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outils-de-travail-mis-en-mainLe réveil de ces derniers mois et la mobilisation LMPT dans son ensemble permettent de mesurer l’importance de l’emploi du bon outil (internet, manifestation, veillée, tract, conférence, télé, élu, association, presse….) au bon moment car les moyens de l’action sont innombrables.

Comment les associer pour obtenir un résultat  conforme au but poursuivi. Cela suppose une intelligence suffisante de leurs lignes de forces respectives, de leurs défauts éventuels, des compensations qu’ils appellent. Jean Ousset dans la troisième partie de son livre l’Action au chapitre 2 : Les moyens de l’Action propose  « Neuf formules tests » pour aider à bien discerner la pertinence et  le dosage des initiatives. Extraits :

 1° Notion fondamentale d’unité (doctrinale et stratégique).

La complémentarité de moyens divers est inconcevable, en effet, sans référence à une unité supérieure…Si donc il importe de favoriser une diversité des moyens qui décuple les possibilités de l’action, cette diversité ne doit jamais faire oublier l’indispensable unité des esprits et des cœurs…Cette unité doctrinale elle-même, ne suffit pas…une certaine systématisation méthodologique est nécessaire.

2° Notion d’harmonie sociale (ou psychologique) d’intérêts (ou soucis) communs.

Le respect des harmonies sociales est critique. Se méfier, en conséquence, des formules d’action qui les méprisent ou les ébranlent. Préférer, autant que possible, celles qui permettent d’utiliser les hommes où ils sont et comme ils sont. Bien se dire que chacun se donne à l’action avec plus de zèle quand le moyen proposé correspond davantage à ce que l’on désire ou à ce que l’on redoute dans l’immédiat.

3° Notion de continuité (de fréquence).

Car la formule est plus efficace qui tient constamment en éveil par le prolongement d’une action continue. Certains arrêts, certains repos dans l’action représentent autant d’échecs.

4° Notion de soutien mutuel.

Il est certes des formules très efficaces mais où les hommes sont trop seuls. Or, nul n’est à l’abri du découragement. Avantage, par conséquent, des moyens d’action où le réconfort mutuel est plus aisé.

5° Notion de facilité relative (dans l’intelligence de ce qui est à dire, à faire, dans le fonctionnement de l’appareil).

Un enseignement trop élevé, inutilement docte, un goût immodéré de l’érudition stérilisent l’action…Il importe que des gens sans capacités extraordinaires comprennent le fonctionnement de l’œuvre proposée. Préférer les formules d’action « commodes » qui peuvent se plier aux horaires les plus capricieux, tirer profit de locaux de fortune.

6° Notion d’économie.

Nous sommes pauvres. Se le tenir pour dit. En conséquence devoir de préférer autant que possible les formules rendant beaucoup aux moindres frais.

7° Notion de sécurité (et de survie).

A tout moment, la Révolution peut redevenir féroce persécutrice. Il est donc sage de concevoir l’action de telle sorte qu’elle puisse continuer malgré tout…Prévoir des formules où tout ne dépend pas de la présence d’un seul homme, ou d’un seul groupe d’hommes. S’attacher à assurer la relève sans retard.

8° Notion de perfectionnement continu.

Bien se dire que la routine est la mort de l’action. Qui ne cherche plus à en améliorer sans cesse les instruments est déjà, sans qu’il s’en doute peut-être, hors de combat.

Il faut avoir le souci de la plus grande efficacité par le perfectionnement continu des moyens et méthodes. Il importe donc que les formules adoptées soient aisément perfectibles et que chaque amélioration ne provoque pas une crise aiguë dans l’appareil.

9° Notion d’obligation morale.

Elle a pour but de rappeler non seulement qu’il est des moyens inadmissibles, mais qu’en certaines circonstances tels moyens légitimes doivent être écartés comme inutilement perturbateurs. Remèdes qui provoqueraient des réactions pires que le mal. Bien se dire que pour être fécondes (donc acceptables) certaines interventions supposent un lent travail de préparation de l’opinion, la formation d’acteurs ardents. A suivre… »

Extraits de l’Action de Jean Ousset. Ce livre est un maître livre pour bien penser l’action en fonction du but poursuivi. Tout homme ou femme d’action le lira avec profit pour inspirer son engagement. Jean Ousset, fondateur d’Ichtus pour Former, Relier et Agir, est le premier en effet à avoir méthodiquement formalisé une doctrine de l’action culturelle, politique et sociale à la lumière de l’enseignement de l’Eglise pour, concrètement répondre au mal par le bien. A l’encontre des pratiques révolutionnaires et de la dialectique partisane, si l’amitié est le but de la politique, Jean Ousset nous montre comment pour agir en responsable, l’amitié en est aussi le chemin.

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