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Animer un groupe de travail qui s’est constitué au départ pour une action militante suppose un peu de méthode et d’expérience pour s’affermir dans la durée avec un objectif de formation absolument nécessaire compte tenu de la diversité des sujets sur lesquels il faut avoir des idées claires.

Jean Ousset dans son livre l’Action au chapitre III de la cinquième partie, « Notes pour l’action individuelle » (p. 247 à 264), propose 40 notes pour une action efficace à ce niveau d’action personnelle dont nous avons pu mesurer la pertinence ces derniers mois. A relire en préparant la prochaine action. Extraits des notes 32 à 40 :

32. Une certaine rapidité

Contrairement à ce que beaucoup imaginent, une certaine rapidité est nécessaire si l’on veut saisir l’ampleur, l’harmonie, l’unité de la saine doctrine. Il vaut mieux revenir sur un point trop rapidement vu quelques semaines plus tôt. On aura ainsi une conscience plus vive de son utilité pour l’intelligence de l’ensemble plutôt que de rester le nez collé pendant des mois sur une difficulté.

33. Préparer

Autant que possible, éviter en cours de réunion la lecture trop littérale du livre ou de l’article qu’on a choisi d’étudier. L’idéal est que chacun l’ait lu ou se soit documenté au préalable et que la séance soit consacrée à des commentaires, discussions, illustrations, approfondissements. Cela est possible. Cela se fait. Reconnaissons pourtant que cela est difficile et rare. La lecture commentée est plus souvent adoptée. Lecture qu’on souhaite courte pour qu’ensuite s’ouvrent les discussions.

34. Pas de caporalisme

Quiconque cherche à frapper d’alignement et à imposer aux diverses cellules qu’il peut connaître ou animer sa façon d’agir et de travailler n’a rien compris au bienfait de ce genre d’action.

Savoir que pour s’attacher les gens, il n’est rien de tel que de leur confier des responsabilités.

Ne pas trop prendre au sérieux l’argument qui consiste à dire : si je ne suis pas là pour surveiller de près telle séance, il se dira quelque bêtise. Et puis après ? La terre ne s’arrêtera pas de tourner.

De deux choses l’une :

  • ou ces bêtises sont légères, portant sur des détails, et nul n’y pensera plus à la réunion suivante ;
  • ou ces bêtises sont graves et ce sera une excellente occasion pour les réfuter.

35. Incompatibilité d’humeur

Bien des difficultés tiennent à des incompatibilités d’humeur. Il faut tout faire pour les dissiper. L’important est de savoir travailler malgré cela. Dès que l’on devine que certains refusent de travailler parce que la tête de X… ou de Y… (peut-être la nôtre) ne leur revient pas, se débrouiller pour lancer un autre groupe où ces grains de sable n’existeront plus.

Un procédé consiste à confier le nouveau cercle à celui, ou à ceux, qui faisaient grise mine.

36. Les réunions d’information

Une bonne formule pour fonder de nouvelles cellules : la réunion d’information. Elle consiste à aller expliquer à quelques amis, réunis pour la circonstance, le travail à accomplir. Un déchet sérieux est à prévoir, mais il n’est pas rare que deux ou trois personnes soient accrochées (chiffre qui est suffisant pour démarrer une nouvelle cellule).

37. Parler de l’action, quel que soit le texte étudié

Le lancement d’une cellule dépend souvent de l’intérêt manifesté pour tel ouvrage. Mais bien se dire et prévoir qu’à s’ordonner ainsi, la cellule perdra sa raison d’être quand on aura terminé l’étude du document choisi.

D’où l’intérêt de ne jamais laisser une cellule accrochée à la seule étude d’un document ou d’un ouvrage. Faire comprendre que l’étude envisagée, pour passionnante qu’elle soit, n’a d’intérêt que par rapport à une fin plus haute, à une action plus large. Et ce sont les exigences de cette fin, les exigences de cette action qui doivent devenir l’argument de continuité de la cellule.

38. Pousser les meilleurs

Dans chaque cellule, repérer les meilleurs. Symptômes :

a)   le plus « râleur » mais actif et qui cherche passionnément la vérité ;

b)   le « silencieux » qui ne pose que deux ou trois questions mais pertinentes… Questions qui éclairent plus qu’elles ne demandent de lumière.

Ce sont certainement ceux-là qui mèneront bientôt la cellule. Se préparer à aller travailler soi-même ailleurs.

Certes, ne pas délaisser les autres, mais dans ce travail de formation d’une élite, pousser toujours les meilleurs. Calculer ses efforts. Les autres suivront toujours et rattraperont à la descente.

39. Multiplicité et variété des animateurs

Il importe de chercher à avoir toujours plusieurs animateurs (et fort divers) pour une même ville, une même région pour favoriser cette plus grande souplesse des contacts, respecter la délicate variété des êtres et des choses, assurer à notre travail son meilleur rendement. Ainsi ceux qui ne pourront être atteints par l’un le seront par d’autres. Aucune anarchie mais adaptation de notre action à l’ordre même des choses. L’unité est dans l’enseignement, dans la permanence, la persévérance de la formation. L’unité humaine sera le fruit (elle sera donc au terme) du travail.

40. Etre serviteur

Qui veut s’attacher à cette action  de rayonnement et de vigilance individuelle doit faire preuve d’une infatigable obstination, d’une constante ingéniosité. Son humilité, son désintéressement, son zèle doivent l’inciter à être toujours prêt à s’éclipser dès qu’il comprend qu’un autre conviendrait mieux en telle circonstance, dans tel milieu, avec telle sorte de gens.

Nous ne devons être que les serviteurs de la vérité. Son service seul importe. Il faut savoir disparaître ou être très discret quand nos interventions risquent d’être un obstacle.

Lire et télécharger dans son intégralité l’Action au chapitre III de la cinquième partie, « Notes pour l’action individuelle » dans l’Action de Jean Ousset. Pour rejoindre une initiative qui corresponde à vos « talents » contacter le service d’information d’Ichtus. Ce livre l’Action de Jean Ousset est un maître livre pour bien penser l’action en fonction du but poursuivi. Tout homme ou femme d’action le lira avec profit pour inspirer son engagement. Jean Ousset, fondateur d’Ichtus pour Former, Relier et Agir, est le premier en effet à avoir méthodiquement formalisé une doctrine de l’action culturelle, politique et sociale à la lumière de l’enseignement de l’Eglise pour, concrètement répondre au mal par le bien. A l’encontre des pratiques révolutionnaires et de la dialectique partisane, si l’amitié est le but de la politique, Jean Ousset nous montre comment pour agir en responsable, l’amitié en est aussi le chemin.

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