirées par cette manne d’électeurs potentiels, de nombreuses formations politiques ont emboîté le pas et ont affiché un char à leurs couleurs au milieu du défilé. Il y avait l’UMP, l’UDF, le PS, pour ne citer que les plus grands.

Pour bien se faire remarquer, certains élus n’ont pas hésité a rejoindre la foule hétéroclite, souvent caricaturale à l’extrême, des gays, lesbiennes, bi et trans - puisqu’il faut les désigner ainsi - promettant à ceux qui les interpellaient de se pencher sur la question de l’égalité des droits. Sur la grave problématique des enfants adoptés (qui n’est pas la même que celle de l’adoption proprement dite) et de leur droit naturel à avoir un papa et une maman, pas un mot. Quand on sait le nombre d’attachés parlementaires qui revendiquent leur homosexualité, on ne peut que craindre que différents textes de lois soient déjà prêts, attendant le moment opportun pour être présentés à l’Assemblée. L’institution du mariage a du souci à se faire, d’autant que l’opinion, victime d’une propagande médiatique aux allures de rouleau compresseur, semble favorable à un changement des institutions. Quand le mariage aura trinqué, la famille dégustera.

Le rôle économique et social de la famille

 

L’État ne peut ignorer le rôle social et économique de la famille. La condamner, c’est creuser sa tombe, et entraîner dans l’abîme la société dans son ensemble. Promouvoir le mariage homosexuel, au nom d’une sexualité débridée parce que non assumée, est la meilleure façon de plonger directement la France dans les profondeurs. Il sera alors trop tard pour déplorer marasme économique et désordres sociaux, fermetures d’entreprises et crises des banlieues.

Heureusement, des voix crient dans le désert. Le deuxième week-end de juillet, la ville de Valence, en Espagne, a accueilli les journées mondiales de la famille, marquées par la visite du Pape. Trois jours durant, dans une ambiance résolument tournée vers l’avenir, la place de la famille et les enjeux actuels ont été évoqués, avec en filigrane un appel fort à l’action, prononcé par le docteur Anderson : « Le moment est venu pour les familles de se lever ».
Le samedi soir, au cours de la veillée, avant de méditer joyeusement sur le rôle de la famille, qu’il définit comme une institution intermédiaire entre l’individu et la société que rien ne peut remplacer, Benoît XVI avait déjà adressé une supplique aux responsables politiques du monde entier. « J’invite les gouvernants et les législateurs à réfléchir sur le bien évident que les foyers en paix et en harmonie assurent à l’homme, à la famille, centre névralgique de la société, comme le rappelle le Saint-Siège dans la Charte des droits de la famille », a supplié le successeur de Pierre.

Message d’espérance aux familles

 

Le lendemain, à l’occasion de la messe dominicale célébrée devant 1,5 millions de personnes, soit presque le triple des participants et spectateurs de la “marche des fiertés” parisienne, le Saint Père a affirmé d’une voix ferme : « C’est un message d’espérance que, de Valence, je veux lancer aux familles du monde ».

Une espérance que l’Église porte et transmet à la terre entière, et qui fit dire au Pape cette phrase que les grands de ce monde devraient méditer en profondeur : « Pour avancer sur ce chemin de maturation humaine, l’Église nous enseigne à respecter et à promouvoir la merveilleuse réalité du mariage indissoluble entre un homme et une femme, qui est aussi l’origine de la famille. C’est pourquoi, reconnaître et soutenir cette institution est un des services les plus importants que l’on puisse apporter aujourd’hui au bien commun et au véritable développement des hommes et des sociétés, de même que la plus grande garantie pour assurer la dignité, l’égalité et la véritable liberté de la personne humaine ».

 

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