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« Il faut choisir de préférence l’observation ou l’argument qui séduit pour mieux faire aimer la France, l’Eglise et Jésus-Christ, en ne voyant pas forcément dans cette énumération un plan hiérarchique des valeurs mais ce qui correspond le mieux comme terrain d’intervention avec l’auditoire auquel on s’adresse ».

Dans les années 1970, Jean Ousset est allé sillonné la France, afin de rencontrer des groupes d’amis éloignés – et parfois très éloignés –  afin d’expérimenter avec eux, et pour eux, les moyens pratiques de montrer notre patrimoine et de le « faire parler » par lui-même des valeurs sur lesquelles il a été construit au fil des siècles. Ces rencontres avec des publics extrêmement variés lui ont permis de mettre au point les méthodes dites d’apprendre à voir.

Elles constituent une sorte de mise en ordre de l’ensemble de notre patrimoine par une étude objective de ce qu’il contient, ou de ce qui lui manque, dans les œuvres de peinture, de sculpture, d’architecture et de musique.

Une rééducation de l’intelligence

Il s’agit d’apprendre, ou de réapprendre à voir, à écouter, par la peinture, la sculpture, l’architecture et la musique.

Ces méthodes de l’action culturelle reposent sur deux piliers qui en fait n’en font qu’un.

1 – D’abord, et c’est la base de l’éducation, il s’agit de montrer les choses par une étude concrète de l’objet regardé, ou écouté. Comment il est fait, ce qu’il représente, la façon dont est traité le sujet. L’on passe progressivement de l’observation des sens au travail de l’intelligence. La saisie de l’intelligible dans le sensible, démarche philosophique fondamentale, est ici appliquée à la lettre, selon la formule de saint Thomas d’Aquin, « il n’y a rien dans notre esprit qui ne soit d’abord dans nos sens ».Cette démarche est, au sens strict du terme, une rééducation de notre fonctionnement intellectuel qui s’attache à l’observation « sensuelle » de l’objet pour remonter à la compréhension que l’on en a. L’application très concrète de cette démarche contribue très largement à restructurer les intelligences qui en ont aujourd’hui le plus grand besoin. Nos contemporains ayant trop spontanément tendance à ne réagir devant les choses, les idées et les êtres qu’en fonction de leurs goûts personnels ou de ce qu’ils en ont entendu dire. Le « j’aime.. » ou « j’aime pas… », le « je le sens comme ça », ayant largement remplacé le « j’ai constaté objectivement que… ». L’observation et la description concrète des oeuvres regardées par un groupe contraint les personnes qui le composent à ne parler que de ce qu’elles voient réellement et à argumenter objectivement leurs affirmations. Cet exercice répété permet à nombre d’entre elles de s’apercevoir que beaucoup de leurs « opinions » n’ont en fait aucune assise réelle et ne sont que des « ouïe-dire » ou des réactions passionnelles ou psychologiques.

2 – Mais pour apprendre à voir ou à écouter, c’est à une promenade à travers les richesses de notre patrimoine que nous invitent les méthodes culturelles. Par là, nous découvrons ou redécouvrons la richesse de cet héritage qui a façonné notre personnalité nationales, les valeurs qu’il contient et sur lesquelles il repose.Dans le meilleur des cas, nos concitoyens se font une idée plutôt flatteuse mais incomplète de leur patrimoine culturel. Mais la plupart d’entre eux ne le connaissent pratiquement pas. A la grande surprise des personnes qui pratiquent l’apprendre à voir, les membres de leur groupe découvrent pratiquement tout ce qui leur est montré. Les Français ne connaissent que peu de choses de la France ; à l’expérience, le fait de montrer celle-ci déclenche chez tous les publics le réflexe de découverte admirative.Ces deux démarches, l’une de description objective, l’autre apologétique, n’en font en fait qu’une seule car notre patrimoine parle de lui-même. Il suffit pratiquement de le montrer pour qu’il conduise, très concrètement et d’une façon indiscutable, à l’ensemble des valeurs qui le sous-tendent. L’expérience sur vingt ans des animateurs de l’action culturelle est là pour témoigner que, pratiquement, dans les séances d’apprendre à voir l’on est très souvent amené à donner, ici ou là, les explications doctrinales de ce que les participants constatent de visu, et cela à leur demande ; pour la bonne raison que l’intelligence humaine est ainsi faite que le système de constatation dans un premier temps, appelle immédiatement le système d’explication dans un second temps, mais seulement dans un second temps. L’inverse serait catastrophique, surtout à notre époque. Les passerelles entre la culture et la doctrine sont infinies, fonctionnent alors dans les deux sens, et sur questions et demandes des participants. D’où l’extraordinaire efficacité de cette formation culturelle pour tous ceux qui entendent, au sein d’une société divisée de croyances, être les artisans d’une renaissance chrétienne de notre patrie.

Trois bonnes raisons de pratiquer l’action culturelle

C’est pourquoi le Centre de Formation considère l’action culturelle comme partie intégrante du travail de formation à l’action qu’il propose. Et cela pour trois raisons.

D’abord, parce qu’un groupe de travail, quel qu’il soit, ne doit pas être un camp retranché ne servant qu’au réconfort intellectuel de ses membres. Il est fait pour attirer à lui tous ceux que chacun de ses membres connaît et qui souffrent de la décomposition sociale, morale et même spirituelle de notre nation. Chaque participant de nos cellules ou vidéo-clubs, pour sa plus grande efficacité et son plus grand rayonnement, doit être capable de montrer les richesses de ce patrimoine français dont nous sommes tous les héritiers.

Ensuite, parce que la pratique de l’action culturelle rend capable de parler avec amour de ce que nous défendons. Nous nous battons pour cette chair de la civilisation, et pas pour des principes: l’amoureux ne dit pas de sa fiancée qu’elle a une belle colonne vertébrale ou qu’elle mesure tant, mais il a envie de parler du son de sa voix, de la couleur de ses cheveux, de l’harmonie de ses gestes, de son charme… De même, parce que nous aimons notre civilisation, nous allons en parler avec des mots d’amour: rien ne séduit tant les autres que l’amour que nous avons pour ce que nous leur proposons. Et c’est une charité, car seul l’amour peut réchauffer le cœur des hommes.

L’on ne défend bien que ce que l’on aime, l’on ne sa bat bien que pour ce dont on est amoureux. La pratique de cette action culturelle donnera à tous les membres des groupes de travail le ton juste, les arguments chaleureux, les mots d’amour qui sont indispensables pour séduire avant de convaincre.

Enfin, nous avons besoin de l’attitude résolument positive de l’action culturelle pour tenir le coup ! Aux jours de découragement, de fatigue, seul l’amour véritable et concret des beautés de notre civilisation nous donnera la force de continuer. Notre combat est difficile, l’ennemi est efficace. Pour tenir dans la durée, nous avons besoin d’aimer d’amour ce pour quoi nous nous battons. L’action culturelle montre, concrètement, à quel point ce pour quoi nous nous investissons quotidiennement est infiniment aimable.

Une expérimentation rigoureuse

Pour la mise au point de ces méthodes, Jean Ousset est allé dans différents milieux très éloignés de nos préoccupations, parmi ceux qu’il considérait comme les plus pauvres, les plus démunis de nos concitoyens, afin de tester et de compléter auprès d’eux les premiers parcours qu’il avait élaborés. Ceci est fondamental. Jean Ousset a mis au point l’action culturelle avec le souci de toucher les plus pauvres, les plus démunis, non tant sur le plan matériel, que sur le plan culturel et moral.

Il faut bien se dire qu’aujourd’hui, avec les ravages de l’Education nationale, de la télévision et des médias en général, ces plus démunis sont aussi, et peut-être surtout, nos jeunes, qui ne savent presque rien des trésors d’un patrimoine dont ils sont pourtant les héritiers.

Les plus démunis, de nos jours, sont aussi sans doute ces millions d’immigrés qui ne connaissent de la France que le rap, les boys-bands, les Mac-Do, les reality-show et les émissions de Faugiel ! A qui la faute s’ils ne nous aiment pas ?

Mais les méthodes culturelles sont aussi le fruit de l’expérience des animateurs qui les ont utilisées depuis près de vingt ans maintenant.

Elles ont très largement fait leurs preuves sur le terrain. En utilisant ce genre de démarche et d’argumentation, l’on peut passer dans tous les milieux, sans crainte d’étiquetage, et sans susciter immédiatement la méfiance. L’accueil réservé étant bien plus favorable qu’on peut l’imaginer au départ. Même nos amis athées, même nos relations socialistes, même nos voisins communistes sont réceptifs aux beautés ainsi montrées. Ils ont été, comme nous, créés à l’image de Dieu, et l’empreinte de la beauté de ce Dieu d’amour qui les a engendrés est inscrite au fond d’eux-mêmes comme au fond de nous. A nous d’être des serviteurs, inutiles sans doute, mais suffisamment zélés pour faire revivre cette présence de Dieu qui dort en eux, et qui n’est pas morte.

Les moyens mis à disposition

Très pratiquement, les personnes qui désirent se lancer dans l’aventure culturelle ont à leur disposition des moyens éprouvés.

– Une série de trois mallettes. Une mallette permettant d’apprendre à voir par la peinture, une seconde par la sculpture et une troisième par l’architecture.

Elles sont composées de six chariots de cinquante diapositives chacun, accompagnées de leurs commentaires, diapo par diapo, ainsi que de « notes pour l’animateur » donnant le minimum de renseignements techniques ou historiques nécessaires ainsi que des conseils apologétiques permettant de réponde immédiatement aux objections les plus courantes.

– Un préambule, petit parcours de 70 diapositives permettant de présenter le fonctionnement de la méthode « apprendre à voir » proprement dite.

Des parcours plus apologétiques, sur des sujets précis.

Un parcours plus particulièrement architectural sur la France.

Un parcours montrant à travers les oeuvres de peinture, de sculpture et d’architecture que L’amour est au centre de notre patrimoine, puisqu’il constitue dans les faits le grand mobile d’inspiration de nos artistes à travers les siècles.

Un parcours consacré à La Femme, consacrant la place de celle-ci dans la construction et l’histoire de notre société et montrant son rôle civilisateur.

Un parcours consacré à La guerre, décrivant la conception chrétienne de la guerre et montrant le combat mené par l’Eglise pour en adoucir les moeurs et pour humaniser les comportements des combattants.

Chacun de ces parcours est accompagné de commentaires écrits, rédigés par nos soins et tenant compte des différentes objections qui reviennent le plus souvent.

– Un parcours musical, « apprendre à écouter », mis au point par Jean Ousset, expérimenté et complété par les animateurs culturels. D’abord disponible sur audio-cassettes, il est à présent disponible sur CD. Son but est d’apprendre à nos contemporains, et notamment aux plus jeunes, qu’il existe d’autres styles et genres musicaux que ceux que leur distillent sans relâche les ondes radio et télévisées. Il part des grands folklores nationaux, étudie le jazz, la chanson française et, en passant par la petite et grande musique classique et l’opéra, va jusqu’à la musique sacrée et le chant grégorien.

Ces CD sont également accompagnés de commentaires, morceau par morceau, et de « notes pour l’animateur ».

Il existe enfin une série de vidéo-cassettes de Jacques Trémolet de Villers sur la poésie qui, partant des vers de Ronsard, arrive jusqu’à Brassens ; une seconde série sur la littérature, une sur le théâtre et une sur l’Histoire.

Les méthodes de travail concret

L’action d’éducation culturelle que nous proposons de mener passe par celle du regard car c’est par l’intermédiaire de nos sens que nous appréhendons le monde. Méthode éducative donc et méthode apologétique, elle s’articule selon les grandes étapes suivantes.
-Apprendre à voir par une mise en contact directe avec les oeuvres de beauté, afin d’acquérir un oeil neuf et éviter les impressions trop spontanées de l’ordre de l’émotion.
– Apprendre à voir en laissant parler les œuvres d’elles-mêmes, car ce ne sont pas les discours ou les commentaires de soi-disant spécialistes qui font l’oeuvre… mais le résultat que nous observons du travail de l’artiste.
– De l’observation et de la description attentive de ces oeuvres naîtra le commentaire qui permet de se rendre compte de quoi une oeuvre est exactement faite. L’essentiel est de comprendre qu’une oeuvre peut s’observer sous une infinité d’aspects : harmonie d’ensemble, façon de travailler le sujet, couleurs, composition générale, richesse des détails, esprit de l’oeuvre…
– Lorsqu’il s’agit d’une sculpture, tourner autour afin de l’observer sous tous ses angles. Cet exercice a l’avantage de développer le sens de l’espace, des épaisseurs et des reliefs puisque l’oeil va prendre conscience d’un univers en trois dimensions.
– Ecarquiller les yeux pour mieux voir en détail quand il s’agit d’un tableau, afin de le décortiquer par petits morceaux pour s’astreindre à voir plus loin que le seul effet global, sans oublier toutefois qu’un détail n’est qu’un détail et qu’il fait partie d’une composition générale.
– Regarder de l’oeil de l’artisan (l’homme de métier) : celui qui rend compte de la difficulté vaincue ou non. Il y a chez un même artiste des inégalités, c’est la qualité de son oeuvre qu’il faut regarder et non la notoriété de la signature. La spontanéité est le fruit d’un travail quotidien. Et pourtant la technique n’est pas tout.
– Comparer les oeuvres entre elles afin d’être à l’aise devant les oeuvres d’art, d’éviter les généralisations hâtives dans les commentaires, sortir des étiquettes ou des classifications souvent trompeuses ; afin aussi de déceler là où il y en a le plus, là où il y en a le moins. Non pas seulement quantitativement, ce qui peut dénoter un savoir-faire très habile, mais pour saisir là où il y a le plus de substance, d’épaisseur humaine et spirituelle.
– Voir et revoir pour bien s’imprégner des oeuvres, chacune d’entre elles et dans l’ensemble qu’elles constituent. Le propre des chefs d’oeuvre est de ne jamais vous livrer la même partie d’eux-mêmes et de vous permettre de découvrir en eux chaque fois quelle que chose de nouveau. A force de regarder les oeuvres, elles finissent par s’imposer à vous comme par osmose.

Noter ici que cette attitude est contraire à celle de nos contemporains qui passent trop vite sur tout et de ce fait restent à la surface de ce qu’ils regardent. Savoir donner de son temps à ce qui le mérite est une grande leçon de l’apprendre à voir.
– Parler avec un ton bienveillant et courtois, votre auditoire n’étant pas forcément votre « ennemi », votre adversaire ou « l’imbécile » qui ne comprend rien. Il faut savoir adopter un ton chaleureux qui contre-balance un peu le commentaire qui pourrait être trop exclusif parce que toute réalité est complexe et que l’on a trop tendance à schématiser.

Il faut également éviter de minimiser certaines périodes d’éclipse au profit d’autres plus fécondes ; gardons à l’esprit que notre travail culturel doit être la source d’une sève de beauté et non un retour frileux à des racines moribondes. Les oeuvres de beauté ne se contrarient pas entre elles : Athènes explique Paris, comme Versailles explique Schoënbrunn et Florence la Vallée de la Loire, et cela sans les remplacer.

Nous devons apprendre à montrer l’extraordinaire renouvellement de l’art chrétien et la diversité de ses genres, preuve que le christianisme exalte les personnalités et respecte leurs différences pour la plus grande fécondité de l’ensemble de la communauté des croyants.
– Il nous faut, enfin, acquérir un manière de commenter par petites touches successives, éviter de tout dire de tout ce qui est fastidieux et peut donner l’impression que l’on essaie d’imposer notre façon de voir. Il faut savoir négocier les arguments progressivement, avec prudence, humilité et retenue dans l’expression dans adopter pour autant un ton compassé ou ampoulé.

Il faut savoir utiliser des formules simples et claires et ne pas prendre l’attitude d’un érudit qui enseigne à des ânes ; il faut choisir de préférence l’observation ou l’argument qui séduit pour mieux faire aimer la France, l’Eglise et Jésus-Christ, en ne voyant pas forcément dans cette énumération un plan hiérarchique des valeurs mais ce qui correspond le mieux comme terrain d’intervention avec l’auditoire auquel on s’adresse.

On le voit, le principal intérêt des itinéraires de diapositives proposés réside dans la création d’un certain état d’esprit. Préparation d’une psychologie d’accueil qui atteint le coeur et dispose l’intelligence à mieux saisir, à mieux accepter, à mieux vouloir.

S’entraîner ensemble

Pour vous entraîner à cette forme d’action, nous vous proposons chaque année des stages et des sessions de formation. Stages de formation pendant la période estivale. Sessions de formation dans le courant de l’année : soit dans le cadre d’un ou de plusieurs week-ends de travail, soit par l’intermédiaire d’un cycle régulier assuré Rue des Renaudes par des permanents et des animateurs culturels.

La participation à l’un ou plusieurs de ces stages est pratiquement indispensable à celui qui veut se lancer dans ce travail. Elle permet de se familiariser avec les oeuvres elles-mêmes et le type d’argumentation objective et apologétique nécessaires à rendre ce travail percutant. La participation à ces sessions est volontairement limitée à une quinzaine ou à une vingtaine de personnes au maximum de façon à permettre à chacun de s’exprimer en toute liberté et de poser toutes les questions qui lui semblent opportunes.

Du témoignage des différents animateurs culturels, il s’avère que la première « victime » de l’action culturelle, c’est l’animateur lui-même qui devient très rapidement « accro » de la chose ! L’essayer, c’est l’adopter !

Nous devons être conscients qu’en cette époque de désespérance généralisée et d’égoïsme social, nous pouvons et nous devons tenir un discours positif d’amour de la vie en montrant la splendeurs de ses fruits !

Dans un monde où le suicide est devenu la première cause de mortalité chez les plus jeunes, nous n’avons pas le droit de nous taire !

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