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Comment agir sans devenir mondain, sans se laisser prendre aux jeux « politiciens » de ceux auxquels on est contraint de s’opposer ? Une amitié pour ne pas être « un triste saint », vivre de foi, prier et faire prier en étant fils de l’Eglise 

52. Orthodoxie purement verbale

Se méfier des champions purement verbaux de l’orthodoxie. Mais qui ont les mêmes goûts, obéissent aux mêmes modes, sont sensibles aux mêmes slogans, sont dévorés par les mêmes ambitions, sont pénétrés du même esprit matérialiste ou jouisseur que le monde qu’ils prétendent réformer. Leur orthodoxie n’est qu’un simple jeu de l’esprit, quand ce n’est pas une simple idéologie de classe ou de milieu.

53. Une « pinte de bon sang »

Notre travail n’est déjà pas si facile ou si agréable. Il importe d’autant plus de le réaliser dans cette « joie de la vérité » dont parle saint Augustin. S’il est vrai que les saints tristes sont de tristes saints, on peut dire que les animateurs dolents et renfrognés ne méritent même pas le nom d’animateur.

Saint François de Sales tenait à ce que sa « Philothée » soit la plus gaie, voire… la mieux habillée « de la troupe ». Nous pensons qu’un vouloir analogue doit se manifester au chapitre de notre combat.

Bien se dire qu’il est fort légitime de se faire une « pinte de bon sang » en sachant rire de l’absurdité et de la bêtise. Seul avantage qu’on en puisse tirer.

54. Pareil combat n’est pas facile

En admettant qu’on s’y lance avec enthousiasme, les difficultés, les échecs, la lenteur des progrès se chargent vite de « dégonfler » les superficiels.

L’argument est nul qui consiste à dire : ce travail convient à mon tempérament. Il n’est pas dans le tempérament de personne de travailler dans la sécheresse de résultats apparemment dérisoires. Il n’est dans le tempérament de personne de travailler des mois et des années en butte à l’hostilité sournoise ou brutale d’un monde gagné aux idéaux de la Révolution.

Les élans purement sentimentaux sont vite arrêtés à semblable besogne. Il y faut la force d’une conviction profonde. La force d’une foi.

  • Soit que cette foi se fonde sur une assurance invincible du vrai, du bien, du beau, justifiée seulement par la droite raison… ;
  • soit que cette foi, sans cesser pour autant d’être raisonnable, procède de la Lumière et de la Force divines.

Ce qui nous amène à parler de la nécessité, pour qui possède cette dernière, de toujours fortifier en lui la vie surnaturelle et, partant, à désigner la prière comme la suprême force de l’action.

Pratiquement, nécessité de la « retraite ». Retraites fermées, régulièrement renouvelées.

55. Prier et faire prier

  • Pour demander au Seigneur que « Son règne arrive sur la terre comme au Ciel ».
  • Pour qu’Il féconde nos efforts.
  • Pour qu’Il nous éclaire.
  • Pour qu’Il nous guide.
  • Pour qu’Il soit notre force et notre bouclier.
  • Pour qu’Il suscite des militant et animateurs, nombreux et généreux, au service de cette cause.
  • Pour qu’Il assure les moyens et ressources nécessaires.

Courte prière de groupe avant de se mettre au travail.

Et que ceux qui connaissent plus amicalement des âmes consacrées leur demandent de confier au Ciel ces intentions.

Si l’on peut obtenir d’un assez grand nombre de prêtres la somptueuse aumône d’une messe… annuelle ou mensuelle… quelle grâce ! Quelle espérance de se savoir aidés par de tels moyens.

56. Pas de « fil spécial » avec le Ciel

Nécessité de ne jamais oublier la primauté d’une vie spirituelle intense et juste. Juste, disons-nous, c’est-à-dire aussi éloignée de l’activisme desséchant que de ces mysticismes faux où s’énervent tant d’âmes.

Se méfier de ce goût si répandu pour « l’extraordinaire » dans le surnaturel : visions, révélations, voyantes, prophéties… Ne cherchons pas à avoir notre « fil spécial » avec le Ciel. Contrairement à ce que pense le plus grand nombre, il n’y a pas là un « mieux ». Le mieux, c’est de chercher à vivre de pure foi.

« Le juste vit de la Foi » nous dit saint Paul.

Tendons à cette perfection qui est LA perfection ici-bas. Voilà le grand secret de la sainteté ; beaucoup plus que ces courses intempestives à « l’extraordinaire » et à la « prophétie ». Courses ou rencontrent si facilement la recherche de soi, la curiosité, la vaine complaisance et un secret orgueil.

Se rappeler l’exemple de saint Louis refusant d’aller voir l’apparition miraculeuse de l’Enfant Jésus au cours d’une messe.

Aimons à vivre de Foi !

Avoir par-dessus tout l’amour et le sens de l’Eglise pour avoir exactement le sens de Dieu.

A son lit de mort, sainte Thérèse d’Avila ne trouvait qu’un seul argument à son espérance, celui d’avoir vécu et de mourir en « fille de l’Eglise ».

Etre fils de l’Eglise, voilà le sûr.

Et l’Eglise, enseigne le catéchisme, ce sont les fidèles, les prêtres, les évêques unis au Pape.

« Ubi Petrus, ibi Ecclesia ».

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