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Avec la tuerie de Nice, la stratégie de la terreur menée par l’islam djihadiste vient de marquer de nouveaux points. Les médias avancent l’hypothèse que le tueur ait agi sans ordre d’une organisation, le procureur évoque la préméditation et le concours de complicités personnelles. Toujours est-il que l’Etat islamique revendique cet attentat, qui colle parfaitement aux visées qui sont les siennes.

Son objectif est en effet que sa guerre autoproclamée sainte se déploie d’elle-même dans nos villes, sans avoir forcément besoin de la coordonner. L’Etat islamique a écrit son scénario : il mise sur la montée paroxysmique de la terreur pour rendre impossible la vie commune entre les Français musulmans et le reste de la communauté nationale. Son objectif est clair : après la méfiance réciproque viendra la défiance, puis l’hostilité, et enfin l’affrontement.

Ce scénario macabre, préparé depuis longtemps par les propagateurs du djihad, présente un réalisme implacable : tout se déroule, pour le moment, selon le script établi. Même dans l’hypothèse où l’Etat islamique serait vaincu au Levant, le spectre du djihad demeurera, sous une forme ou une autre, Daesh étant « une culture avant d’être une milice », selon l’expression de Kamel Daoud.

Quoi qu’il arrive au Levant, la France est donc prise dans un engrenage de guerre intérieure. D’une certaine manière, le danger intérieur est aujourd’hui pour nous supérieur au danger extérieur. Les chars de l’Etat islamique ne débarqueront pas à Paris, mais des soldats de la guerre de l’islam radical sont déjà présents sur notre territoire ; et leur nombre augmente désormais par inertie au sein de notre propre population.

Briser l’engrenage

Si le scénario de la guerre intérieure est écrit, l’histoire concrète n’est cependant pas consommée. Toute la question est aujourd’hui de savoir comment briser cet engrenage. Cela nécessite notamment une profonde réflexion – et des mesures fortes – sur les questions de sécurité intérieure, qui sont du ressort d’un Etat aujourd’hui dépassé ; mais aussi sur les conditions d’un sursaut culturel et politique qui pourrait enrayer la fracturation progressive des communautés. « Osons une riposte culturelle », s’exclame Louis Manaranche dans le FigaroVox.

Comme chrétiens, que pouvons-nous faire ? Bien sûr donner ce supplément d’âme qui permet l’Espérance au moment où celle-ci semble lointaine. Mais pas seulement. Dimanche dernier, l’abbé Grosjean a posté ce message sur Twitter : « Les chrétiens prient après l’attentat de Nice. Mais prier nous engage aussi à agir pour servir et protéger notre pays, chacun selon sa mission ».

Il a raison d’en appeler à l’esprit civique. Avoir l’esprit civique, c’est déjà éviter d’alimenter la montée paroxysmique de la défiance et de l’hostilité, tout en restant lucide sur la situation, qui est objectivement grave. Avoir l’esprit civique, c’est en effet « servir, chacun selon sa mission », mais aussi « protéger ». Les chrétiens portent, comme les autres, le beau nom de citoyens. Et quand la violence arbitraire se déploie contre les innocents, contre la patrie, il faut savoir se défendre. Il n’y a pas de justice ni de paix sans force.

Les autorités politiques ont appelé les Français patriotes – âgés de 17 à 30 ans – à rejoindre les réserves opérationnelles pour constituer une Garde nationale. Voici une belle mission pour notre vaillante jeunesse qui fait en ce moment le plein de carburant spirituel aux JMJ. L’esprit de défense est de nouveau de pleine actualité. Puisse-t-il être imprégné de cet esprit de force et de magnanimité dont la France et le monde ont aujourd’hui tant besoin.

Guillaume de Prémare

Chronique Radio Espérance du 22 juillet 2016

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