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Communauté de “ressemblance” ou “communauté de destin”. Quand la réalité des solidarités naturelles l’emporte sur l’idéologie…
La mobilisation en Bretagne met en lumière la force des “solidarités” naturelles des “communautés de destins”. L’ouvrier breton ou le chômeur ont plus d’intérêts en commun avec le patron propriétaire de l’entreprise créatrice d’emplois, avec les familles qui vivent avec eux qu’avec les ouvriers argentins ou australiens avec lesquels ils sont en concurrence. La solidarité est naturelle avec ses proches. Évidence qui échappe aux idéologues et technocrates. Jean-Luc Mélenchon qui n’a jamais eu peur de l’emphase, a déclaré samedi « qu’à Quimper, les esclaves manifesteront pour les droits de leurs maîtres », appelant les salariés bretons à « manifester à Carhaix avec leurs syndicat ». Aveuglé par son idéologie de lutte des classes, il est complètement coupé du réel et tente de mobiliser sans succès les “rouges benêts” contre les conditions honteuses de transport des “cochons” : «Encouragé par la timidité et la pleutrerie du gouvernement qui leur cède tout, dit-il, le patronat et les cléricaux des départements bretons vont faire manifester les nigauds pour défendre leur droit de transporter à bas coût des cochons d’un bout à l’autre de l’Europe dans des conditions honteuses». A chacun ses priorités…
La résistance juste se caractérise par des initiatives dans l’exercice de ses responsabilités.
Elles doivent toujours être cohérentes avec la responsabilité de celui qui agit. La violence vient de la loi légale mais injuste. La résistance a toujours la paix pour objectif, au prix d’un risque pour soi-même qui ne doit pas être recherché, mais peut être volontairement accepté. Il en est ainsi pour toute personne agissant de façon responsable dans son travail.
Les Bonnets rouges vont-ils persévérer dans leur mode d’action au delà de la protestation contre un gouvernement injuste ?
Le piège qui vient, ne serait-il pas d’accepter de discuter avec un gouvernement qui ne peut rien en fait pour la Bretagne si ce n’est lui laisser la liberté d’entreprendre…
Or la liberté cela se prend et c’est un droit qu’il faut exercer si l’on ne veut pas le perdre. La tentation est grande après avoir reproché à l’Etat son intervention partout sans respect du principe de subsidiarité, de lui demander d’intervenir davantage encore par des subventions et des arbitrages etc…
L’Etat a une responsabilité d’employeur indirect en créant les conditions qui permettent au travail d’exister et donc d’être compétitif et respectueux des personnes. Il doit au nom du principe de subsidiarité, protéger toutes les initiatives de ceux qui en sont capables pour créer les emplois. Mais tout emploi artificiellement créé par l’Etat est en fait un coût supplémentaire pour le travail payé par les clients. Les allemands ne nous donnent-il pas une leçon aujourd’hui, en favorisant par leur politique un excédent à l’exportation pour que les coûts de structures de leur pays soit financés aussi par les clients des autres nations et non pas par la dette reportée sur les générations futures de leurs concitoyens.
Mais comme le fit Vals en son temps pour dialectiser le mouvement contre le mariage pour tous en recevant Frigide Barjot et en inventant le mythe des bons et des mauvais manifestants, gageons donc qu’Ayrault est à la manœuvre pour briser la “communauté de destin” qui s’est mobilisée. La force des “Bonnets rouges” c’est leur enracinement dans le réel d’une communauté qui veut vivre. Contre l’injustice, les solidarités des communautés de destin sont les plus fortes.
L’enjeu pour les Bretons c’est d’innover chez eux pour créer des emplois et vivre au pays. Ce dont ils ont besoin, c’est d’abord d’initiatives en propre de leur communauté de destin sans succomber aux promesses trompeuses de ceux qui veulent en faire des assistés.
Au nom de la dignité de la personne humaine, aller à “contre courant ” de l’esprit du monde, n’est-ce pas aussi refuser d’être pris pour des benêts ?
Bruno Dournazac
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