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bougies-fond-noirLe droit positif doit s’efforcer de mettre en œuvre les exigences du droit naturel pour obliger en conscience.

 

 

 

Il le fait soit par manière de conclusion (le droit naturel interdit l’homicide, le droit positif prohibe l’avortement), soit par manière de détermination (le droit naturel prescrit de punir les coupables, le droit pénal positif détermine les peines à appliquer pour chaque catégorie de crimes). En tant qu’elles dérivent vraiment du droit naturel et donc de la loi éternelle, les lois humaines positives obligent en conscience. Dans le cas contraire, elles n’obligent pas. « Si la loi n’est pas juste, elle n’est pas même une loi. » Les lois positives peuvent et même doivent varier pour rester fidèles à leur vocation propre. En effet, d’une part, il existe un progrès de la raison humaine qui, peu à peu, prend mieux conscience de ce qui est le plus adapté au bien de la communauté, et, d’autre part, les conditions historiques de la vie des sociétés se modifient (en bien ou en mal) et les lois doivent s’y adapter. Ainsi le législateur doit-il déterminer ce qui est juste dans le concret des situations historiques.

Les droits naturels sont des mesures des rapports humains antérieurs à la volonté du législateur. Ils sont donnés dès que les hommes vivent en société. Le droit naturel est ce qui est naturellement juste avant toute formulation légale. Il s’exprime en particulier dans les droits subjectifs de la personne, comme le droit au respect de sa propre vie, à l’intégrité de sa personne, à la liberté religieuse, à la liberté de pensée, le droit de fonder une famille et d’élever ses enfants selon ses convictions, le droit de s’associer avec d’autres, de participer à la vie de la collectivité… Ces droits, auxquels la pensée contemporaine accorde une très grande importance, ont leur source, non dans les désirs fluctuants des individus, mais dans la structure même des êtres humains et de leurs relations humanisantes. Les droits de la personne humaine émergent donc de l’ordre juste qui doit régner dans les relations entre les hommes. Reconnaître ces droits naturels de l’homme revient à reconnaître l’ordre objectif des relations humaines fondé sur la loi naturelle. 

17 questions sur la loi naturelle : les débats dits de société font réapparaître la pertinence de la notion de loi naturelle pour fonder le « vivre ensemble » dans un pays divisé de croyances et même de cultures. Il est nécessaire d’étudier en profondeur ce qu’est la loi naturelle (sans trop s’appuyer sur son évidence) et de comprendre le divorce que la modernité a introduit en réduisant la nature à sa dimension amorphe sans finalité immanente, simple objet de la science et en faisant de la loi un impératif arbitraire qui ne tient sa raison que de l’autorité qui la fait, laissant l’homme sous la domination du pouvoir totalitaire. Argumentaires construits sur la base des travaux de la CTI (COMMISSION THEOLOGIQUE INTERNATIONALE – A LA RECHERCHE D’UNE ETHIQUE UNIVERSELLE) et de Servais Th. Pinckaers op (La morale catholique – CERF, 1991).

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