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Comment, au nom de l’écologie, ne pas absolutiser la nature en prônant une égalité supposée des espèces vivantes au point de ne plus reconnaître aucun rôle particulier à l’homme ?

Le risque d’absolutiser la nature, réduite à sa pure composante physique ou biologique, et de négliger sa vocation intrinsèque à être intégrée dans un projet spirituel menace aujourd’hui certaines tendances radicales du mouvement écologique. L’exploitation irresponsable de la nature par des agents humains qui ne cherchent que le profit économique et les dangers qu’elle fait peser sur la biosphère interpellent à juste titre les consciences. Toutefois, l’« écologie profonde (deep ecology) » représente une réaction excessive. Elle prône une égalité supposée des espèces vivantes au point de ne plus reconnaître aucun rôle particulier à l’homme, ce qui, paradoxalement, sape la responsabilité de l’homme vis-à-vis de la biosphère dont il fait partie. De façon encore plus radicale, certains en sont venus à considérer l’homme comme un virus destructeur qui porterait atteinte à l’intégrité de la nature et ils lui refusent toute signification et toute valeur dans la biosphère. On en vient alors à une nouvelle sorte de totalitarisme qui exclut l’existence humaine dans sa spécificité et condamne le progrès humain légitime.

Il ne peut y avoir de réponse adéquate aux questions complexes de l’écologie que dans le cadre d’une compréhension plus profonde de la loi naturelle qui mette en valeur le lien entre la personne humaine, la société, la culture et l’équilibre de la sphère bio-physique dans laquelle s’incarne la personne humaine. Une écologie intégrale doit promouvoir ce qui est spécifiquement humain tout en valorisant le monde de la nature dans son intégrité physique et biologique. En effet, même si, comme être moral qui cherche la vérité et le bien ultimes, l’homme transcende son environnement immédiat, il le fait en acceptant la mission spéciale de veiller sur le monde naturel et de vivre en harmonie avec lui, de défendre les valeurs vitales sans lesquelles ni la vie humaine ni la biosphère de cette planète ne peuvent se maintenir. Cette écologie intégrale interpelle chaque être humain et chaque communauté en vue d’une nouvelle responsabilité. Elle est inséparable d’une orientation politique globale respectueuse des exigences de la loi naturelle.

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