L’Eglise et les femmes
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Pour la seconde fois, nous présentons un livre aux éditions Tempora, de la collection La véritable Histoire, qui s’attache à témoigner de l’action de l’Eglise auprès des hommes et en quoi Elle a travaillé à leur ennoblissement, à la rationalisation du monde et à la liberté de l’esprit. Ces livres apportent des réponses aux accusations partiales intentées par tous ceux qui n’en veulent qu’à une seule et unique religion. Parce qu’elle est la seule et l’unique.
Aubrée Chapy, agrégée d’histoire et chargée de TD à la Sorbonne s’est appuyée sur de multiples sources ecclésiales, les Ecritures et la tradition pour sortir l’histoire des chrétiennes de rite latin de la gangue des préjugées et des aprioris.
Les femmes des autres civilisations n’ont pas les mêmes libertés, ni la même espérance de vie que les chrétiennes et cela à toutes les époques. On peut toujours accuser l’église de misogynie, on trouvera toujours une phrase de St Paul, le plus souvent sortie de son contexte, pour accuser les femmes de tous les maux, sans oublier les clercs médiévaux qui ne se sont pas privés d’écrire sur celles qu’ils ne connaissaient pas. Toujours est-il que l’Eglise reste la seule institution qui au cours des siècles a toujours protéger les femmes : en imposant le mariage monogame indissoluble, ce qui ne va toujours pas de soi ; en exigeant le libre consentement des jeunes filles pour leurs entrées en religion ou pour leurs noces ; en interdisant l’infanticide des filles qui était courant à Rome et actuellement sous nos cieux si cléments.
Au commencement étaient les Saintes Ecritures : la Bible et ses femmes salvatrices ou funestes. Le Nouveau Testament avec Salvator Mundi entouré de nombreuses et éminentes figures féminines. Jésus et les femmes, l’histoire est belle. Elle commence avec la Nouvelle Eve, Notre Dame du oui, sans qui nous ne pourrions être sauvés. Jésus a évolué dans une société juive qui laissait peu de places aux femmes, éternelles mineures et impures. Observez sa façon bien à lui de briser les tabous et de choquer les pharisiens de toutes les époques. Les femmes ne sont pas apôtres, mais elles sont près du Christ jusqu’au bout et les premiers témoins de sa résurrection.
On rencontre aussi de nombreuses femmes dans les écrits de St Paul. Elles collaborent à la formation de la nouvelle église, elles sont indépendantes, disposent de leur fortune, font œuvre missionnaire et sont qualifiées de disciples. St Paul ne cesse de louer leurs actions malgré certaines déclarations qui laissent perplexes.
La misogynie n’est pas le fait de la religion, mais de la culture dans laquelle vivaient les premiers pères qui passent de l’admiration la plus profonde à la détestation sans équivoque. D’autant plus que les femmes n’ont pas laissé d’écrits avant le Moyen Age, il est ainsi difficile de connaitre leur place exacte aux premiers temps du christianisme. Néanmoins, si les chrétiennes ont connu un rôle secondaire, elles ont bénéficié de traitements bien plus favorables que celles des païennes de leur temps.
Les femmes sont exclues de tous ministères au sein de l’Eglise, mais elles ne sont pas exclues pour autant de l’Eglise. Les femmes sont les piliers essentiels du christianisme, elles propagent la foi, convertissent leurs maris, leurs enfants et donnent exemple par leur piété. Elles sont apôtres en leur foyer. Jusqu’au XIIIème siècle, les femmes de la haute société médiévale accèdent à la propriété et appartiennent à la sphère décisionnelle. En tant que laïques, elles sont présentes dans les structures ecclésiales et ont une influence égale aux hommes. Elles fondent des monastères, interviennent par leurs dons et ont un ascendant sur le clergé. Si l’Eglise leur avait été si hostile, comment auraient-elles pu persévérer durant des siècles dans un soutien inconditionnel ?
La femme est un être mystérieux qui faisait peur, car la méconnaissance biologique et physique des femmes était partagée par tous. Les moines et les clercs de toutes les époques peuvent bien se méfier des femmes, ils oublient trop facilement que c’est grâce à une femme, leur mère, qu’ils sont ce qu’ils sont devenus. Ils ont pensé et écrit avec pour modèle, les Ecritures, l’héritage gréco-romain, c’était leur seule réalité. Ils vivaient loin des femmes, mais écrivaient sur elles. En revanche, malgré une représentation intellectuelle erronée, ils n’ont jamais admis qu’elles soient maltraitées et ils se sont souvent exprimés au nom de la science et non, au nom de l’Eglise.
A l’époque moderne, c’est le retour en force du droit romain peu favorable aux femmes. Ces dernières sont frappées d’incapacité juridique. Les plus misogynes s’avèrent être les médecins, les juristes ou les philosophes. Mais c’est aussi un nouvel âge d’or avec une Contre Réforme qui s’impose grâce à des « couples » tels St Thérèse d’Avila et St Jean de la Croix ; St François de Sales et Ste Jeanne de Chantal ; St Vincent de Paul et Louise de Marillac... Au lendemain de la révolution, les femmes sont les premières à lutter contre la déchristianisation, après avoir aidé et caché les prêtres réfractaires. Les anciens ordres ont survécu et d’autres apparaissent. Le déclin ne s’amorce qu’à partir de 1870 avec la politique de la IIIème république hostile aux congrégations. Les religieuses vont se trouver d’autres lieux, d’autres cieux. Avec la colonisation les missions prolifèrent au nouveau monde, en Afrique, en Asie où elles éduquent, soignent, accueillent les filles-mères et sauvent les petites filles de l’infanticide. Elles propagent la foi par leur exemple. Tout en obéissant à la hiérarchie ecclésiale, ces religieuses avaient une grande liberté d’action. C’est au XIXème siècle que les femmes connurent les conditions de travail les plus dures et où elles n’ont jamais été aussi mal traitées. L’Eglise leur a offert un refuge et valorisée leur dignité. C’est aussi l’époque où la dévotion mariale s’intensifie avec les multiples apparitions de la Vierge à des jeunes filles ou des enfants.
L’Eglise a évolué tout en restant fidèle à des idées fondamentales telles que le respect de la vie. Elle est la seule institution qui propose des repères moraux fixes et solides, donc crédibles. En effet qu’est-ce qu’une morale qui change en permanence sinon une absence de morale ? Le XXème siècle connut de grandes figures de femmes catholiques comme Edith Stein, Madeleine Daniélou, Mère Teresa. Avec un pape comme Jean-Paul II, l’Eglise a réfléchi sur l’amour humain, le couple et l’identité de la femme. Alors quel avenir pour les femmes dans l’Eglise, quelle réponse apportera Benoit XVI ?
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