"Les chrétiens laïcs doivent s'engager en politique." Pape François

Qu’est-ce que la patrie ?


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La notion de patrie n’est point une sclérose de l’être dans la piété de temps révolus… Elle ne commande point à l’homme le ressassement nostalgique de thèmes défunts… Elle ne murmure pas: « ressuscitons le passé » comme des archéologues soigneux. Elle dit: « je vous désigne ce qui a duré, je vous rappelle ce qui a réussi. Mais je vous l’enseigne pour que (…) vous ajoutiez votre part, car vous êtes des continuateurs » [[Marie-Madeleine Martin, Histoire de l'unité française, (p.408), Puf, 1948, ouvrage couronné par l'Académie française en 1949.]] .

Qu’est-ce que la patrie?


Une terre façonnée par une histoire

La patrie est le fruit de la continuité et donc de l’histoire, sur un territoire; mais ce n’est pas seulement le territoire défini par la géographie. C’est le territoire tel que l’a transformé la longue succession des générations humaines en le cultivant, en exploitant les carrières et les mines, en y construisant maisons, églises et cathédrales, châteaux, usines, digues, canaux et ports, écoles, hôpitaux, universités, bibliothèques, musées…

Terre humaine et terre civilisée, c’est ce qu’exprime, avec une grande noblesse, Augustin Ibazizen, berbère parlant de la France:« Il me suffit de refaire en pensée le survol que j’ai imaginé: partir des tours de Notre-Dame, frôler la Sainte-Chapelle, survoler le Louvre, filer vers l’ouest, ralentir au-dessus du palais de Versailles, passer entre les deux tours de la cathédrale de Chartres pour venir me poser sur le doigt effilé du MontSaint-Michel et, de là, rêver à tout ce qui me reste à revoir ou à découvrir: la royale vallée de la Loire avec ses châteaux, et l’ensemble du territoire, avec ses cathédrales, ses musées, ses laboratoires, ses savants et ses saints. Comment peut-on appartenir à un tel pays et ne pas savoir ce qu’il représente? » [[Augustin Ibazizen, Testament d'un berbère, éd. Albatros, 1984.]]. La patrie n’est pas un esprit sans corps, une chose sans matière.

Fruit de la continuité, elle est ce que l’histoire a accompli sur un peuple. « C’est tout un ensemble de conseils silencieusement exprimés dans des vestiges de pierre ou cachés dans les sons d’un langage » [[Marie-Madeleine Martin, opus cité, p.10.]]. Des traditions et des mœurs collectives, des institutions juridiques, politiques, sociales, un passé historique qui se survit dans le présent, une religion qui se cristallise en préceptes et en institutions qui forment les consciences et façonnent les âmes, une langue, une culture littéraire et toute une philosophie de la vie… voilà quelques-uns des fils dont il faut débrouiller l’écheveau, si l’on veut définir l’héritage [[P. Ducattillon, Vrai et faux patriotisme, éd. Spes, 1933.]]. Il faut y inclure « les mérites de tous les saints qui nous aident à faire notre salut, et à le faire d’une certaine manière, dans un certain style, avec un certain sens de la liberté, avec un certain rythme pour raisonner » [[Marcel Clément, conférence publiée dans Patrie française et principes chrétiens, NEL, 1956.]].


La terre de nos pères

C’est donc bien le legs des pères, c’est un patrimoine hérité, propriété indivise de la communauté, ce qui fait que, par notre éducation dans cette patrie, nous ne sommes pas des barbares mais des civilisés, d’une civilisation que nous avons reçue. On peut parler de liens de filiation de l’homme avec sa patrie. Cette filiation engendre une manière d’être dans la vie familiale, professionnelle, sociale et religieuse.« La plus belle définition de la patrie fait corps avec le nom même de patrie: terra patrum; cela dit tout, le sol, le sang, leur âme commune et le génie divin qui les assembla » [[Maurras, texte cité par M.M. Martin, op. cit. (p.394-395)..]]. Le terme même de patrie emprunte une partie de son sens à celui que les latins donnaient à »Pater »: au Pater familias sont attachés une majesté et un pouvoir qui imposent le respect. Il est l’initiateur d’une tradition, le magistrat et le prêtre du culte du foyer. La paternité exprime donc ici plus que les liens du sang. Le mot patrie participe à l’ampleur du terme dont il est dérivé, au point que certains parlent de la patrie comme d’une personne. Elle est une continuité de pères et de fils, une continuité de familles. Si beaucoup, aujourd’hui, ne perçoivent plus ce qu’est la patrie, c’est qu’ils ne perçoivent plus ce qu’est la paternité. Cette référence vitale et vivante aux sources de la vie est essentielle. Elle justifie que le chrétien puisse évoquer la patrie céleste comme sa vraie patrie.

On voit ainsi à quel degré la patrie est, pour notre perfection humaine, une réalité fondamentale. A ce titre, on peut dire qu’elle est « la plus haute valeur de l’ordre temporel » [[Jean Daujat, L'ordre social chrétien, éd. Beauchesne, 1970, p. 441.]], valeur incarnée, réalité à la fois charnelle et spirituelle.« C’est, écrivait Péguy, cette quantité de terre où l’on peut parler une langue, où peuvent régner des mœurs, un esprit, une âme, un culte. C’est une portion de terre où l’âme peut respirer ».

La patrie fait ce que nous sommes et le pire des maux qui peut frapper l’homme est le déracinement: « Les pauvres, les sans-propriété n’ont que la patrie », affirmait Jean Jaurès. Le mondialisme crée en quelque sorte de nouveaux pauvres. La richesse de notre personnalité est faite de la multiplicité de nos liens, disait Saint Exupéry; c’est à partir de cet acquis reçu que nous nous élevons vers l’universel, vers les biens éternels.« Un peuple sans passé est impropre au surnaturel », écrivait Simone Weil [[Philosophe juive (1909-1943), auteur de L'Enracinement (ouvrage posthume).]].

Sol et héritage ne rendent pas totalement compte de la richesse d’une patrie, car elle n’est pas seulement le fruit de l’aventure d’un peuple errant au gré du hasard mais celui d’une continuité ordonnée résultant d’efforts communs d’hommes unis vers un même destin, au milieu d’une certaine « complicité de la nature ». « Et, parce que l’enfantement d’une patrie (…) suppose l’union de tant de mains tendues, raidies dans le même effort de maintien et de salut, il n’est possible d’y trouver, comme le voulait le Philosophe, que le beau secours de la forme la plus haute qu’ait revêtue sur terre l’amitié » [[Marie-Madeleine Martin, opus cité, (p.14).]].

La patrie et l’histoire


Les mystères de la patrie

Dans un domaine où la tradition a une place essentielle, il est logique d’interroger le passé. Notons, d’abord, qu’à côté des certitudes acquises et vérifiées par les historiens, il y a tout un domaine de fables racontées aux enfants, de rêves ou de faits merveilleux enracinés au cœur des générations successives. Dans tous ces cas, légende ne signifie pas intrigue inventée mais souci apologétique de toucher et d’édifier, avec ce sel coloré d’une Providence quelque peu anthropocentrique qui donne une saveur particulière à l’histoire.Notons également que la patrie n’est pas toujours l’objet d’exposés ou d’écrits; c’est une réalité dont on mesure la valeur au travers d’actes simples ou héroïques, « dans des gestes de don ou de refus sacrés, dans des élans, des silences plus éloquents que des poèmes ». Il reste alors une part de mystère et de secret qui accompagne le long enfantement de l’homme, « le murmure des mille vies qui engendrèrent la sienne » 9.


Un patrimoine fait d’apports successifs

Mais qu’est-ce que l’histoire d’une patrie? Ce ne peut être que l’histoire du développement du patrimoine, au sens le plus étendu de ce terme. L’histoire d’une patrie n’est pas celle de l’idée que nos pères s’en sont faite et encore moins celle qu’en ont « fabriquée » des érudits à certaines époques -cette histoire est celle de la nation- elle n’est pas non plus celle du patriotisme, même si toutes ces « histoires » sont très liées, notamment jusqu’à la Révolution française.

Si la notion de patrie est inséparable de celle de tradition, il faut parler d’une tradition vivante qui a pris corps à travers le déroulement de siècles de luttes, de gloires et de deuils. Mais il ne s’agit pas d’une collection de souvenirs juxtaposés. La notion de patrie fait appel à des caractères permanents; ils forment comme un creuset où viennent se fondre les apports successifs, ils sont facteurs d’une réelle harmonie. Ils découlent, en premier lieu, d’une triple source symbolisée par trois villes, les trois « mères-patries »: Athènes et la sagesse grecque, reposant sur la raison et la mesure des choses ; Rome et le monde de la loi et du droit ; Jérusalem et la civilisation chrétienne, l’adoration, l’amour de Dieu et l’amour des hommes. Henri Massis [[Henri Massis, La cathédrale effondrée, cahiers de l'Ordre français, 1962.]] souligne qu’en découlent les idées de personnalité, d’unité, de stabilité, d’autorité, de continuité dont on a pu dire qu’elles étaient les idées-mères de l’Occident. La France n’est donc pas « le propriétaire » exclusif de ces caractères et en ce sens, il y a dans la patrie française cette aptitude à l’universel qui justifie l’interrogation de Jean-Paul II au Bourget en 1980 : « France, éducatrice des peuples, es-tu fidèle à l’alliance avec la sagesse éternelle? ».
Au cœur de notre patrimoine, il y a la cohérence catholique de l’ordre naturel et de l’ordre surnaturel, de la raison et de la foi. « Le passage de la France dans le monde, à travers les siècles, est une vivante illustration de cette grande loi de l’histoire et de la mystérieuse et pourtant évidente corrélation entre l’accomplissement du devoir naturel et celui de la mission surnaturelle d’un peuple » [[Cardinal Pacelli, futur Pie XII, à Notre-Dame de Paris, 1937.]].

Et puis il y a la France des droits de l’homme, la France issue de 1789. A-t-elle pris la place de la France qui l’a précédée, agissant à la façon d’un coucou imposteur dans le nid français? « La République du Panthéon n’a jamais voulu s’installer à côté ou à la suite mais seulement à la place de la France de Sainte Geneviève », écrit Jean Madiran[[Jean Madiran, Présent, 4 septembre 1998.]]. Puisque les antagonismes paraissent irréductibles, doit-on parler de deux patries? Si la patrie est une mère, le même fils peut-il avoir deux mères? Y a-t-il eu substitution de mère, à l’insu des fils, comme tente de le démontrer Jean de Viguerie?[[Les deux patries, essai historique sur l'idée de patrie en France, DMM, 1998.]] La logique le conduit, alors, à enterrer la première: elle est déjà morte, dit-il. L’attachement légitime qu’il porte à la patrie que l’on peut qualifier de « traditionnelle » [[Qualification impropre dans la mesure où il ne peut y avoir de patrie sans tradition.]] explique ce jugement, mais « on ne décide pas la mort de sa patrie pour lui marquer son amour » [[Maurras, cité par François Marie Algoud, in France, notre seule patrie, éd. de Chiré, 2001.]]. Ce n’est pas réaliste, c’est oublier les incarnations personnelles: la patrie n’est pas une idée, elle vit dans les hommes. On ne peut, par souci de rigueur doctrinale, négliger que ce qui est humain est complexe et mélangé; tout n’y est pas noir ou blanc, ne serait-ce que parce qu’il y a des droits de l’homme qui sont effectivement des droits fondamentaux. Il y a toujours un risque à pousser trop loin certaines distinctions, tout à fait légitimes et éclairantes pour l’esprit.

Il ne s’agit pas de deux patries; d’un côté, il y a une patrie concrète, enracinée, et de l’autre, des abstractions, déconnectées de la loi naturelle, inventées pour la détruire et la remplacer. Certes, paradoxalement, cette « patrie inventée » paraît plus visible que la patrie traditionnelle, alors qu’elle n’est qu’un complexe d’idéaux. Par la faute des héritiers, l’héritage est amoindri, dévié, parfois défiguré mais « sous les cendres accumulées par la culture de mort toujours plus arrogante de la patrie révolutionnaire[[L'expression "patrie révolutionnaire" nous paraît relier deux termes incompatibles: à patrie est liée la continuité et à la révolution, le changement.]], nous croyons que couvent toujours les braises du feu allumé par Saint Rémi » [[Remi Fontaine, Présent, 27 août 1998.]].

Ces braises ont donné de véritables flammes au cours de ces deux derniers siècles. Les mots ne permettent pas de décrire les relations de ces deux « traditions », assez fondamentalement opposées : conciliation est évidemment impossible, mais coexistence est insuffisant. Des événements quotidiens montrent que c’est bien ainsi que les Français conçoivent leur « seule » patrie. Le drapeau français a pu s’orner du Sacré-Cœur et l’hymne national, indépendamment de ses paroles inacceptables, sert à exprimer, avec ce dont on dispose, des sentiments qui renvoient à la plus ancienne conception de la patrie.

Patrie et nation


L’unité de la nation et de la patrie avant 1789

La nation est une communauté d’héritiers. « Il est étonnant de constater que c’est à propos de ce groupe, fondé sur l’identité, que les divisions idéologiques se sont le plus nettement manifestées » [[M.Clément, Enquête sur le nationalisme. (p.205), NEL, 1957.]]. En fait, le « nous commun » sur lequel se constitue la nation est l’idée que les héritiers veulent retenir de l’héritage.

Cette idée de patrie est, à l’origine, liée à l’histoire de l’unité française et cette unité fut réalisée avant même que le peuple n’en ait pris conscience. Elle est l’œuvre de quelques chefs, héros, sages ou saints ; elle s’est maintenue par des institutions qui lui ont servi d’armature. La communion des initiatives du prince et des libertés de son peuple offre « l’exemple unique dans l’histoire du monde d’une nation trop fière pour accepter la servitude mais qui trouve sa vraie grandeur dans la fidélité » [[Marie-Madeleine Martin, opus cité (p.282).]].

L’unité n’est pas l’uniformité, on reste breton ou provençal, mais en même temps on est Français. C’est une unité d’équilibre et d’harmonie. Les particularismes provinciaux, les individualismes ont certes fleuri à certaines époques mais ils ont accepté cette protection de l’Etat assez souple mais suffisamment forte pour sauver le bien commun, c’est-à-dire, en ce qui nous concerne ici, la patrie dont Saint Thomas d’Aquin a pu dire qu’elle était un bien commun divin.

A la fidélité au roi, qui suffit à exprimer un amour commun pour la patrie est jointe la fidélité à la tradition chrétienne dans l’héritage. L’idée de patrie, en France, impliquait la reconnaissance de la primauté du spirituel, sans pour autant s’égarer dans un quelconque idéalisme. Il faut le redire, ce qui caractérise la notion de patrie avant l’époque révolutionnaire, c’est son réalisme rigoureux.

Pendant des siècles, les Français ont vécu de l’idée de continuité entre les générations sans avoir besoin de la définir avec des mots, de la préciser dans une formule.


1789: la nation sans la patrie

La Révolution a sapé ce « patriotisme instinctif » qui constituait le ciment de la nation. Les Encyclopédistes puis les Révolutionnaires, en faisant table rase du passé, sont conduits pour garder une unité, à remplacer les attachements concrets naturels par une représentation abstraite, idéologique. Ils le font au nom de la nation qui devient un corps d’associés.« Associés, ce seul vocable effaçait un passé millénaire et donnait brutalement congé à l’histoire nationale » [[A. Finkielkraut, La défaite de la pensée, Gallimard, 1987.]]. L’idée de nation l’emporta sur celle de patrie et cessa de lui être intimement liée. C’est abusivement que l’on parle encore de patrie et de patriotes, alors qu’il ne s’agit plus ni d’héritage ni d’héritiers. Ce sera le mérite de Maurras de chercher à réancrer la nation sur la patrie.

La piété envers la patrie


Préférer sa patrie, une attitude légitime

« La patrie, c’est ce qu’on aime », affirmait Fustel de Coulanges, mais il s’agit ici de beaucoup plus qu’une vague affaire d’affectivité, même si elle en reste trop souvent là. La patrie a droit à un véritable amour de préférence.« L’Eglise qui proclame que tous les hommes sont frères corrige l’interprétation erronée qu’on donne parfois à cette fraternité universelle. Elle déclare, en effet, que chacun doit aimer particulièrement ceux qui sont nés sur le même sol que lui, qui parlent la même langue, ont hérité des mêmes richesses historiques, artistiques culturelles, qui constituent dans l’humanité cette communauté spéciale que nous appelons notre patrie, véritable mère, qui a contribué à former chacun de ses enfants. Elle a droit à un amour de préférence » [[Cardinal Feltin, archevêque de Paris, 20 avril 1956.]]. »Il existe un ordre établi par Dieu selon lequel il faut porter un amour plus intense et faire du bien de préférence à ceux à qui l’on est uni par des liens spéciaux. Le divin maître Lui-même donna l’exemple de cette préférence envers sa terre et sa patrie, en pleurant sur l’imminente destruction de la Cité sainte » [[Pie XII, encyclique Summi pontificatus, 20 octobre 1939.]].



Nos devoirs envers la patrie

Le patriotisme est une vertu naturelle relevant de la piété [[Il est important de distinguer le patriotisme, vertu de piété, et le nationalisme, doctrine politique.]]; il relève de cette justice « déficiente » qu’est la piété filiale, vertu qui règle notre activité à l’égard de ceux auxquels nous ne pouvons que payer de manière incomplète ce que nous avons reçu; or, la patrie est consubstantielle à la nature de l’homme qui vient au monde en recevant mille fois plus qu’il n’apporte. Mais, si l’on doit ainsi parler de piété à l’égard de la patrie, on ne peut évidemment pas parler d’une religion de la patrie qui serait une idolâtrie.

Nous sommes paradoxalement enclins à manquer de piété vis-à-vis de la patrie en raison de la surabondance des biens qu’elle procure. On sait reconnaître les petites choses que l’on nous donne mais « quand c’est très grand, nous croyons que c’était dû. Quand il s’agit de ce que nous avons reçu de la France, depuis quinze cents ans, depuis Reims, on peut bien, n’est-ce pas, gaspiller l’héritage ! On a l’impression qu’il en restera toujours quelque chose et faute de sanction immédiate, on n’a pas le sentiment que cette impiété est une faute contre la justice et plus encore, s’il est possible, contre la charité… nous méritons (alors) le mot que Cicéron appliquait à ceux qui n’avaient pas l’amour de la patrie, ces criminels semblables à des parricides » [[Marcel Clément, opus cité.]].

Jean Paul II a souvent insisté sur les devoirs liés à cette exigence de piété. « La nation [[Nation est à prendre ici au sens de patrie.]] existe par la culture et pour la culture [[Il faut ici donner à culture le sens très étendu que le pape définit dans Christifideles laïci (1988), exhortation sur les tâches des fidèles laïcs, reprenant les termes de Gaudium et spes (53).]]… Protégez-la comme la prunelle de vos yeux », dit-il à l’UNESCO [[Voyage à Paris, 1980.]]. Ailleurs, il écrit :« Face à cet héritage, nous ne pouvons garder une attitude passive ou même d’indifférence, comme le fait le dernier des serviteurs évoqués dans la parabole des talents. Nous devons faire tout ce dont nous sommes capables pour assumer cet héritage spirituel, pour le confirmer, le maintenir et le développer » [[Lettre apostolique à l'occasion de l'année internationale de la jeunesse, 1985.]]

.Aimer sa patrie exclut que l’on s’enferme dans un patriotisme étroit qui ne serait plus une vertu. Il n’y a pas de patriotisme fécond, harmonieusement ordonné au plus grand bien de la patrie sans une éducation. « Car on peut aimer profondément sa patrie et ne pas savoir ce dont elle a besoin. On peut aimer sa patrie et être criminellement maladroit dans la manière de la servir. Le patriotisme a donc besoin d’être éclairé par une intelligence sûre de la hiérarchie des vrais biens, des vrais moyens, des vraies fins » [[Jean Ousset, A la semelle de nos souliers, 1965.]].C’est toute cette réflexion que résume Henri Massis dans cette belle formule: « il faut aimer sa patrie mais il faut l’aimer bien ».

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