« Nous, médecins et chercheurs, mettons en garde contre la Fondation Jérôme Lejeune »… C’est ainsi que 146 médecins et chercheurs ont joint leurs voix dans le quotidien Le Monde pour demander la suppression de la reconnaissance d’utilité publique de la Fondation Lejeune et enjoindre les institutions qui travaillent avec elle à reconsidérer leurs partenariats.

Les choses sont très claires : il s’agit tout simplement d’une demande de mise à mort de la Fondation Jérôme Lejeune. L’hypocrisie atteint son sommet lorsque les signataires de cette tribune-tribunal affirment cependant ne pas remettre en cause la liberté d’opinion de la Fondation Lejeune. Ben voyons ! Voici qui revient à dire : « vous pouvez continuer à parler bien sûr, mais si vous parlez, vous mourrez ».

Parler de quoi au juste ? Parler d’eugénisme – c’est-à-dire de la sélection des êtres humains avant leur naissance – et parler de recherche sur l’embryon, c’est-à-dire d’expérimentation sur l’homme lui-même. Parler de cela, c’est parler tout simplement de l’avenir de notre civilisation humaine, du choix le plus crucial que notre humanité est appelée à faire aujourd’hui et maintenant.

En son temps, ils avaient essayé de faire taire le professeur Jérôme Lejeune, en vain. Aujourd’hui ils voudraient faire taire ses héritiers, faire taire son œuvre. Quand je dis « ils », je pense particulièrement à ces scientifiques et chercheurs qui contestent le statut d’utilité publique de la Fondation Lejeune alors qu’eux-mêmes sont bien souvent livrés aux intérêts privés, aux intérêts du fabuleux marché qu’ouvre l’extension permanente du domaine de la recherche, au mépris de l’éthique la plus essentielle.

Une opération de diabolisation

Pour eux, la Fondation Jérôme Lejeune est un caillou dans la chaussure, en quelque sorte un empêcheur de chercher en rond. Et ce caillou est de taille. Non seulement parce que cette fondation bénéficie d’un grand prestige scientifique, à la suite du professeur Lejeune, mais aussi parce qu’elle est au contact des personnes handicapées et de leurs familles. Elle ne parle pas depuis une cathèdre lointaine mais fonde son discours sur l’humus de la condition humaine.

Voici donc, pour les promoteurs du « Meilleur des mondes », un adversaire de taille, un adversaire courageux et opiniâtre qu’il faudrait faire plier. En effet, comble du « péché contre la recherche », cette fondation utilise même des moyens de droit pour lutter contre l’extension de la recherche sur l’embryon. Cela, les auteurs de la tribune ne le pardonnent pas.

Manifestement, la Fondation Jérôme Lejeune a décidé de ne pas se laisser intimider. Nous devons prendre exemple sur elle en ce temps où se déploie une opération de diabolisation de toute contestation éthique sérieuse sur les questions liées au respect de la vie humaine. Parfois, se taire serait plus reposant.

Eh bien que nul ne se taise, qu’il soit scientifique ou simple citoyen.

Guillaume de Prémare, Chronique Radio Espérance du 7 avril 2017.

Share This