moyensCe qui est accroché par le haut est toujours en équilibre !  L’abus de droit permanent de ceux qui sont censés faire la loi réveille la volonté d’agir ? Non ce n’est plus possible d’accepter cet acharnement contre la personne humaine ! Dés lors que faire en étant efficace ? 

Jean Ousset dans son livre l’Action au chapitre IX, « Tout employer dans l’ordre » (p. 195 à 200), donne quelques clés de discernement. Extraits :

« Quel instrument, quelle méthode préconiserons-nous ? Réponse : tout employer, dans l’ordre…

Car, si tout est bon, tout ne se vaut pas ou n’est pas également nécessaire au même moment…Nécessité pour chacun de fixer avec sagesse et clarté son axe de marche. Et, ce dernier fixé, nécessité de s’y tenir. Toute action qui se veut efficace suppose, avec ces spécialisations, le sens des complémentarités correspondantes.

C’est ainsi qu’il faut des manifestations de masse (congrès, meetings), car il est bon de faire nombre à certains jours ; comme il faut aussi des instruments de formation sérieuse (cours, cellules, écoles de cadres…).

Un large rassemblement peut être conçu de façons très différentes. Soit une réunion grégaire, ayant pour but l’effet d’un réconfort psychologique à gros grains, soit une réunion, nombreuse certes, mais recueillie, fervente, rigoureusement conduite. Il est d’ailleurs toujours permis de valoriser, de « personnaliser » des formules apparemment grossières. Comme il est, hélas, toujours facile de laisser corrompre les meilleurs moyens.

On peut dire que, dans l’état actuel des choses, il y a lieu de préférer un dispositif léger, maniable, riche en groupes variés et complémentaires. …

D’où l’obligation de s’en tenir d’abord aux formules clefs, aux moyens les plus sûrs, au moyen les plus forts.

Mais comment les distinguer ? Selon quels critères ?

En ayant par-dessus tout le sens et le respect de l’ordre vrai, le sens de la hiérarchie des vrais biens, des vraies forces.

Tendre au plus haut rendement personnel possible. Autrement dit : préférer ce qui est personnel à ce qui est grégaire ; ce qui est réfléchi, conscient, lucidement volontaire à ce qui n’est qu’impulsif et viscéral.

Certes ne pas s’adresser qu’à des têtes, à des cerveaux ! Ne pas renoncer à s’emparer de tout l’homme. Mais après l’avoir atteint seulement dans cette plus haute partie de lui-même qui est le siège de son intelligence, de son vouloir et, par là, de sa liberté.

 Ce qui est accroché par le haut est toujours en équilibre.

Vérité trop souvent oubliée par ceux qui se laissent troubler aujourd’hui par les méthodes, radicalement opposées, de ce qu’on a appelé « psy-war », ou guerre psychologique.

Cette notion d’un ordre à respecter, d’une hiérarchie à sauvegarder dans la psychologie de nos méthodes est celle dont l’ignorance est la plus désastreuse.

Non que la seule action permise soit l’action doctrinale… Toutes peuvent être utiles… Mais à leur place ! Et dans l’ordre de ces recommandations que saint Paul faisait à Timothée (II, IV. 1, 8)  pour lui apprendre à bien agir : « Je t’adjure, devant Dieu et Jésus-Christ… prêche la parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, supplie, menace, en toute patience et toujours en instruisant… ».

Tel est l’ordre :

« Devant Dieu et Jésus-Christ ! » Bien sûr ! Car, sans eux, à quoi bon agir ? « Si Dieu n’existe pas, tout est permis ! »

« Prêche la parole… » D’abord.  Autrement dit : éclaire avant tout les intelligences…

« Reprendre… d’insister à temps et à contretemps… ». Autant dire : d’agir d’une façon plus contraignante…

« Supplie »… Voilà qui s’adresse au cœur, aux sentiments. Ce qui peut même aller jusqu’à l’émotionnel.

« Menace… » C’est-à-dire : n’hésite pas, s’il le faut, à recourir à la crainte, à ce triste moyen de la peur. Intervention peu relevé, mais qu’à sa place saint Paul ne manque pas de conseiller cependant.

« En toute patience… » Autrement dit : recours à l’action du temps. Confiance en l’action durable, persévérante !

 Mais sans oublier jamais le crochet auquel doit rester suspendue cette gamme de moyens si divers : … « TOUJOURS EN INSTRUISANT… ».

Car c’est par là, par cette souveraine action sur les intelligences que le reste peut et doit s’ordonner, se régler, se régir de façon légitime.

Telles sont les conditions d’équilibre de l’action ! Dès qu’on tend à s’écarter de cette règle, dès qu’on tend à accorder la préséance aux puissances inférieures, le désordre, donc l’immoralité, sont évidents.

Désordre beaucoup plus répandu qu’on ne croit.

  • Désordre dans l’imprimé, où compte moins la sagesse de l’argument que le choc émotionnel …
  • Désordre dans les affaires, où l’action publicitaire cherche moins à convaincre le client qu’à l’obséder, le fasciner.
  • Désordre dans le monde du travail où, par les techniques dites de « productivité », l’ouvrier est trop souvent ramené au simple état de force productive…
  • Désordre, au plus haut degré, de ces méthodes de « socianalyse », de « psycho-sociologie » qui aboutissent à un véritable anéantissement de la personnalité par la mécanique du groupe.
  • Désordre politique, où c’est moins par la raison que les princes modernes cherchent à gouverner que par l’excitation des passions, l’éveil des intérêts matériels, la satisfaction des appétits. Jusqu’à la diplomatie ! qui, si réservée, si discrète jadis, s’est faite pathétique, sentimentale, élégiaque, pleurnicharde, pour mieux aboutir à ses fins. »

A suivre…

Lire et télécharger dans son intégralité le l’Action au chapitre IX, « Tout employer dans l’ordre » (p. 195 à 200),  dans l’Action de Jean Ousset. Pour rejoindre une initiative qui corresponde à vos « talents » contacter le service d’information d’Ichtus. Ce livre est un maître livre pour bien penser l’action en fonction du but poursuivi. Tout homme ou femme d’action le lira avec profit pour inspirer son engagement. Jean Ousset, fondateur d’Ichtus pour Former, Relier et Agir, est le premier en effet à avoir méthodiquement formalisé une doctrine de l’action culturelle, politique et sociale à la lumière de l’enseignement de l’Eglise pour, concrètement répondre au mal par le bien. A l’encontre des pratiques révolutionnaires et de la dialectique partisane, si l’amitié est le but de la politique, Jean Ousset nous montre comment pour agir en responsable, l’amitié en est aussi le chemin.

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