Elle est le fruit de l’expérience séculaire, des pratiques et des enseignements qualifiés dans l’Eglise concernant la vie en société (cf.CEC 1880).

Contrairement aux autres grandes religions, explique Benoît XVI à la conférence des évêques des USA, le christianisme n’a jamais imposé à l’Etat un droit révélé ni un règlement juridique découlant d’une révélation. Il a au contraire renvoyé à la nature et à la raison comme vraies sources du droit : « La doctrine sociale de l’église argumente à partir de la raison et du droit naturel, c’est à dire de ce qui est conforme à la nature de tout être humain »

L’Eglise, experte en humanité, présente les exigences de la nature des choses non pas comme des préceptes religieux valables uniquement pour ses fidèles mais comme des vérités objectives et de bon sens, validées par l’expérience et pour le bien des personnes.

Ses propositions concourent au bien commun. Elles sont confirmées autant par les bienfaits que suscite leur application que par les maux de société qui dérivent de leur contradiction.

De l’enseignement de l’Eglise en matière de vie en société on peut dégager quelques constantes ou principes fondamentaux :

1° – la distinction des pouvoirs politiques et religieux, non leur séparation : (l’un comme l’autre reçoivent de Dieu leur autorité et sont soumis à la morale).

– la dignité de la personne humaine qui exige le respect de sa vie et de sa conscience. (cf. CEC 2244)

– le principe de destination universelle des biens : nul ne peut être privé du droit de posséder et la propriété d’un bien fait de son détenteur un administrateur de la Providence pour en susciter des fruits au profit d’autrui. (cf.CEC 2404)

– la loi de charité ou de communication des biens : chacun est pourvu de dons et talents différents, destinés au service de ceux qui en ont besoin. (cf.CEC 1937 et Mt. 14,45)

– le principe de subsidiarité permet l’exercice des pouvoirs correspondant aux responsabilités. (cf.CEC 1884)

– le principe de finalité éclaire la relation des moyens aux buts, la hiérarchie des valeurs. (cf.CEC 1887)

– des principes de gouvernement : l’autorité a pour fonction de rendre plus facile l’accès à ce qui est bien, à ce qui est vrai, à ce qui est beau. « La société doit favoriser l’exercice des vertus, non y faire obstacle ; une juste hiérarchie des valeurs doit l’inspirer » (CEC 1895)

Le droit positif n’a pas pour prérogative de décider arbitrairement ce qui est juste ou de formuler le droit à sa convenance ; devant le Bundestag, Benoît XVI a rappelé que la mission du politique est de « discerner entre le bien et le mal », faute de quoi il devient « une bande de brigands » ; au Parlement de Londres il précise que « les normes objectives qui dirigent une action droite sont accessibles à la raison, même sans le secours de la Révélation ».

Reste pourtant que « la Révélation chrétienne conduit à une connaissance plus pénétrante des lois (naturelles) de la vie sociale » (CEC 2419)

« Accorde, Seigneur ! à ton serviteur un cœur attentif à ta Parole pour qu’il sache gouverner ton peuple, discerner le bien et le mal ». (1Rg, III,19)

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