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LE CADRE INSTITUTIONNEL DE LA VIE FRANCAISE……………………………………………………………..

GENERALITES (suite)………………………………………………………………………………………………………………….

INTRODUCTION…………………………………………………………………………………………………………………….

I – PRECISIONS DE VOCABULAIRE ET RAPPEL DE DÉFINITIONS CLASSIQUES………………….

  1. A) LA DEMOCRATIE………………………………………………………………………………………………………..
  2. B) L’ARISTOCRATIE…………………………………………………………………………………………………………
  3. C) LA MONARCHIE………………………………………………………………………………………………………….

II – LE RÔLE NOUVEAU DE L’IDÉOLOGIE……………………………………………………………………………..

  1. A) LA FORTUNE DU MOT « DEMOCRATIE »………………………………………………………………….
  2. B) L’UTILISATION IDEOLOGIQUE, SOUS CE TERME, DE TOUTES LES FORMES DE GOUVERNEMENT

III – LES COMPOSANTES D’UN VRAI RÉGIME……………………………………………………………………….

INTRODUCTION

La question de l’Aristocratie et de la Monarchie peut apparaître désuète, puisqu’à l’heure actuelle, tous les pays se disent en Démocratie, et que ce régime semble être, pour beaucoup, le meilleur cadre institutionnel, celui pour lequel l’ensemble des siècles qui nous ont précédés a travaillé…

Cependant, pour définir de façon précise et sérieuse le régime démocratique, il est nécessaire de l’étudier dans une perspective historique et comparative et donc d’évoquer ces deux régimes qui, eux aussi, ont été incarnés dans l’histoire: l’Aristocratie et la Monarchie. Nous serons ainsi mieux à même de comprendre la situation politique dans laquelle nous nous trouvons.

Et ce, d’autant plus que le mot “Démocratie” a des visages extrêmement contrastés : de la démocratie libérale à la démocratie populaire en passant par la social-démocratie. De quoi s’agit-il donc quand on parle de démocratie ? C’est ce que nous allons essayer de définir en vue de mieux comprendre ce dont nous avons réellement besoin aujourd’hui dans notre pays.

I – PRECISIONS DE VOCABULAIRE ET RAPPEL DE DÉFINITIONS CLASSIQUES

Reprenons la distinction aristotélicienne :

– Démocratie … et sa déviation en démagogie

– Aristocratie… et sa déviation en oligarchie

– Monarchie… et sa déviation en tyrannie.

A)   LA DEMOCRATIE

Qu’est-ce que la démocratie ?                     

– C’est le gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple.

– Le mot est grec :

– demos : peuple

– kratos : force, puissance (sens de pouvoir politique)

– La chose aussi, elle est même athénienne.

→ Le peuple (demos) était composé des citoyens d’Athènes, ce qui excluait esclaves et métèques (étrangers), exclusivement cantonnés aux opérations économiques, dont les citoyens étaient ainsi libérés.

→ Les citoyens étaient réunis en assemblée et gouvernaient la ville avec comme principe

fondamental : l’égalité.

+ La démagogie, déformation de la démocratie :

– la démagogie est le système dans lequel le ou les détenteurs du pouvoir flattent le peuple pour en obtenir ses suffrages, perdant ainsi de vue l’intérêt général de la communauté.

– Cette caricature de la démocratie met bien en évidence le ressort profond de la démocratie: le sens civique, la vertu civique. A partir du moment où la flatterie prend le pas sur cette vertu, on n’est plus en démocratie, on est en démagogie !

B)   L’ARISTOCRATIE

+ Qu’est-ce que l’aristocratie ?

– C’est le gouvernement des meilleurs.

– Le mot est grec :          aristos : excellent.

– kratos : force, puissance.

– … la chose aussi. Sparte est la ville symbole de ce type de gouvernement.

→ Seuls ont le droit de gouverner les meilleurs, ayant fait leurs preuves après une sélection

rigoureuse.

+ L’oligarchie, déformation de l’aristocratie :

– L’oligarchie est le système dans lequel ce ne sont plus les meilleurs qui gouvernent, mais, quelques uns prétendant être les meilleurs, et faisant prévaloir leurs intérêts personnels sur le service de la “chose publique”.

– Cette caricature de l’aristocratie met en évidence le ressort de l’aristocratie: l’honneur, l’honneur de servir la communauté. Cette fonction confère à son titulaire certains privilèges qui ne trouvent leur justification que par rapport aux devoirs qu’il a. A partir du moment où quelques- uns recherchent les privilèges en perdant de vue l’intérêt de la communauté, on tombe dans l’oligarchie.

C)   LA MONARCHIE

+ Qu’est-ce que la monarchie ?

– C’est le gouvernement d’un seul.

– Le mot est grec : monos : seul.

kratos : force, puissance.

– … et encore une fois, la chose aussi. Mais elle se répandit très vite. Elle devint romaine, française, européenne… mondiale.

+ La tyrannie, déformation de la monarchie :

– la monarchie devient tyrannie à partir du moment où le monarque se sert de son pouvoir, non plus dans l’intérêt de la communauté, mais dans son propre intérêt et pour la satisfaction de ses passions.

→ Démocratie, Aristocratie, et Monarchie sont trois types de régimes profondément différents, néanmoins, ils ont en commun une caractéristique essentielle :

Quel que soit le régime considéré (démocratie, aristocratie, ou monarchie), il se dégrade (démagogie, oligarchie, ou tyrannie) à partir du moment où l’intérêt général est oublié au profit d’intérêts particuliers.

→ Le critère d’un régime, quel qu’il soit, est donc le service de l’intérêt général de la collectivité

considérée, qui, à l’heure actuelle s’appelle la nation. Sans ce sens de l’intérêt national, il n’y a pas

de régime, mais une caricature de régime toujours oppressive.

A partir de ces définitions classiques, voyons comment l’idéologie moderne a modifié les données du problème.

II – LE RÔLE NOUVEAU DE L’IDÉOLOGIE

Le développement des idéologies et leur règne dans l’opinion publique à partir du 18ème siècle ont considérablement modifié la question du régime, telle qu’elle était présentée “classiquement”.

Car l’idéologie libérale, puis marxiste, ont substitué à la finalité de l’intérêt national que tout régime quel qu’il soit devait respecter sous peine de déchoir, une autre finalité : pour le libéralisme, libérer l’homme, devient le but suprême; pour le marxisme, il s’agit d’accoucher, par la révolution, de la société sans classes !

Autant dire qu’il n’y eut plus (ou très peu) de politique au sens strict du tenue, mais seulement un art de guerre et de révolution par la conquête des esprits et des coeurs. La politique est devenue messianisme. Les régimes n’ont plus pour objet de gouverner la Cité, mais de changer le monde.

C’est dans le cadre de cette modification que l’on peut comprendre la fortune du mot démocratie et l’utilisation idéologique, sous ce terme, de toutes les formes de gouvernement.

A)   LA FORTUNE DU MOT « DEMOCRATIE »

Elle est fortuite, occasionnelle, car l’idéologie ne s’intéresse pas aux régimes en eux-mêmes, mais à la façon dont ils sont capables de faire passer ses idées.

La première victoire politique des idéologues est la Révolution française. Cette révolution aurait pu être monarchiste (et ne demandait qu’à l’être…) si le Roi de France avait accepté d’être un monarque révolutionnaire. Sa résistance de dernière heure aux deux obligations:

– la constitution civile du clergé,

– et la guerre à l’Europe a fait de la Révolution une démocratie !

Notons que la Royauté française capétienne est tombée à cause de son refus de souscrire à ces deux propositions idéologiques :

la constitution civile du clergé, qui fait de l’Etat un maître spirituel ne reconnaissant plus la liberté religieuse et entrant délibérément dans le champ de la conscience… La réaction de Louis XVI n’est pas une réaction de monarque au sens constitutionnel, mais bien la réaction de la tradition capétienne, de la tradition politique chrétienne française portée par un Roi !

la guerre européenne de 1792, qui rompt l’équilibre européen et soumet la France et l’Europe au délire du “changement” et à la guerre d’enfer, abandonnant la tradition de mesure et de guerres limitées au seul intérêt national (ultima ratio regis) qui est la marque de la politique étrangère capétienne.

Et encore une fois, ce n’est pas le monarque qui refuse cette guerre folle, mais c’est le fils de Capet, c’est le représentant de la tradition capétienne d’une certaine politique essentiellement réaliste et anti-idéologique!

→ Dès lors, la monarchie a égalé: réaction, passé… la démocratie ”     ”   : révolution, avenir, progrès ,libération…

B)   L’UTILISATION IDEOLOGIQUE, SOUS CE TERME, DE TOUTES LES FORMES DE GOUVERNEMENT

+ La Révolution ayant gagné, la démocratie est devenue le dogme. Mais en fait, les idéologies, pour triompher, se sont accommodées de tous les régimes.

La démocratie (libérale ou populaire) est donc en fait l’expression d’une certaine volonté de changer le monde et de faire de l’Etat (et de la Nation) un instrument au service : de l’avènement de la société sans classes, d’une société plus juste, d’un avenir que l’on construit…suivant l’idéologie qui anime les détenteur du pouvoir.

+ Dans ce but, la “démocratie nouvelle” va fonctionner en recomposant à l’intérieur d’elle-même les trois régimes… ou plutôt leur caricature:

– la monarchie (vite devenue tyrannie) : Staline Hitler, Mussolini, les chefs d’état socialistes, Napoléon (“Je suis la Révolution, moi !”), Mao…

– L’aristocratie (ou oligarchie) : “Nomenklatura”, parti unique, Ordre noir, SS,SA, etc.

– La démagogie… pour conquérir le pouvoir, mais très peu de démocratie réelle, d’espace de liberté pour les citoyens.

+ Et la démocratie française n’échappe pas à ce processus. La tendance de nos constitutions démocratiques est toujours de faire prévaloir en France le système monarchique. C’est frappant quand on regarde l’histoire de nos deux derniers siècles: toutes nos républiques culminent dans des monarchies…

La première culmine avec Napoléon 1er… Empereur à volonté héréditaire.

– Ensuite, c’est la Restauration.

– Puis la Monarchie de Juillet… avec Louis Philippe, Roi des Français.

– La Seconde République… après la révolution de 1848… qui culmine avec Louis-Napoléon Bonaparte et le Second Empire.

– La Troisième République a connu elle, aussi, ses petits monarques à chaque période de difficulté: Combes, Clémenceau, Poincaré…

– Puis la présidence gaullienne organisée dans le cadre de la Cinquième République avec l’élection du président de la République au suffrage universel direct.

→ Monarchies du XXème siècle… entourées d’une nouvelle aristocratie issue des Grandes Ecoles (ENA…) et se méfiant au plus haut point de la démocratie réelle!

Enorme paradoxe de notre démocratie moderne qui fonctionne selon tous les systèmes, sauf la démocratie!

III – LES COMPOSANTES D’UN VRAI RÉGIME

Elles se trouvent à la fois dans les trois régimes, chacune à sa place et au service de l’intérêt général de la communauté.

Trois composantes donc, absolument nécessaires à l’équilibre politique d’une société :

1°) Le Monarque… car il n’ y a pas de gouvernement sans la décision, en dernier ressort, d’un seul. Nos institutions, nos partis, et la personnalisation croissante du pouvoir rendent compte de cette constante.

2°) L’aristocratie… ou l’élite… ou les meilleurs, ou “les travailleurs”, ou “les notables”, ou “les citoyens conscients et organisés”, sans l’appui de laquelle, le “Monarque” ne peut gouverner. Elle assure le relais avec le pays (cf.: Pompidou dans Permanences n°192). Qu’elle soit représentative (les parlementaires élus), héréditaire, d’idéologie (les membres du parti), ou issue du choix du souverain, il y aura toujours nécessairement une aristocratie.

3°) La Démocratie. cet espace de liberté pour le peuple, qui consiste à lui donner les pouvoirs qui correspondent à sa compétence (cf. Pie XII dans son message de Noël 1944). Cette vraie démocratie n’a rien de commun avec la “démocratie idéologique” qui tue la liberté. Et cette démocratie doit d’abord être économique, car le peuple a le droit de bénéficier de cette liberté élémentaire de produire et de disposer de richesses qui lui appartiennent. Un système qui refuse cette liberté économique tendra implacablement à écraser toutes les autres formes de liberté jusqu’à la plus intime !

CONCLUSION
Aujourd’hui, nous avons besoin :

d’un véritable Etat (et donc d’un vrai monarque…mais les candidats ne manquent pas !).

d’une élite qui ait le sens de l’intérêt national, de cadres désintéressés, de « praeclari cives ».

– et surtout, d’une démocratie… mais seul un bon « monarque » et une véritable et nombreuse élite peuvent assurer une vraie démocratie.

 

VIDEO CASSETTE N°22 J. Trémolet de Villers

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