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Cette tribune s’appuie sur un diagnostic grave : « Aujourd’hui, la question sociale dépasse largement les conditions particulières d’une classe sociale, elle atteint la nature même du lien collectif, dans toutes ses dimensions : familiale, culturelle, économique, écologique, géographique ; dimensions que nie l’idéologie de l’économie financiarisée. C’est la cohésion d’un peuple et d’une nation qui est en cause. »

Mercredi 9 janvier, l’hebdomadaire La Vie a publié sur son site Internet un « Appel pour un nouveau catholicisme social », signé par 19 personnalités catholiques. Ce texte manifeste avec beaucoup de force que l’héritage des catholiques sociaux du 19e siècle est aujourd’hui prêt à être actualisé et renouvelé, en pleine crise des Gilets Jaunes.

Au 19e siècle, en effet, la question sociale se résumait en grande partie à la condition ouvrière. Elle est désormais beaucoup plus large. Comment combler le fossé sociogéographique qui s’est creusé en France ? Comment redonner du travail et du sens au travail ? Comment redonner la possibilité de vivre dignement du fruit de son travail ? Comment permettre à nos terroirs de continuer à vivre ? Comment retrouver un souffle culturel, éducatif, familial, spirituel ?

Ce sont des questions complexes et essentielles. Et sur toutes ces questions, les catholiques ont une contribution importante à proposer ; parce qu’ils s’appuient sur une histoire du catholicisme social, sur des pratiques sociales concrètes, et sur une pensée sociale chrétienne dont la richesse et la justesse méritent d’être mis au service de l’ensemble de la société.

Aller au contact de la nouvelle question sociale, c’est aller au contact de la sociologie des profondeurs de notre pays, là où s’exprime aujourd’hui une forme de révolte, là où s’exprime aussi une soif de communion, une aspiration profonde à retrouver le sens la communauté. D’une certaine manière, se saisir de la question sociale, c’est aller sur les ronds-points !

Aller sur les ronds-points pour quoi faire ? Pour résister à ce qui écrase la dignité humaine, très certainement. Mais aussi pour reconstruire la grande communauté civique en commençant par les communautés naturelles à la base.

C’est le sens de l’appel pour un nouveau catholicisme social : « Les catholiques doivent se mobiliser pour édifier des communautés solidaires, fondées sur un lien de responsabilité commune, qui puissent redonner à notre pays une perspective, un destin partagé, du travail, un lien par la culture populaire, une histoire continuée, un nouveau souffle familial, éducatif, écologique, spirituel et de vraies solidarités. »

Il s’agit maintenant de donner un contenu concret à cette notion de « communautés solidaires », de penser la manière dont la reconstruction à la base est accessible, avec nos concitoyens. C’est un travail d’élaboration qui est à réaliser. Les mots ont été posés par cet appel, mais le plus ardu reste à faire : penser la reconstruction et poser les actes sur le terrain. C’est le moment !

Guillaume de Prémare

Chronique Radio Espérance du 11 janvier 2018

Pour contacter les initiateurs de l’appel : nouveau.catholicisme.social@gmail.com

et sur le site www.nouveaucatholicismesocial.org

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