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La liberté intèrieure

« La liberté, pour quoi faire ? » disait Lénine, en titre de l’un de ses livres les plus célèbres. Le mépris que ces mots manifestent pour la liberté est révélateur de l’esprit de ces théories dites modernes dont le marxisme-léninisme fut comme la synthèse. Après avoir exalté la liberté au point de la retourner contre son créateur, les révolutionnaires l’ont purement et simplement niée. Ainsi ont-ils fait de la nation, devenue la nation, de la société devenue la société, de la nature, de la raison… pour, en définitive, prôner le mondialisme, l’anarchie anti-sociale, le dégoût de l’ordre naturel et le triomphe de l’irrationnel. Mais, au passage, avant d’être détruites, ces créatures faites par Dieu pour conduire l’homme à Dieu, ont été, par eux, dressées en absolu contre Dieu, et, pire encore, à la place de Dieu. « Guerroyer Dieu avec ses dons », disait Saint Louis pour définir le péché. Guerroyer Dieu avec les plus beaux de ses dons, tel est l’essentiel de la stratégie révolutionnaire. Remettre les dons de Dieu dans l’ordre voulu par Dieu, telle est la tâche des chrétiens vraiment fidèles.

Il faut donc revenir à la liberté, don de Dieu qui aime l’homme pour que l’homme, à son tour, puisse aimer Dieu.

A la question du marxiste : la liberté, pour quoi faire ?, le chrétien répond : la liberté, pour aimer. L’amour est la raison d’être de la liberté et la liberté est la condition de l’amour. Si Dieu a fait à l’homme, en le créant, le don de la liberté, c’est parce que Dieu a aimé sa créature et que, l’amour ne se payant que par l’amour, Il a voulu obtenir d’elle, en réponse, son amour. Or il n’y a pas d’amour directement contraint. Il fallait donc que l’homme fut libre pour qu’il puisse aimer Dieu. Ce qui implique évidemment la possibilité négative de ne pas l’aimer, mais ce qui ne signifie pas que le refus d’amour soit la marque de la liberté, puisque, précisément, la raison d’être, le pourquoi, la finalité, le but, l’épanouissement de la liberté, c’est l’amour. Ce n’est pas le non qui est la marque de la liberté, c’est le oui. Mais le oui n’est vraiment libre que si celui qui le prononce avait la possibilité de dire non.

Mieux que tous les raisonnements philosophiques, l’histoire montre où est l’épanouissement de l’homme et de sa liberté. Adam et Eve ont dit non, sous l’influence de celui qui, le premier, avait dit non, et la création toute entière est tombée dans l’esclavage de la mort et du péché. Le non était donc possible, inclus dans la liberté, puisqu’il a été prononcé. Mais il n’était pas la liberté puisque la mort s’en est suivie. Marie a dit oui. Jésus a dit oui et la création a été arrachée à l’esclavage de la mort et du péché. La liberté consiste à dire oui à la suite de Jésus et de Marie. Ce oui d’obéissance est un oui d’amour et d’exultation. Un oui de liberté. La liberté, alors, s’épanouit. Ce oui, qui est renoncement à la possibilité de dire non, loin d’asservir la créature ou de la diminuer, la libère, l’épanouit, la surélève, preuve manifeste que l’homme est créé pour l’amour et que l’épanouissement de sa liberté est dans cette réponse d’amour.

Il est donc évident que la liberté est personnelle et qu’elle est d’abord un mouvement intérieur de ce centre intime de la personne où se rencontrent l’intelligence et la volonté, qu’on appelle le coeur. Il est évident aussi que ce mouvement personnel intérieur, est un mouvement d’acceptation, d’accueil, d’offrande, de don, un mouvement d’amour.

La liberté religieuse, qui est la liberté d’aimer Dieu, est donc bien la première des libertés, et si l’essence de la religion est la libre réponse d’amour de l’homme à l’amour de Dieu, il ne peut y avoir de religion sans liberté. Mais cette liberté ne consiste pas dans la faculté de dire non à Dieu. Bien au contraire, elle ne s’épanouit que dans l’expression de son oui.

La vérification expérimentale de ce caractère de la liberté intérieure est donnée par la réalité vécue ou contemplée de l’amour humain.

L’amour humain qui se voit, se sent et se touche, est figure de l’amour divin. Les noces de l’âme avec Dieu ont été chantées par le poète sacré, dans le Cantique des Cantiques, sur les mélodies, avec les paroles et les images de l’amour humain. Le baiser des amants de la terre, s’il est vrai, est don. « Je me donnerai à toi puisque tu m’aimes tant », dit la Magali de la chanson à son amoureux qui l’a poursuivie dans toutes ses métamorphoses et au travers de tous les obstacles par lesquels elle éprouvait la sincérité et la ferveur de son amour. L’union des époux est don réciproque. Leurs libertés se fondent et se vivent en se disant oui l’une à l’autre. Le oui des fiancés est certes un non à toutes les autres possibilités, mais si ce non prévalait il n’y aurait plus ni fiancés, ni amour, ni mariage, ni enfants. C’est donc le oui qui crée, qui épanouit, qui unit, qui féconde. La liberté est faite pour le oui.

La terre et l’humanité, depuis la création, ne perdurent et ne se renouvellent que par une innombrable multitude de libertés qui disent constamment oui.

Ces images de l’amour humain, figures de l’amour divin, nous conduisent ainsi de la liberté intérieure, lieu de l’amour divin, à la liberté extérieure, dont la première expression est l’amour humain.

La liberté extérieure

Mais si on peut parler, en toute rigueur de terme, de la liberté intérieure, au singulier – et il ne viendrait à l’idée de personne de parler des libertés intérieures – il peut être préférable d’employer le pluriel pour décrire les libertés extérieures.

Car si la liberté intérieure est une – à la fois dans son essence et dans son existence – c’est la libre réponse d’amour de l’homme à Dieu, don qui est abandon et qui, dans les innombrables expériences mystiques que nous retrace la vie des saints, conserve, au travers de la personnalité différente de chacun, la marque plus visible de cette unité, la liberté extérieure, elle, se décompose en autant de libertés que l’homme peut avoir d’amours, comme la lumière, sous le prisme, se décompose en couleurs et reflets différents.

Dans la liberté intérieure, la lumière est pure. Elle n’éclaire que l’invisible. Dans la liberté extérieure, la lumière ne se voit plus. Il n’y a plus que les objets éclairés.

C’est la même liberté. C’est la même lumière. Venue de Dieu, elle tend vers Dieu. Mais elle y tend au travers d’un cheminement d’amours diverses, si variées, si parcellaires – amours temporelles, amours bornées par l’espace et le temps, par la chair et le sang, par la terre et l’horizon – qu’elle peut, à chaque instant, oublier son origine et son but. L’effort de l’homme pour sauver sa liberté et garder la ferveur de son amour, sera donc de rappeler sans cesse son origine et d’apprendre à voir, dans les êtres et les choses les plus humbles sur lesquels se porte son amour, le reflet de l’amour divin. « Quoi que vous fassiez, que vous mangiez, que vous buviez, faites-le en l’honneur de Jésus-Christ » (Saint Paul). L’amour du manger et du boire est le plus courant, le plus matériel, le plus élémentaire et celui qui peut, le plus aisément, faire oublier son origine. C’est pourtant de la table, du pain et du vin que le Seigneur a fait le signe de son plus haut amour.

L’échelle de Jacob est l’image divinement inspirée de ce va-et-vient de la terre au Ciel, de l’amour divin, aux amours humaines, de la liberté intérieure aux libertés extérieures.

« Dieu seul suffit ! », s’écrie la grande Thérèse d’Avila. C’est l’unique nécessaire. Le reste est « stercora », fumier. Mais l’histoire du salut, qui est l’histoire de l’humanité, nous montre que les hommes vivent différemment cet amour de l’unique nécessaire, et que Dieu les appelle, chacun à sa manière et selon des états différents. Il leur propose comme une échelle d’amours. Les uns sont appelés directement au sommet. D’autres gravissent les échelons. Aucun, même le plus spirituel, ne peut se passer de la société – et donc de l’amour – de son frère. Celui qui prétend s’en passer, dit Saint Jean, est un menteur.

« J’ai voulu, dit Notre Seigneur à Sainte Catherine de Sienne, j’ai voulu qu’ils aient besoin les uns des autres ».

Même dans la vie religieuse la plus cachée, la plus érémitique, l’homme qui a soif de Dieu seul, a aussi besoin des hommes.

Dieu nous a faits pour Lui, mais il ne nous a pas faits seuls. « Il n’est pas bon pour l’homme d’être seul, faisons lui une compagne semblable à lui ». « Homme et femme Il les créa ».

La première liberté extérieure – le premier amour extérieur – c’est l’amour de l’homme et de la femme. La première liberté – le premier amour extérieur – c’est la liberté du mariage et de la famille.

C’est le fondement et le moteur de l’histoire des hommes. « L’histoire de l’humanité, des origines à nos jours, est l’histoire du besoin d’aimer et d’être aimé » [[Jean-Paul II, Saint-Denis, 1er juin 1980.]].

La liberté est la manifestation de ce besoin.

Mieux encore que le raisonnement, une fable éclairera le caractère fondamental de cette première liberté – fille du premier amour – pour toutes les autres libertés extérieures, celle du travail, celle de la patrie.

Cette fable, c’est le scénario d’un film qui n’a jamais été tourné, qui a été écrit par Marcel Pagnol, et qui s’appelle « Premier amour ». Vous allez comprendre, à la description de ce scénario, pourquoi, même en notre temps où le cinéma ne s’effarouche pas devant la nudité, il était difficile de tourner ce film, à moins de trouver l’équivalent, pour le septième art, du Michel-Ange de la Sixtine.

Pagnol imagine un début mythique de l’humanité, un temps qui est obligatoirement avant l’histoire. Les hommes vivent en tribus, tous nus, sans aucune trace d’aucune distinction. Les hommes et les femmes se côtoient. Tout est en commun et tout est misérable. Pas d’industrie. Pas de feu. Pas de connaissances. Pas d’art. Pas d’histoire. Des lois très rudimentaires issues de l’observation, elle aussi rudimentaire, de la nature. Ainsi, au printemps, les vieux envoient-ils dans la forêt la plus proche toutes les jeunes filles qui sont devenues nubiles depuis la fin de l’hiver. Lorsqu’elles ont disparu aux yeux de la tribu, ils envoient à leur tour les jeunes mâles. Neuf mois après, la tribu recueille les fruits de leurs accouplements… et ainsi de suite.

Au moment où commence le film, quelques instants avant que les jeunes filles soient envoyées dans la forêt, l’une d’entre elles, qu’on croit la plus belle parce qu’elle se distingue des autres, s’est retournée et son regard a croisé celui d’un jeune homme. Ils sont restés, tous les deux, comme aimantés par ce regard, bouleversés par un sentiment inconnu, frappés de stupeur au point que la tribu devra pousser la jeune fille pour qu’elle rejoigne, contre sa liberté, le troupeau de ses congénères.

Quelques instants plus tard, le jeune homme, arrivé dans la forêt, au lieu d’agir comme ses semblables et de s’accoupler avec la première venue, cherche avidement celle dont le regard a croisé le sien. Il l’aperçoit soudain alors que, déjà, un mâle l’a saisie. Leurs regards se croisent à nouveau et celui de la jeune fille est un appel. Il se précipite alors et, fait totalement inconnu dans la tribu depuis la nuit des âges, bouscule celui qui la tenait et arrache de ses bras celle qu’il aime. Furieux, interrompu dans son désir animal, l’autre alors se rue sur lui. Bataille. Lui le tue.

Le premier amour – elle pour lui, lui pour elle – la première liberté, rencontre toujours une première et violente contradiction. La haine suit l’amour à la trace. La guerre le poursuit. Cette malédiction est aussi une grâce car, devant cette mort, le jeune homme et la jeune fille que leur amour a séparés des autres – de la tribu indifférenciée, de la masse – et libérés de l’esclavage, vont s’en aller pour n’être pas punis d’avoir enfreint la routine bestiale qui servait de loi.

Cette tribu mythique et communiste n’était pas une société. Le jeune homme et la jeune fille qui s’aiment, parce qu’ils s’aiment, vont, eux, faire une société. Fin du premier tableau qui s’appelle, dans le scénario de Pagnol, la rencontre.

Second tableau : le foyer. Leur amour a fructifié. Ils ont eu des enfants. Pour protéger la vie de ses enfants, sans le secours et le poids de la tribu, ils se sont faits industrieux. Ils ont inventé les murs et le toit, la porte et les fenêtres, l’âtre et le feu, les outils et les armes. Pour élever les enfants – et pour les faire jouer – ils ont dessiné et chanté. ils ont créé, pour leur plaisir, les arts de la paix, et pour leur sécurité, les armes de la défense. Autour de l’amour familial, et pour qu’il puisse s’épanouir, ils ont organisé un espace de liberté et de tranquillité. Ainsi ont-ils travaillé. Ainsi ont-ils chassé les fauves et combattu les violents. La liberté du travail est fille de la liberté de l’amour. « L’homme met dans son travail, dit Jean-Paul II, toute la fatigue quotidienne de l’amour ».

Le troisième et dernier tableau s’appelle : la patrie.

Ils ont eu la nostalgie de la terre où ils étaient nés, où ils avaient grandi, où ils s’étaient rencontrés. Ils ont pensé que, dans cette tribu sans mémoire et sans histoire, leur crime avait été oublié. Surtout, même frustres et sordides, les autres leur manquaient. ils avaient besoin de leur apporter tout ce qu’ils avaient découvert. Leur amour voulait rayonner jusqu’à eux. L’amour est diffuseur de lui-même. Il a besoin de se donner. Ils ont donc pris le chemin de leur terre d’origine et sont arrivés, tels qu’ils sont devenus, non plus nus mais vêtus, armés, portant des outils, et tenant dans leurs mains leur trésor : le feu.

L’effet fut immédiat : la tribu, prise d’un effroi sacré, les reconnut sans oser vraiment les reconnaître et, croyant à l’arrivée d’une sorte de divinité, se mit à leurs ordres. Ainsi la première famille constituée comme telle, fonda-t-elle le premier Etat, fils du premier amour.

Le film de Marcel Pagnol s’achève ici. Tout – ou presque – est dit sur les libertés extérieures.

L’ordre social, la politique, qui est l’art de gouverner les sociétés, l’économie, qui est l’art de faire vivre les familles, l’art militaire, qui est l’art de défendre leur tranquillité, la justice, qui est l’art de la paix intérieure, toutes ces institutions et leurs pouvoirs, qui sont autant de libertés extérieures, procèdent du même amour initial.

Quand ces libertés perdent le sens de leur origine et celui de leur finalité, quand elles s’en séparent pour prétendre follement vivre de leur vie propre : la politique pour la politique (le pouvoir pour le pouvoir), l’économie pour l’économie, la guerre pour la guerre, le droit pour le droit (l’énorme délire actuel de la réglementation juridique), l’art pour l’art… ces libertés se retournent contre elles-mêmes et, en définitive, contre l’homme.

Au lieu d’être à la fois les filles et les servantes de la liberté intérieure, les libertés extérieures, devenues folles, cherchent à la supplanter. L’amour de l’argent tue l’amour de Dieu. L’amour de l’humanité supprime l’amour du prochain. Le goût de la puissance l’emporte sur le devoir de justice. La passion de la technique dévore son objet et la machine décervelle l’homme. Le raisonnement tue la raison, le nationalisme étouffe la nation…

« A quoi sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdre son âme ? ».

Dieu n’aurait pas été Dieu et Jésus-Christ serait mort en vain s’Il n’avait laissé, pour sans cesse rappeler doucement, maternellement mais fermement, à chaque homme et pouvoir, personne et société, qui ils sont et pourquoi ils sont faits, où est leur talent et leur bonheur, une Mère attentive, omniprésente, universelle. L’Eglise, Mater et Magistra, est la Mère, l’Educatrice et la gardienne des libertés extérieures autant que de la liberté intérieure, car Elle seule peut rappeler sans aucun intérêt temporel séparé de son origine, en tout désintéressement, et donc en tout respect de toutes les libertés, la vrai finalité de ces libertés.

Sa doctrine sociale ne se sépare pas de sa doctrine spirituelle. Mère des âmes, Elle est aussi Mère des nations; Mère de la liberté intérieure, Elle est aussi Educatrice des libertés extérieures. Aujourd’hui, Elle est seule dans le monde à en rappeler, à temps et à contretemps, le juste respect.

La liberté religieuse qui est à l’origine est donc aussi à la fin. Elle est l’expression de la liberté intérieure, mais elle est aussi la garantie de la prospérité des libertés extérieures. Mais cette liberté religieuse a un nom précis : c’est la liberté de la véritable Eglise de Jésus-Christ. C’est le vrai statut rendu par les Etats et les nations à l’Eglise de Rome, celui qui reconnaît, en toute justice, son véritable domaine. C’est le droit fait au seul véritable, légitime et bienfaisant pouvoir spirituel.

Ce renouveau des libertés extérieures, au travers de la reconnaissance de la vraie liberté intérieure et par la place rendue concrètement dans la société à l’Eglise catholique, Mère de la liberté et des liberté, est-il une utopie, dans le temps où nous vivons ?

Je ne le crois pas.

D’abord c’est une nécessité et, à moins de mourir, l’Europe qui est terre chrétienne et terre de liberté, le reconnaîtra. Ensuite, l’histoire la plus contemporaine, la plus moderne, la plus actuelle, se développe dans ce sens. L’histoire, aujourd’hui, c’est à l’Est qu’elle se fait. A l’Ouest, pour le moment, rien de nouveau ! Tout est vieux et vieillit encore plus. Il ne se passe rien. Mais à l’Est, les événements se pressent, les empires totalitaires s’effondrent, les nations se relèvent et, à tâtons, elles cherchent un nouvel ordre.

L’actualité de ce mois, presque de cette semaine – nous apprend que l’Etat polonais vient de signer avec le Saint-Siège un concordat. Ce Concordat confie à l’Eglise l’éducation et le domaine de la charité. Il reconnaît les propriétés de l’Eglise. Il confère des effets civils au mariage religieux, c’est-à-dire qu’il organise la liberté du mariage. Il assure la plus grande liberté et le caractère officiel au culte catholique. Les libertés essentielles, culte public, mariage, éducation, propriété, charité matérielle, sont ainsi officiellement reconnues et placées sous la maternité de l’Eglise, dans un pays qui, il y a cinq ans, était sous la tyrannie du système communiste, athée et persécuteur.

Où est l’avenir ? Dans le matérialisme scientifique qui s’est écroulé ou dans le dernier cri de l’actualité ?

Voilà le neuf, l’actuel.

Voilà le signe annonciateur de ce que peut être, si nous le voulons, l’avenir.

En conclusion…

Car, en définitive, nous sommes libres. Libres de faire éclater le renouveau, libres de sortir des routines de la tribu redevenue à demi-sauvage, libres de refaire nos foyers et nos Etats, nos économies et nos patries.

La sève n’est pas morte. Je veux témoigner, à ma place, qu’il y a toujours des jeunes gens et des jeunes filles qui répondent, dans le don libre de leur coeur, à l’appel du Seigneur. Il y a toujours, au-dessus de la masse indifférenciée des esclaves du sexe, des regards qui se croisent et par lesquels celui-ci a élu celle-là qui lui a répondu oui pour la vie. Il y a toujours des familles dans les foyers desquelles brûle l’âme de la patrie. Il faut prier le Seigneur pour qu’Il donne à tous ceux qui ont eu la grâce de ces dons, la force, le talent, et la douceur, pour qu’ils apportent aux autres la lumière et l’amour qu’ils ont reçus. Déjà Platon demandait aux élus qui étaient sortis de la caverne et avaient aperçu le soleil, de redescendre auprès de leurs frères enchaînés pour les instruire, les guider et les libérer. L’Evangile qui nous a été donné est la lumière du monde, autrement éclairante et réchauffante que le jour pâle platonicien. Aurions-nous moins de charité que ces Grecs d’avant le Christ ?

C’est à tous ceux qui nous entourent… et jusqu’aux extrémités de la terre, que chacun d’entre nous devrait dire sans cesse : mon ami, incline l’oreille de ton coeur, j’ai une bonne nouvelle à t’annoncer, tu as été créé libre pour aimer et être aimé.

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